Le sénateur conservateur, fils de l'ancien président d'extrême droite Jair Bolsonaro, affrontera le président sortant de gauche au second tour, dans trois semaines.
Le sénateur conservateur Flávio Bolsonaro, fils de l'ancien président d'extrême droite Jair Bolso, est arrivé en tête du premier tour de l'élection présidentielle au Brésil avec 47,06 % des suffrages, contre 45,12 % pour le président sortant de gauche Luiz Inácio Lula da Silva, après dépouillement de la qausi-totalité des bulletins de vote.
Les deux candidat s'affronteront au second tour le 25 octobre pour le poste suprême de la première économie d'Amérique latine.
Le tribunal électoral du pays, basé dans la capitale Brasilia, crédite Flávio Bolsonaro de un peu plus de 56 millions de voix, tandis que le vétéran de la politique brésilienne Lula en totalise environ 53,7 millions. Ces données ont été publiées après que les autorités électorales locales ont annoncé que 99,8 % des bulletins avaient été dépouillés pour le prochain mandat présidentiel, qui doit commencer le 5 janvier.
Le vainqueur prendra les rênes de la plus grande économie d'Amérique du Sud et de ses 214 millions d'habitants. Une victoire de Flávio Bolsonaro renforcerait l'influence des États-Unis dans le pays, tandis qu'un succès de Lula continuerait sans doute d'éloigner Brasilia de Washington et d'approfondir ses liens avec la Chine.
Flávio Bolsonaro s'est adressé à la presse et à un petit groupe de partisans, dont certains portaient le maillot jaune et vert de la sélection brésilienne, devant sa maison de Brasilia.
"Le Brésil veut du changement, c'est la lecture de ce qui s'est passé aujourd'hui", a déclaré Flávio Bolsonaro. "C'est la fin de l'ère du Parti des travailleurs", a-t-il ajouté en référence au parti de Lula.
Pour galvaniser ses troupes avant un duel annoncé difficile face à Flávio Bolsonaro lors du second tour, Lula a jugé le résultat "inattendu", disant qu'il pensait pouvoir l'emporter dès le premier tour.
"Demain, nous lançons une nouvelle campagne", a déclaré Lula. "Je suis très bon en phase à élimination directe. Nous verrons qui a le meilleur projet."
Lula et Flávio Bolsonaro ont maintenant trois semaines pour convaincre les électeurs modérés qui ne les ont pas soutenus au premier tour.
L'écrivain Augusto Cury, arrivé en troisième position avec 3,4 millions de voix, a indiqué qu'il ne soutiendrait aucun des deux candidats au second tour. Ronaldo Caiado et Renan Santos, deux candidats qui ont recueilli ensemble environ 5,3 millions de suffrages dimanche, avaient déjà fait savoir qu'ils feraient de même.
Dans la campagne à venir, Lula devrait tenter de capitaliser sur la popularité de ses politiques sociales et sur les nombreux démêlés judiciaires de son adversaire.
Alors que Lula, autrefois très populaire, a vu sa cote de popularité chuter au cours de son troisième mandat, sa fermeté face aux États-Unis lui a redonné un peu d'élan. Il conserve une base solide de partisans qui attribuent ses programmes sociaux à l'amélioration de la vie de millions de Brésiliens.
Mais le président sortant affronte une bataille difficile, sur fond de crise du pouvoir d'achat et d'un scandale de corruption qui a éclaboussé le même juge de la Cour suprême qui dirigeait l'enquête sur son rival Jair Bolsonaro, et qui a conduit à l'assignation à résidence de ce dernier après sa condamnation pour complot en vue d'un coup d'État destiné à saper la démocratie après la dernière élection présidentielle.
Le juge Alexandre de Moraes est accusé d'avoir été en contact avec le banquier déchu Daniel Vorcaro, patron de l'institution financière Banco Master, qui lui aurait envoyé à plusieurs reprises des messages pour solliciter des conseils juridiques.
Les deux candidats souffrent d'un déficit d'image. Environ la moitié de la population brésilienne désapprouve la famille Bolsonaro et l'autre moitié rejette le Parti des travailleurs de Lula, selon plusieurs sondages.
Il y a quatre ans, Lula avait battu le président sortant de l'époque, Jair Bolsonaro, d'environ 2,1 millions de voix.
Si la soirée de dimanche a été une réussite pour Flávio Bolsonaro, rien n'est encore gagné. Les deux hommes devront s'appuyer sur l'électorat des autres candidats pour lancer une campagne présidentielle victorieuse, ce qui pourrait les contraindre à céder sur certains objectifs politiques en échange d'un soutien.
Les trois autres principaux candidats pèsent à eux trois environ 8,73 millions de voix, soit 7,5 % des électeurs inscrits.