Documentaire NAZA sur les "systèmes derrière le massacre de civils palestiniens" devance Avengers Endgame : Encore au box-office italien, sortie mondiale ce mois-ci
NAZA, documentaire récompensé à Venise sur les attaques israéliennes contre Gaza, dépasse actuellement le Avengers Endgame: Encore de Marvel au box-office italien.
Réalisé par les lauréats de l'Oscar Yuval Abraham et Rachel Szor, les cinéastes israéliens à l'origine de No Other Land, NAZA montre "en détail les systèmes à l'œuvre derrière les mises à mort de masse calculées de civils palestiniens à Gaza par Israël", selon son synopsis officiel.
Tourné en secret, de nuit, sur les toits de Tel Aviv pendant la guerre en cours à Gaza, il rassemble des entretiens avec 24 officiers du renseignement militaire israélien, des soldats et des lanceurs d'alerte. Ils décrivent comment les Palestiniens sont pris pour cible et comment les frappes sont menées en utilisant l'intelligence artificielle et la surveillance automatisée dans les systèmes militaires de ciblage — alors même qu'Israël sait que des civils se trouvent dans les zones visées. Les visages et les voix des participants ont été modifiés numériquement pour protéger leurs identités.
Ce documentaire brûlant de 80 minutes s'appuie sur des enquêtes publiées entre 2023 et 2025 par le média israélo-palestinien +972 Magazine, le site en hébreu Local Call et le quotidien britannique The Guardian. Il est reparti cette année de la Mostra de Venise avec le prix spécial du jury et a reçu au festival une ovation debout record de 25 minutes.
NAZA est sorti dans les salles italiennes lundi (28 septembre) et, dès mardi, aurait engrangé 1,1 million d'euros au box-office. À titre de comparaison, Avengers Endgame: Encore — une ressortie du blockbuster de 2019 avec de nouvelles scènes reliant le film au futur Avengers: Doomsday — a rapporté 356 000 € sur la même période (selon The Guardian (source en anglais)).
NAZA ne devait au départ rester à l'affiche que trois jours, mais la durée d'exploitation a été prolongée en raison des séances complètes. Plus de 150 autres cinémas en Italie devraient, eux aussi, étendre la programmation.
"Tant que les salles voudront le programmer, NAZA continuera d'être projeté", a déclaré Andrea Romeo, fondateur d'I Wonder Pictures, le distributeur du film en Italie, au La Repubblica (source en anglais).
"Nous avons réalisé ce film par devoir, pour utiliser notre position d'Israéliens afin d'examiner les systèmes qui sous-tendent les mises à mort de masse de civils palestiniens dont notre pays est responsable", ont expliqué Abraham et Szor.
"Pendant le tournage, au cours des trois dernières années, nous nous sommes surpris à poser les mêmes questions que celles de la génération de nos grands-parents et tout au long du XXe siècle : comment un groupe humain peut-il accepter la déshumanisation totale d'un autre ? À quoi ressemble le fonctionnement interne d'un tel système ?"
Le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu a attaqué les auteurs de NAZA, accusant le film de contribuer à "l'incitation antisémite mondiale".
"C'est choquant. Nous luttons contre l'incitation antisémite mondiale et, quand elle vient de l'intérieur, c'est intolérable", a déclaré Netanyahu dans une vidéo publiée sur Telegram. "Et maintenant, deux réalisateurs israéliens qui présentent l'armée israélienne (IDF, Israel Defense Forces) comme des criminels de guerre reçoivent des applaudissements au festival de Venise".
Les propos de Netanyahu ont fait suite à ceux du ministre israélien de la culture Miki Zohar, qui a directement assimilé la critique des actions d'Israël à de l'antisémitisme et a annoncé qu'il allait "agir immédiatement pour révoquer la citoyenneté israélienne" du duo de réalisateurs Yuval Abraham et Rachel Szor.
NAZA doit sortir dans plus de 50 territoires dans les prochaines semaines avant d'être proposé gratuitement en visionnage sur le site de The Guardian en novembre.