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L'Europe perd 120 milliards d'euros d'investissements par an, selon un rapport

Un homme passe devant le symbole de l'euro à la Banque centrale européenne après une réunion du conseil des gouverneurs de la BCE à Francfort, le 6 juin 2024
Un homme passe devant un symbole de l'euro dans un couloir de la Banque centrale européenne après une réunion de son conseil, à Francfort, jeudi 6 juin 2024. Tous droits réservés  AP Photo/Michael Probst
Tous droits réservés AP Photo/Michael Probst
Par Eleonora Vasques
Publié le
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Investissement en Europe : des règles nationales disparates freinent les projets, selon une nouvelle étude

Les difficultés de l'Europe à décliner au-delà des frontières ses modèles nationaux les plus performants pourraient lui coûter au moins 120 milliards d'euros d'investissements manqués chaque année.

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C'est l'estimation du groupe de réflexion italien The European House–Ambrosetti (TEHA), dans une étude réalisée avec Amazon.

L'étude, publiée jeudi, passe en revue des exemples de réussite nationale dans un large éventail de secteurs — des réseaux ferroviaires à l'IA, de l'énergie à la régulation intelligente — et défend l'idée que l'Europe n'a pas besoin d'imiter des modèles étrangers, mais plutôt d'intégrer ses meilleurs exemples au niveau européen.

"L'Europe n'a pas besoin de chercher des réponses ailleurs. Certains des modèles d'investissement les plus convaincants fonctionnent déjà au sein de l'UE. Ils n'ont simplement pas été reliés ni déployés à grande échelle", a déclaré dans un communiqué de presse Diego Begnozzi, consultant senior chez TEHA et auteur de l'étude.

Cette estimation de 120 milliards d'euros pourrait toutefois être plus élevée, car elle ne porte que sur les investissements directs supplémentaires. Elle ne prend pas en compte les bénéfices économiques plus larges, précise le rapport.

Selon un rapport sur la compétitivité publié en 2024 sous la direction de l'ancien président de la Banque centrale européenne Mario Draghi, l'Europe a besoin de 750 à 800 milliards d'euros d'investissements annuels supplémentaires pour rester compétitive dans l'économie mondiale.

La Commission européenne travaille sur les recommandations du rapport Draghi et sur un autre rapport de l'ancien Premier ministre italien Enrico Letta consacré à l'achèvement du marché unique de l'UE. Les deux textes appellent à des changements pour faciliter l'activité des entreprises au-delà des frontières nationales.

Où se situent les coûts

L'étude estime combien d'investissements supplémentaires l'Europe pourrait attirer si ses marchés nationaux étaient mieux interconnectés.

Alors que la hausse des coûts de l'énergie menace de plus en plus la production de l'industrie européenne, le rapport indique : "Les entreprises européennes ont payé environ 2,8 fois plus cher leur électricité que les entreprises américaines au premier trimestre 2025, tandis qu'une plus grande intégration au sein du marché unique des systèmes énergétiques nationaux pourrait générer jusqu'à 43 milliards d'euros par an d'ici 2030".

Sur les transports, il note que "les services ferroviaires transfrontaliers sont 23,4 % plus lents que des liaisons intérieures comparables, malgré près de 40 ans écoulés depuis le début de la libéralisation du rail, ce qui limite la valeur des infrastructures physiques du marché unique".

Il identifie des obstacles similaires dans l'IA, les infrastructures numériques, les règles fiscales, l'éducation, le marché du travail et le système judiciaire.

Selon le rapport, l'une des raisons est que les gouvernements nationaux ont peu d'incitations à financer des projets qui profitent aussi à d'autres pays. Le budget de l'UE est bien inférieur à la somme de leurs budgets, ce qui limite sa capacité à financer des projets transfrontaliers.

Le budget de l'UE représente actuellement environ 1 % du revenu national brut de l'Union, un niveau que les auteurs de l'étude jugent trop faible pour financer de grands investissements transfrontaliers.

L'étude compare 170,5 milliards d'euros de dépenses de l'UE à 8 856,8 milliards d'euros dépensés par les États membres en 2024. Elle estime que cela laisse à l'Union une marge de manœuvre limitée pour compenser l'absence d'investissements nationaux dans des projets qui profiteraient à plusieurs pays.

Ce que fait Bruxelles

L'UE travaille à modifier les règles des marchés de capitaux et à mettre en place des mesures de soutien à l'industrie. Elle a aussi proposé EU Inc., un ensemble de règles communes destiné à faciliter la création et la croissance d'entreprises dans l'ensemble du bloc. La Commission a appelé à un accord sur EU Inc. d'ici fin 2026.

Deux ans après la publication du rapport Draghi, la Joint European Disruptive Initiative (JEDI Draghi Tracker) a estimé que l'Europe n'était pas à la hauteur dans la mise en œuvre de son agenda, les responsables politiques avançant trop lentement pour adopter et appliquer les textes législatifs.

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