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Il serait "préférable et moins dangereux" de coopérer pour trouver un vaccin au covid-19

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Il serait "préférable et moins dangereux" de coopérer pour trouver un vaccin au covid-19
Tous droits réservés  Alexander Zemlianichenko Jr/Russian Direct Investment Fund
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La course au vaccin contre le covid-19 apparait comme un nouveau champ de bataille politique. Derrière les discours de solidarité internationale se dessine une réalité plus sombre.

Pour lutter contre le repli sur soi la présidente de la Commission européenne a annoncé cette semaine une contribution à l'initiative lancée par l'Organisation mondiale de la santé afin de garantir l'accès du futur vaccin à l'ensemble de la planète. "Aucun pays, aucun continent, ne peut battre seul le coronavirus. Nous devons joindre nos forces car une chose est certaine, personne ne sera en sécurité, que ce soit en Europe ou ailleurs dans le monde, tant que tout le monde ne sera pas en sécurité", insiste Ursula von der Leyen.

Euronews a interrogé Thomas Bollyky, directeur du programme santé au Conseil des relations internationales à Washington sur cette question.

Euronews :

"Actuellement il n'y a aucun engagement international pour distribuer les prochains vaccins à travers le monde et ce de façon coordonnée. Au contraire on observe une approche très égoïste. Quelles peuvent être les conséquences de ce manque de coopération?"

Thomas Bollyky :

"Il y a trois conséquences. La première, c'est un virus, bien sûr, qui ne connaît pas de frontière. Donc si nous suivons une voie nationaliste sur le vaccin, cela sera limité à quelques pays, nous ne serons pas en mesure de limiter la propagation. La seconde est économique. Tous les pays qui ont mené correctement la bataille contre cette pandémie en ont subi les conséquences économiques, comme nous sommes interconnectés, toutes nos économies sont interconnectées. La troisième conséquence est géopolitique. Si les pays riches stockent les vaccins et ne veulent pas partager cela veut dire que les autres nations devront attendre, il y aura des conséquences et cela sera plus difficile de coopérer à l'avenir sur les grands dossiers internationaux".

Euronews :

"Vous dîtes que ce dysfonctionnement mondial pourrait étendre la pandémie?"

Thomas Bollyky :

"Absolument! Si une nation, disons la mienne par exemple, les Etats-Unis, cherche à vacciner tout le monde avant de vouloir partager, cela signifie que ces premières doses ne sont pas disponibles pour les travailleurs de santé ou les populations vulnérables dans d'autres pays".

Euronews :

"Personne ne sait si le premier vaccin va complètement fonctionner. Avec le temps il faudra des efforts supplémentaires pour améliorer le produit. N'est-ce pas une incitation pour pousser les gouvernements à partager l'information et à rassembler les ressources?"

Thomas Bollyky :

"Absolument! Il y aura probablement plus d'un vaccin qui émergera de ces efforts. Actuellement il y a huit essais cliniques à grande échelle. Les premiers vaccins ne seront pas les plus efficaces. Donc si les Etats-Unis, ou un pays européen, ont accès un vaccin avant les autres cela ne veut pas dire qu'ils auront accès au prochain vaccin plus efficace".

Euronews :

"Est-ce qu'il y a assez de temps pour inverser cette course nationaliste au vaccin sachant que les premières doses sont attendues à partir de l'année prochaine?"

Thomas Bollyky :

"Non, le temps presse, au moins pour les premiers vaccins. Si les pays veulent dédier leurs ressources à cela c'est une option. S'il y a des conséquences néfastes à vouloir stocker les premiers vaccins peut-être que des pays préféreront coopérer sur les vaccins suivants. Cela serait préférable et moins dangereux si nous pouvions coopérer le plus tôt possible."