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Quel avenir pour Hyperloop, le commerce interafricain et les influenceurs ?

Quel avenir pour Hyperloop, le commerce interafricain et les influenceurs ?
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La technologie Hyperloop va-t-elle révolutionner les transports ? L'Afrique prépare la mise en place d'une vaste zone de libre-échange : sera-t-elle équitable pour tous ses pays participants ? Une nation du Moyen-Orient décide d'encadrer l'activité des influenceurs sur les réseaux sociaux en les obligeant à détenir une licence. Ce sont les sujets abordés dans cette édition de Business Line.

"Le temps et la distance ne sont plus des obstacles"

Le secteur des transports pourrait très prochainement, vivre une révolution avec la technologie Hyperloop qui grâce à la sustentation magnétique, propulse des capsules dans des tunnels à des vitesses maximales de 300 m/s. L'une des premières lignes de transport de passagers pourrait être implantée à Dubaï. C'est dans cette ville que notre journaliste James O'Hagan interviewe Haj Dhaliwal, directeur général de Virgin Hyperloop One pour le Moyen-Orient et l'Inde, l'une des entreprises qui se placent sur le marché de cette technologie.

James O'Hagan, euronews :

"En quoi consiste la technologie Hyperloop ?"

Harj Dhaliwal, directeur général de Virgin Hyperloop One pour le Moyen-Orient et l'Inde :

"Hyperloop met en commun de manière fascinante des technologies spatiales, aérospatiales et issues du transport ferroviaire à grande vitesse. Nous avons un tunnel sous vide d'air, c'est comme voler aux portes de l'espace. Dans cet environnement, nous plaçons un véhicule que l'on appelle une capsule. Cette capsule est surélevée grâce à la sustentation électromagnétique. Ensuite, nous propulsons ce véhicule en utilisant des moteurs à induction linéaire. Ce qui nous permet d'atteindre des vitesses extrêmement élevées dans un environnement très sécurisé. Imaginez : de cette manière, le temps et la distance ne sont plus des obstacles.

Donc nous avons prouvé au monde que cette technologie fonctionne en conditions réelles. La vitesse que nous avons atteinte sur une piste de 500 mètres frôle les 400 km/h. Nous n'avons absolument aucun doute sur le fait que nous serons capables d'atteindre des vitesses de 1100 km/h. Et certainement, fin 2027, nous transporterons des passagers.

Imaginez : vous montez à bord de votre voiture autonome. Elle entre dans une capsule Hyperloop qui vous emmène à mille kilomètres de là. Votre voiture sort ensuite de la capsule et vous fait rejoindre votre destination ou votre domicile. C'est le voyage le plus fluide qui puisse exister. C'est ce que nous voulons concrétiser à l'horizon de dix ou quinze ans."

James O'Hagan :

"À Dubaï, vous vous êtes associés avec l'un des plus gros exploitants portuaires au monde : DP World. Qu'en est-il de cette collaboration ?"

Harj Dhaliwal :

"L'idée, c'est de créer une région du Golfe connectée. Ce qui veut dire : être capable de faire le trajet d'Abu Dhabi à Riyadh en 48 minutes, de Dubaï à Abu Dhabi en 12 minutes. Et je crois que cette collaboration concrète est issue de la vision qu'a DP World de l'avenir du fret mondial. Imaginez : et si les délais entre la production et la livraison étaient ramenés de quelques semaines via le transport maritime traditionnel à quelques heures ! Je crois que l'impact sera probablement aussi important que le premier vol en avion en 1904. On peut clairement dire qu'une nouvelle ère a débuté."

Le potentiel de la Zone de libre-échange continentale africaine

Alors que des puissances comme les États-Unis et le Royaume-Uni revoient leur statut au sein d'accords commerciaux multilatéraux, le continent africain prépare le lancement d'une Zone de libre-échange historique à 54 pays d'un PIB total de plus de 3000 milliards d'euros. Cette ZLEC dont le lancement a été officialisé début juillet vise à encourager le commerce interafricain qui n'a représenté que 17% des exportations en 2017 contre 59% en Asie et 69% en Europe.

Les pays signataires les plus favorables comme l'Afrique du Sud et le Kenya en attendent d'immenses débouchés pour leurs entreprises.

Mais certains redoutent que cette Zone ne bénéficie pas à tous de manière équivalente. Au Nigeria, le plus grand marché du continent, beaucoup craignent que l'ouverture à des voisins plus compétitifs ne mette à mal le secteur manufacturier local.

