Le chef du gouvernement espagnol a annoncé sa décision après plusieurs jours de réflexion, marqués par le rejet de décrets sur le logement, la crise migratoire à Ceuta et la fragilité croissante de sa majorité parlementaire.
Le Premier ministre espagnol, Pedro Sánchez, a annoncé lundi matin qu'il avait décidé de convoquer des élections législatives anticipées.
Cette décision intervient après que le Congrès a rejeté vendredi les deux décrets-lois avec lesquels l'exécutif entendait répondre à la crise du logement. Les textes ont été retoqués malgré les négociations de dernière minute menées par le gouvernement pour tenter de réunir les soutiens nécessaires.
Après cette défaite parlementaire, Pedro Sánchez a ouvert une période de réflexion et a mené, pendant le week-end, des discussions avec des ministres et des responsables de son parti, le Parti socialiste ouvrier espagnol (PSOE) afin d'analyser les différentes options et de décider s'il allait aller au terme de la législature ou rendre la parole aux citoyens.
Ceuta, corruption et une majorité de plus en plus fragile
Cette annonce survient aussi après des mois particulièrement difficiles pour le gouvernement de coalition, marqué par les difficultés à réunir les appuis nécessaires au Congrès, les affaires judiciaires qui ont touché l'entourage du PSOE et la grave crise migratoire à Ceuta.
La ville autonome a été soumise à une pression sans précédent fin juillet, lorsque des dizaines de milliers de migrants ont franchi la frontière depuis le Maroc. L'ampleur des arrivées a contraint le gouvernement à déployer des moyens exceptionnels et, quelques semaines plus tard, à déclarer pour la première fois depuis le retour de la démocratie une situation d'intérêt pour la sécurité nationale, afin de renforcer la coordination entre les différentes administrations.
La gestion de la crise a provoqué une vive confrontation politique. Les conservateurs du Parti populaire (PP) et le parti d'extrême droite Vox ont accusé l'exécutif d'avoir réagi tardivement et ont remis en cause sa politique envers le Maroc, tandis que Pedro Sánchez a défendu l'action des forces de sécurité et la réponse apportée par son gouvernement.
À la situation de Ceuta se sont ajoutés plusieurs cas de corruption et procédures judiciaires qui ont touché l'entourage politique du Premier ministre, exploités par l'opposition pour accroître la pression sur l'exécutif.
La fragilité de la majorité parlementaire est également devenue de plus en plus évidente. Le gouvernement a dû négocier une bonne partie de ses initiatives vote par vote avec ses alliés et a essuyé plusieurs revers au Congrès.