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Euroviews. Attaque de la Pride à Berlin : Kubicki , chef des libéraux allemands, dénonce "l'islamisme" comme "l'ennemi"

Des centaines de milliers de personnes célèbrent le Christopher Street Day (CSD) à Berlin, le 25 juillet 2026 (AP Photo/Markus Schreiber)
Des centaines de milliers de personnes célèbrent le Christopher Street Day (CSD) à Berlin, le 25 juillet 2026 (AP Photo/Markus Schreiber) Tous droits réservés  AP Photo
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Par Wolfgang Kubicki, membre du Parti libéral-démocrate allemand (FDP)
Publié le
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Les opinions exprimées dans cet article sont celles de leur auteur et ne représentent en aucun cas le positionnement éditorial d’Euronews.

L'attaque à Berlin illustre la menace que représente l'islamisme pour les libertés, estime Wolfgang Kubicki, chef du Parti libéral-démocrate allemand (FDP), dans une tribune publiée par Euronews. Selon lui, ce phénomène progresse en Allemagne et doit être combattu.

Il y a presque exactement dix ans, le 12 juin 2016, Orlando, en Floride, a été le théâtre de l’attentat terroriste le plus dévastateur et le plus meurtrier aux États-Unis depuis le 11 septembre 2001. Dans la boîte de nuit Pulse, l’assaillant a abattu 49 personnes et en a blessé 58 autres. Il y a presque six ans, le 4 octobre 2020, un terroriste a attaqué au couteau deux hommes à Dresden, l’un est mort, l’autre a été grièvement blessé. Hier, un nouvel attentat terroriste a également eu lieu à Berlin, faisant un mort et plusieurs personnes grièvement blessées.

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Terrorisme islamiste visant les personnes homosexuelles

Ces trois attaques ont en commun à la fois leur motivation et le choix de leurs cibles : les victimes d’Orlando étaient des clients d’un club gay, les hommes attaqués à Dresde étaient mariés l’un à l’autre et les victimes de Berlin étaient des participants au Christopher Street Day. D’après tout ce que l’on sait, ces trois actes étaient motivés par l’islamisme et visaient des personnes homosexuelles.

Dans ce contexte, il n’est pas étonnant que le sentiment de sécurité des minorités sexuelles se soit dramatiquement dégradé ces dernières années. Cela ne tient pas seulement aux attentats mentionnés au début, mais aussi à une hausse générale du nombre de violences de ce type. L’an dernier, l’Office fédéral de police criminelle (BKA) a comptabilisé 284 actes de violence liés à l’orientation sexuelle. Ce niveau reste élevé depuis des années, après une augmentation brutale des chiffres. En 2015, on n’en recensait encore que 54.

Attentat lors du CSD de Berlin. Des personnes en deuil près du lieu de l’attaque (AP Photo/Markus Schreiber)
Attentat lors du CSD de Berlin. Des personnes en deuil près du lieu de l’attaque (AP Photo/Markus Schreiber) AP Photo

L’égalité des couples homosexuels, une victoire de la raison

Il n’y a en Allemagne aucune raison d’afficher un sentiment de supériorité morale quant à la façon dont le pays traite les minorités sexuelles. Il y a encore quelques décennies, les hommes homosexuels étaient poursuivis pénalement, avec la bénédiction des plus hautes juridictions siégeant à Karlsruhe. Sous le national-socialisme, cette persécution a atteint son triste apogée. Pour des milliers d’hommes, elle n’a été que le point de départ d’une déportation vers les camps de concentration, où beaucoup sont morts dans d’atroces souffrances.

Ceux qui sont revenus étaient condamnés à un silence honteux, car la raison de leur martyre restait pénalisée et socialement stigmatisée. Nous avons dépassé cet état de fait, même si le chemin a été long et semé d’embûches. La dépénalisation puis l’égalité des couples homosexuels ont représenté la victoire de la raison humaniste sur les ressentiments obtus qui imprégnaient la législation.

Juifs, femmes, marchés de Noël : la liberté se meurt

Aujourd’hui, en 2026, la menace qui pèse sur les personnes homo- et bisexuelles ne vient plus de l’État. Et pourtant, la liberté recule, mètre après mètre, dans notre pays. Pas seulement pour ce groupe, mais aussi, en particulier, pour les Juifs, dont les écoles et les jardins d’enfants doivent être toujours davantage sécurisés pour protéger les enfants, et qui sont de plus en plus souvent la cible d’attaques violentes. Mais aussi pour les femmes, pour qui le chemin du retour à la maison la nuit devient de plus en plus une menace bien réelle. Et pour chacun d’entre nous qui s’est déjà surpris, avant de se rendre sur un marché de Noël, une fête populaire ou un autre grand événement, à se demander avec un malaise diffus s’il est vraiment raisonnable d’y aller.