"Il est clair que les règles du jeu ne sont pas équitables," estime Adeleke Adeleye, chef de l'exploitation au sein de l'entreprise nigériane FAE Limited. "Et pour moi, le Nigeria, c'est le lion de l'Afrique : nous avons la plus forte population, le plus grand marché, donc j'ai le sentiment que nous donnons beaucoup pour peu de choses en retour," juge-t-il.

L'économie du Nigeria avec son PIB de près de 400 milliards d'euros et ses 190 millions d'habitants présente pourtant des faiblesses majeures : une forte dépendance à l'égard des exportations de pétrole brut, des activités de contrebande d'ampleur et des infrastructures de transport défaillantes.

_''L'harmonisation des régimes douaniers et des barrières techniques, c'est l'une des choses qui doivent être négociées entre les signataires de cet accord pour essayer d'écarter la possibilité d'une augmentation du dumping et des trafics,"_ souligne Mansur Ahmed, président de l'Association des entreprises manufacturières du Nigeria.

Pour tirer le maximum de cet accord, le Nigeria, d'après des estimations, devrait investir environ 13 milliards et demi d'euros par an pour moderniser ses réseaux de transport et d'électricité. Une dépense immense qui en vaudrait la peine en termes de développement économique.

Akinwumi Adesina, président de la Banque africaine de développement, l'assure : "L'Afrique doit bâtir ses propres capacités industrielles pour pouvoir tirer avantage d'un marché de 3300 milliards de dollars dans le cadre de la Zone de libre-échange continentale africaine."

Si le Nigeria se montre réticent à appliquer cet accord synonyme d'énorme potentiel de croissance, celui-ci risque d'être totalement remis en cause.

Permis d'influencer

La région du Moyen-Orient et de l'Afrique du Nord compte quelques-uns des influenceurs les mieux rémunérés au monde. Les grandes marques dépensent beaucoup pour toucher ses consommateurs. Mais aujourd'hui, les Émirats Arabes Unis veulent s'assurer que ces stars des réseaux sociaux disposent d'une licence pour exercer leur influence.

De l'influence, la styliste saoudienne Alanoud Badr n'en manque pas depuis plus d'une décennie. La jeune femme a d'abord lancé un blog de style, puis la marque de vêtements basée aux Emirats "Lady Fozaza". Cette pionnière a attiré l'attention de célébrités comme Lady Gaga et Kim Kardashian et compte aujourd'hui près de 750.000 abonnés sur Instagram.

Les marques aussi l'ont repérée et rémunérée pour faire la promotion de leurs produits. "Elles se sont dit : 'Si elle a une relation spéciale avec ses abonnés, alors tout ce qu'elle dira aura une résonance et si elle fait la publicité d'une marque ou autre, ils l'adopteront et ils en parleront," raconte Alanoud Badr avant d'ajouter : "Tout cela vaut de l'argent."

Parfois, des marques recrutent des profils très suivis, mais qui ne respectent pas leurs engagements. Certains comptes sont faux ou inactifs. Pour réglementer cette activité, les Émirats Arabes Unis obligent désormais, les influenceurs rémunérés à détenir une licence.

"C'était plutôt chaotique avant que cette décision soit prise ; maintenant, les choses sont lancées, organisées," précise Nasser al Tamimi, directeur des licences média au sein du Conseil national des médias des Émirats. "Les gens savent quels sont leurs droits et leurs devoirs, les entreprises également," souligne-t-il.

Environ 1700 licences ont déjà été délivrées. Elles coûtent environ 4000 dollars par an. Pour en faire la demande, il faut avoir au moins 21 ans et être titulaire du baccalauréat. Au sein d'une agence, pas la peine de détenir une licence individuelle, celle de l'entreprise suffit.

Ashley Cadzow dirige l'une d'entre elles. Selon lui, c'est au Moyen-Orient et en Afrique du Nord que l'on trouve quelques-uns des influenceurs les mieux rémunérés au monde : ils réclament de 3000 à 100.000 dollars par contrat.

"Je suis constamment en réunion avec des marques qui me demandent : 'Comment fait-on pour s'adresser à l'Arabie Saoudite, à l'ensemble des pays du Golfe ?' Et je leur réponds : 'Les influenceurs sont la solution," indique-t-il.