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Rapprochement Émirats / Israël, vin californien menacé et nouveaux espaces de travail

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Suite à la normalisation des relations entre Israël, les Émirats arabes unis et Bahreïn, des entreprises de ces pays s'empressent de développer des collaborations et d'exploiter de nouveaux marchés. L'une d'elles, c'est Al Habtoor Group.

Cette société basée à Dubaï pèse plusieurs milliards d'euros et opère dans différents secteurs, de l'automobile à l'hôtellerie. Son président-fondateur a rapidement dit peu après la signature des accords d'Abraham qu'il envisageait d'ouvrir des bureaux en Israël. Nous lui avons demandé ce qu'ils signifiaient pour les entreprises émiraties et israéliennes.

"Je réclamais cela depuis très longtemps, depuis des années : nous devions communiquer avec Israël et de manière générale, Israël devait communiquer," rappelle Khalaf Al Habtoor. "Je pense aux Arabes et aux Palestiniens, etc. C'est très important," poursuit-il. "Je suis en relation avec de nombreux Juifs partout dans le monde et avec des Israéliens également," indique-t-il.

Collaboration entre Émiratis et Israéliens dans les technologies

"Nous devons encore tâter le terrain : nous devons voir de quelle manière nous en bénéficierons et de quelle manière ils en bénéficieront, mais je me dis qu'il y aura des retombées positives pour nos deux pays," estime le président-fondateur de Al Habtoor Group. "Les Israéliens sont très en avance dans les technologies et nous allons collaborer avec eux dans ce domaine," annonce-t-il.

Al Habtoor Group a aussi annoncé une coopération avec Mobileye, une filiale d'Intel implantée en Israël qui travaille sur des véhicules autonomes et la modélisation 3D pour les villes intelligentes.

"Al Habtoor Group dispose de flottes de milliers de véhicules et de voitures en location et nous allons installer dans au moins un millier d'entre eux, un appareil d'assistance à la conduite, mais aussi extraire des données essentielles sur l'environnement du véhicule sans porter atteinte à la vie privée de quiconque," explique Amnon Shashua, président et PDG de Mobileye.

"Ces données sont envoyées dans le Cloud et mises en relation avec d'autres pour fournir de l'information sur les infrastructures routières : par exemple, si les routes ont un revêtement endommagé, si les lignes sur la chaussée doivent être repeintes ; nous délivrons également des données sur les bouchons et sur la manière dont on peut contrôler l'état du trafic, mais aussi réduire le risque d'accidents et faire de la maintenance préventive des routes," indique-t-il également.

Amnon Shashua poursuit : "Nous avons signé des contrats pour développer ces technologies en France, en Corée du Sud et au Japon et aujourd'hui, nous nous étendons aux Émirats avec Dubaï. Dubaï, c'est l'endroit tout trouvé pour commencer parce que c'est une ville très avancée, son infrastructure est l'une des meilleures au monde, [les Émiratis] raffolent des nouvelles technologies et ils veulent être les meilleurs dans tout ce qui est lié à cela," fait-il remarquer.

Bien que politiquement controversés, les accords d'Abraham donnent aux entrepreneurs émiratis et israéliens, l'opportunité d'établir des relations profitables.

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L'assistance à la conduite de Mobileye, société israélienne qui collabore avec un groupe émiratiMobileye

Quel avenir pour le vin californien après les immenses feux de forêt ?

En septembre, la Californie a été la proie de feux de forêt parmi les pires de son histoire. Les viticulteurs locaux craignent que les raisins exposés à la fumée ne rendent les crus 2020 désastreux, entraînant des pertes immenses pour cette industrie d'une valeur annuelle d'environ 37 milliards d'euros.

Les viticulteurs californiens subissent de lourdes pertes car ils manquent de moyens pour évaluer la part de leurs raisins qui ont été abîmés lors des incendies de cette année.

"Je cultive la vigne ici depuis plus de 38 ans et c'est la première fois que je suis confronté à cela," affirme Jim Bernau, fondateur de Willamette Valley Vineyards. "Évidemment, plus la fumée reste longtemps, plus il y a de risques que le gaïacol qui est un composé naturel présent dans la fumée ne dégrade les raisins au point de donner un goût de fumée au vin," explique-t-il.

Des chercheurs de l'Université de Californie à Davis travaillent sur de nouvelles méthodes de détection précoce de la détérioration des raisins par la fumée, mais le défi est de taille.

