Une cinquantaine de détenus sont morts dans les centres de rétention de l’ICE depuis le retour de Donald Trump à la Maison Blanche en janvier 2025, selon des données de deux ONG.
Le haut-commissaire aux droits de l'homme des Nations unies a réclamé lundi que les autorités rendent des comptes face au nombre croissant de décès survenus dans les centres de rétention migratoire aux États-Unis, appelant Washington à suspendre les expulsions vers des lieux où les personnes risquent de subir "un préjudice irréparable".
S'exprimant devant le Conseil des droits de l'homme de l'ONU, Volker Türk a souligné que "quatre autres personnes sont mortes dans des centres de rétention migratoire aux États-Unis depuis ma dernière mise à jour à ce conseil" en juin. Ce qui porte "à 23 le nombre total de décès pour la seule année 2026", a-t-il indiqué, en insistant sur le fait "qu'il doit y avoir des comptes à rendre pour ces décès".
Le président américain Donald Trump a fait de la lutte contre l'immigration clandestine l'une des priorités de son second mandat, les autorités procédant à l'arrestation de milliers de personnes et à l'extension des centres de rétention.Un rapport conjoint de Human Rights Watch et Physicians for Human Rights publié en juin indiquait que le taux de décès de personnes détenues par l'ICE a atteint son plus haut niveau depuis plus de dix ans, sur fond de durcissement de la politique migratoire de Trump.
Le chef des droits de l'homme de l'ONU a également dénoncé un éventail d'autres pratiques des autorités américaines en matière de contrôle migratoire, notamment le renvoi de migrants vers des zones dangereuses et vers des pays avec lesquels ils n'ont aucun lien.
"J'exhorte les États-Unis à mettre fin au renvoi de personnes vers des lieux où elles pourraient subir un préjudice irréparable, notamment vers Haïti, et à garantir le respect de la procédure régulière pour toutes les expulsions vers des pays tiers", a-t-il déclaré devant le conseil. Türk s'est également dit alarmé par les projets, rapportés, de l'agence américaine Immigration and Customs Enforcement (ICE) consistant à "équiper les agents de l'immigration de gants à décharges électriques", avertissant que cela "accentuerait la violence associée à leurs opérations".
Le projet d'achat de ces gants à décharges électriques, révélé initialement par l'agence de presse Associated Press, prévoit que le département de la Sécurité intérieure (DHS), dont dépend l'ICE, dépense entre 10 et 20 millions de dollars (8 à 17 millions d'euros) pour ce qui est décrit comme des dispositifs de "distraction et de désescalade".
L'ICE est la cible de critiques en raison d'une série de fusillades mortelles survenues lors d'opérations, dont l'une a coûté la vie à deux citoyens américains dans le Minnesota en janvier, qui participaient à des manifestations anti-ICE.
Les critiques portent notamment sur les méthodes musclées utilisées par les agents de l'ICE pour appréhender les migrants et sur un supposé abaissement des critères de formation des nouvelles recrues.