Les propos de Tajani sur la longueur de la jupe des femmes lui valent des moqueries en ligne, ainsi que des critiques d'autres responsables politiques et même de l'Église.
Une vague d'images montrant le ministre des Affaires étrangères et vice-président du Conseil italien Antonio Tajani portant toutes sortes de jupes et de robes a déferlé sur les réseaux sociaux en italien.
Non, il n'est pas soudain devenu une icône de la mode : ces photos sont en réalité générées par une IA, et des Italiens les partagent pour réagir à une déclaration controversée qu'il a faite sur les femmes.
Pour comprendre la blague, il faut revenir à une remarque de Tajani, chef du parti de centre-droit Forza Italia, lors d'un événement politique près de Rome, le 18 septembre.
Il répondait à une question sur les raisons pour lesquelles les électeurs devraient choisir un parti installé, comme Forza Italia, plutôt qu'un rival plus récent et plus voyant, comme National Future, le parti d'extrême droite dirigé par l'eurodéputé Roberto Vannacci.
Tajani a comparé le choix d'un parti par un électeur aux conseils qu'il pourrait donner à son fils sur le type de femme à épouser.
Dans son analogie, il opposait une femme séduisante mais potentiellement infidèle à une autre, moins voyante mais plus fiable.
Il a ensuite suggéré que la femme plus "sérieuse" pourrait porter une jupe plus longue.
"Même si les sondages disent qu'ils préfèrent la [fille plus tape-à-l'œil], ou la fille sérieuse qui a peut-être une jupe plus longue que l'autre, ou que l'on hésite entre un play-boy musclé et celui qui porte un peu plus souvent une cravate au bureau", a déclaré Tajani au public lors de l'événement ITACA. "Je recommande toujours de choisir la personne fiable, et le centre-droit est fiable."
La remarque est devenue virale sur les réseaux sociaux, où des internautes ont transformé Tajani en mème, rappelant que la longueur de la jupe d'une femme ne dit rien de sa fidélité.
Des responsables politiques et des prêtres réagissent
Les propos ont aussi suscité des critiques de la part des responsables de l'opposition italienne.
L'ancien président du Conseil italien, Matteo Renzi, à la tête du parti centriste Italia Viva, a partagé deux des photos en déclarant que Tajani était "plus un mème qu'un ministre".
Par ailleurs, des sénatrices de plusieurs partis d'opposition ont publié des photos d'elles-mêmes (source en anglais) en jupe pour protester. L'une des participantes a décrit la manifestation comme une défense de la liberté des femmes de s'habiller sans être jugées par les hommes.
"C'est un geste de liberté pour dire que nous sommes libres de nous habiller comme nous le voulons", a déclaré Raffaella Paita, également d'Italia Viva, qui a lancé la protestation. "Nous estimons que la liberté des femmes se mesure à chaque geste de liberté, y compris la longueur d'une jupe ou tout autre geste que les femmes choisissent de faire sans être jugées par les hommes."
La polémique a aussi fait réagir l'Église catholique : Giuseppe Baturi, secrétaire général de la Conférence épiscopale italienne, a déclaré que les femmes doivent être traitées avec respect.
"Chaque parole, chaque regard porté sur les femmes doit être empreint de respect et d'admiration", a-t-il dit aux journalistes lors d'une conférence de presse. "Pour nous, chrétiens, le premier lieu où le Verbe s'est fait chair a été le ventre d'une femme."
"Pour ceux qui ont la foi, cela influence pour toujours la manière dont ils regardent les femmes", a-t-il ajouté. "Le respect est nécessaire, en particulier envers les femmes, dans la mesure où elles peuvent être l'objet de regards superficiels."
La présidente du Conseil italien, Giorgia Meloni, a estimé que ce commentaire "est mal sorti", ajoutant qu'elle ne comptait pas "en faire toute une histoire".
Quant à Tajani lui-même, il a depuis présenté ses excuses, en assurant qu'il n'avait jamais eu l'intention d'offenser les femmes.