Des milieux de gauche cultivent une vision du monde simpliste

On observe actuellement une tendance préoccupante qui ne se contente pas de nier les causes de cette évolution, mais combat activement toute prise de conscience. Dans certains milieux de gauche en particulier, on cultive une vision du monde simpliste pour s’approprier des groupes entiers. Ainsi, il a été rapporté que, lors du CSD de Kiel de cette année, l’organisation d’extrême gauche "TurboKlimaKampfGruppe Kiel" (TKKG) avait perturbé l’événement, contre la volonté des organisateurs, par des débordements hostiles à la police. L’organisation a justifié son action en expliquant que "la 'police en tant qu’institution' soutient précisément 'les évolutions autoritaires et droitières de cet État' et les fait progresser, 'afin que la violence, avant tout raciste, se poursuive et s’intensifie'". Toute la gamme des slogans d’extrême gauche contre la police a alors été déployée ("No Cops", "All Cops Are Bastards").

La principale menace pour une société libérale et ouverte : l’islamisme

Mais ces tendances existent aussi dans des milieux de gauche plus modérés, où l’on refuse de nommer la principale menace qui pèse sur une vie libérale et ouverte là où elle se trouve : dans l’islamisme. C’est une tolérance mal comprise qui mène à cette attitude. Or ce n’est pas faire preuve d’ouverture que d’être prêt à nouer des liens avec ceux qui, au fond d’eux-mêmes, haïssent et combattent toute forme d’ouverture. Les islamistes seraient culturellement bien plus proches des heures les plus sombres de l’histoire allemande.

C’est précisément parce que nous avons surmonté cette période qu’ils nous détestent. Il ne faut donc pas se bercer de l’illusion que l’attentat de Berlin ne visait qu’un groupe particulier. Non, il nous vise tous. Il s’attaque aux acquis de notre démocratie libérale et de notre mode de vie, quels que soient ceux que nous aimons ou avec qui nous faisons la fête. Ils ne supportent pas la légèreté de la vie occidentale et veulent donc la détruire. Des attentats depuis longtemps sortis de l’actualité, comme celui de Dresde, l’attaque contre le festival de musique d’Ansbach, l’attentat au mémorial de l’Holocauste en 2025 ou l’attaque contre le centre de documentation sur le national-socialisme à Munich, s’inscrivent dans cette même logique.

L’islamisme grandit dans notre voisinage

On ne peut qu’espérer qu’après cet événement terrible, davantage de personnes trouvent le courage intérieur d’affronter certaines réalités qu’elles jugent peut-être désagréables. Cela passe par l’identification de l’islamisme comme la menace qu’il représente réellement. Cela implique aussi de reconnaître qu’il est indispensable de contrôler et de décider qui vient s’installer chez nous et qui ne le peut pas. Mais aussi d’accepter cette vérité amère : l’islamisme ne se contente plus depuis longtemps d’immigrer chez nous, il grandit désormais – comme à Berlin – chez nous, dans notre propre voisinage.

D’une part, parce que nous avons fermé les yeux en matière d’intégration et toléré l’émergence de sociétés parallèles, sans utiliser de manière résolue les instruments juridiques existants pour y faire face.

Au centre politique de s’attaquer aux problèmes

D’autre part, parce que nous avons trop longtemps laissé agir les préparateurs du terrain terroriste, les prêcheurs de haine islamistes et les organisations qui les soutiennent. Et parce que nous avons accepté que la restriction de la liberté au quotidien ne trouve presque pas sa place dans le débat public et que tous ceux qui ont abordé ce sujet soient aussitôt soupçonnés de "faire le jeu de l’extrême droite". Or rien ne sert autant la cause des extrémistes de droite que l’incapacité du centre politique à nommer les problèmes et à y apporter des solutions. On peut sortir de cette impasse. Le Danemark en a donné l’exemple.

La camionnette avec laquelle l’assaillant a foncé dans la foule (Photo AP/Markus Schreiber)
La camionnette avec laquelle l’assaillant a foncé dans la foule (Photo AP/Markus Schreiber) AP Photo

L’attentat contre le Christopher Street Day me touche profondément. Mais ce n’était pas seulement une attaque contre le Christopher Street Day. L’attaque de Berlin visait la liberté. La liberté de choisir sa propre foi ou de n’en avoir aucune. La liberté d’aimer la personne que l’on aime. La liberté de se rendre sans peur à un concert, à une fête populaire ou à un marché de Noël. L’avenir de notre pays ne se jouera pas à l’aune de notre émotion après chaque attentat, mais à notre capacité à avoir le courage de nommer les problèmes honnêtement et de les combattre avec détermination.

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