"Quand on pourra mieux prévoir cette détérioration," indique Anita Oberholster, oenologue au sein de cette université, "les viticulteurs pourront savoir s'ils doivent ou non récolter les raisins et les maîtres de chai pourront savoir s'ils peuvent acheter ou non telle récolte : ce sera beaucoup plus simple. On fait tout notre possible pour y arriver, mais c'est très, très complexe," reconnaît-elle.

"Ces composés ne restent pas sur la peau du raisin : ils sont absorbés, donc on ne peut pas les laver pour les enlever," précise-t-elle avant d'ajouter : "Les vins élaborés avec des raisins touchés peuvent avoir un goût trop prononcé de cendre ou de fumée et évidemment, les gens n'en veulent pas dans leur vin."

John Aguirre, président de la California Association of Winegrape Growers, nous donne sa position : "Notre argument ultime, c'est qu'il est clair que certains raisins ont été dégradés par la fumée, mais ce qu'on ne veut pas, c'est que des raisins intacts soient écartés de la production de vin par manque d'outils pour les identifier. Voilà à quoi on s'expose, à d'importantes pertes si des raisins intacts ne sont pas utilisés," souligne-t-il.

La Californie est frappée chaque année par des feux de forêt d'une ampleur alarmante. Sans solutions pour contenir leur propagation, un acteur majeur de la scène internationale du vin pourrait avoir du mal à survivre.

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Les vins californiens 2020 auront-ils un goût de fumée ?euronews

Réinventer les espaces de bureau à l'heure du Covid

Pour mieux lutter contre le Covid-19, les Britanniques sont une nouvelle fois encouragés à travailler chez eux. Certains en profitent pour réinventer nos espaces de bureau. La flexibilité est tendance et des éléments insolites émergent comme des bars à ongles, des toitures terrasses et des décors de chambre d'enfant.

Face aux incertitudes sur l'avenir, de nombreuses entreprises ne veulent plus louer de bureaux sur une longue période. Ce qui crée un nouveau marché pour les espaces de travail flexibles comme ceux que l'on trouve dans le quartier de Blackfriars à Londres.

"La moitié des demandes que nous avons émanent d'entreprises de toute taille qui viennent de la location et qui ne savent pas quelle sera leur situation pendant cette pandémie et après," indique Giles Fuchs, PDG de Office Space in Town. "Donc au lieu de s'enfermer dans un bail de 5, 10 ou 15 ans, elles préfèrent une certaine flexibilité," poursuit-il. "Et la vérité," fait-il remarquer, "c'est qu'elles ne dépenseraient jamais autant pour avoir un environnement de cette qualité si elles étaient dans leurs propres locaux, parce que cela n'aurait pas de sens pour elles."

Dans ce contexte, les designers s'amusent à réinventer les espaces de bureau. Sam Kopsch par exemple a créé des intérieurs très colorés après avoir réalisé un sondage sur le bonheur.

"On a recueilli le point de vue des gens sur le bonheur : on leur a demandé ce qu'était le bonheur selon eux et quelles couleurs y étaient associées," raconte Sam Kopsch. "Donc pour les espaces communs, on nous a parlés d'extérieurs, de plage, de randonnée, de souvenirs d'enfance comme des trains miniatures, des insectes géants... Et on a matérialisé cela dans les espaces," dit-elle. Ces locaux sont aussi conçus de manière à permettre la distanciation physique.

Et après des mois passés en télétravail, le simple fait de changer de décor est bénéfique pour la santé mentale et la productivité selon Sam Kopsch. "Ici, la distanciation se fait naturellement, ce ne sont pas des bureaux classiques," indique-t-elle. "On change de cadre de travail après avoir été coincé à la maison, l'ergonomie est bonne ici, tout est fait pour pouvoir travailler alors qu'à la maison, les gens sont sur leur canapé avec leur ordinateur portable : ce qui est mauvais pour leur santé mentale," estime-t-elle. "Donc ces espaces sont essentiels pour permettre de s'éloigner de ses enfants et de travailler vraiment," dit-elle en souriant.

Et qui a dit que les bureaux devaient se résumer à des bureaux ? "Seuls 61% de nos espaces sont des bureaux," précise Giles Fuchs, PDG de Office Space in Town. "Le reste, ce sont des espaces de détente, des salles de réunion, mais nous avons aussi des bars à ongles, des lieux pour faire de la gym et des toitures terrasses," énumère-t-il.

Quand le télétravail sera moins privilégié, il y a de grandes chances que les bureaux classiques appartiennent au passé. Les salles de réunion pourraient prendre des allures de chambre d'enfant ou encore de salle des commandes d'un vaisseau spatial.

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Une salle de réunion revisitée à Londreseuronews