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ONU : Benjamin Netanyahu fustige le discours de d'Emmanuel Macron

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Benjamin Netanyahou et Emmanuel Macron
Benjamin Netanyahou et Emmanuel Macron Tous droits réservés  AP Photo - Jumelées
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Par Jean-Philippe Liabot
Publié le Mis à jour
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Après le discours d’Emmanuel Macron à l’ONU, Israël accuse le président français de nier les attaques du Hamas en Cisjordanie. Benjamin Netanyahu dénonce une « absurdité grotesque », tandis que Mike Huckabee juge son discours « déconnecté de la réalité ».

Israël ne décolère pas après le discours d’Emmanuel Macron devant l’Assemblée générale de l’ONU. Le président français a vivement critiqué la situation humanitaire à Gaza et les actions israéliennes en Cisjordanie, avant de déclarer que le Hamas n’y avait « jamais sévi ». Des propos qui ont immédiatement provoqué une très vive réaction du gouvernement de Benjamin Netanyahu.

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« L’absurdité grotesque des propos d’Emmanuel Macron est sidérante », a dénoncé le bureau du Premier ministre israélien dans un communiqué publié mardi soir. Benjamin Netanyahu doit lui-même prendre la parole devant l’Assemblée générale des Nations unies ce jeudi.

Netanyahu accuse Macron d’effacer les victimes israéliennes

Pour le gouvernement israélien, la déclaration du président français ne correspond pas à la réalité de la Cisjordanie. Le bureau de Netanyahu affirme que « des terroristes du Hamas mènent des attaques contre des Juifs presque tous les jours » et qu’ils ont tué de nombreux civils israéliens dans le territoire, désigné par Israël sous le nom biblique de Judée-Samarie.

La réaction israélienne s’est également exprimée sur les réseaux sociaux. Le ministre israélien des Finances, Bezalel Smotrich, a accusé Emmanuel Macron de « mentir » sur la présence du Hamas en Cisjordanie. Selon lui, l’organisation islamiste joue un rôle important dans les attaques menées contre des Israéliens dans le territoire.

Le chef du parti Yash Atid, Gadi Eisenkot, ancien chef de la division militaire israélienne chargée de la Cisjordanie, a lui aussi réagi sur X. Il a estimé que la déclaration du président français était « extrêmement éloignée de la réalité sur le terrain », affirmant connaître directement les opérations du Hamas dans le territoire. "En tant que commandant de la division de Judée-Samarie et en tant que personne qui a combattu pour éradiquer la terreur du Hamas, je connais très bien les activités de cette organisation terroriste également en Judée-Samarie et la menace qu'elle pose aux citoyens d'Israël" a t-il écrit.

La critique est également venue des États-Unis. L’ambassadeur américain en Israël, Mike Huckabee, a écrit sur X qu’il était « difficile d’imaginer un discours plus déconnecté de la réalité » que celui d’Emmanuel Macron à l’ONU. Il a ajouté que le Hamas était, selon lui, une organisation responsable de la mort de civils américains.

Macron : « Quelle est notre crédibilité si nous restons inactifs face à Gaza ? »

Quelques heures auparavant, Emmanuel Macron avait prononcé son dernier grand discours devant l’Assemblée générale de l’ONU en tant que président français. Pendant près de trente minutes, il a défendu le multilatéralisme et appelé les États à ne pas accepter un monde régi par la seule loi du plus fort.

Sur Gaza, le président français s’en est notamment pris à l’idée que la paix aurait été rétablie dans l’enclave. Quelques heures plus tôt, Donald Trump s’était félicité depuis la même tribune des résultats de sa diplomatie au Moyen-Orient.

Emmanuel Macron prononce son discours lors de l'Assemblée générale de l'ONU
Emmanuel Macron prononce son discours lors de l'Assemblée générale de l'ONU AP Photo

« Quelle est notre crédibilité si nous continuons de rester inactifs face à Gaza ? », a lancé Emmanuel Macron. Il a dénoncé le fait que les annonces de paix n’aient pas permis, selon lui, de rouvrir les voies d’accès humanitaire.

« Devons-nous contempler ce spectacle qui nous fait honte à tous ? Jamais ! », a-t-il poursuivi, avant de critiquer la situation en Cisjordanie et les violences commises contre les Palestiniens.

Le président français a également réaffirmé que la création d’un État palestinien aux côtés d’Israël constituait, selon lui, une condition de la sécurité future d’Israël et de sa population.

« Ce qui se passe là-bas construit, jour après jour, l’impossibilité d’un projet qui devrait être fondé sur le respect du droit légitime du peuple palestinien à exister », a-t-il déclaré.

Mais c'est une autre partie de son intervention qui a particulièrement retenu l’attention en Israël.

En évoquant les violences en Cisjordanie, Emmanuel Macron a déclaré : « Regardez ce qui se passe en Cisjordanie, où chaque jour des violations sont faites au nom de quoi ? Le Hamas n’a jamais sévi en Cisjordanie. »

Or, si le Hamas ne gouverne pas la Cisjordanie, contrairement à Gaza où il a pris le pouvoir en 2007, l’organisation y a historiquement disposé de réseaux et a revendiqué ou été accusée d’attaques contre des Israéliens.

Face à cette polémique, un responsable diplomatique français a rapidement précisé au Times of Israel qu’Emmanuel Macron voulait dire que le Hamas ne gouverne pas la Cisjordanie. Selon ce responsable, les propos du président français ne devaient donc pas être interprétés comme une négation de l’existence du Hamas ou de ses activités dans le territoire.

L'assassinat d’un Franco-Israélien ravive la polémique

Le gouvernement de Benjamin Netanyahu a néanmoins choisi de replacer les propos du président français dans un contexte particulièrement sensible.

Dimanche, à la veille de Yom Kippour, Netanel Shukrun, un Israélien également titulaire de la nationalité française et père de six enfants, a été tué par balles en Cisjordanie. Les autorités israéliennes affirment que l'auteur de l'attaque était un membre du Hamas.

L'armée israélienne a annoncé avoir arrêté le tireur peu après dans un hôpital. Des soldats ont ensuite mené une opération dans son village. Un ministre du gouvernement Netanyahu a par ailleurs réclamé son exécution en vertu d'une nouvelle loi.

Cette attaque intervient dans un contexte de violences régulières en Cisjordanie. Les Nations unies recensent depuis plusieurs mois une hausse des violences liées aux colons israéliens contre des Palestiniens et leurs biens, avec environ six incidents par jour en moyenne jusqu'à la mi-2026.

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