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"Il est temps pour l'Ukraine d'avoir un nouveau président" : Trump lâche Zelensky après un accord avec Moscou

Le président Donald Trump salue à son arrivée à bord d’Air Force One, le samedi 10 octobre 2026, à Fort Campbell, dans le Kentucky.
Le président Donald Trump salue à son arrivée à bord d'Air Force One, le samedi 10 octobre 2026, à Fort Campbell, Kentucky. -  Tous droits réservés  AP Photo/Alex Brandon
Tous droits réservés AP Photo/Alex Brandon
Par Evelyn Ann-Marie Dom
Publié le •Mis à jour
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Donald Trump réclame un nouveau président en Ukraine après les critiques de Volodymyr Zelensky contre l'accord controversé conclu entre Moscou et Washington pour l'achat de diesel russe. Trump rend également son homologue ukrainien responsable de la hausse des prix du gazole aux États-Unis.

Le président américain Donald Trump a estimé qu'"il était temps" pour l'Ukraine de se doter d'un nouveau président, reprochant à Volodymyr Zelensky de ne pas avoir suffisamment œuvré pour mettre fin à l'invasion russe.

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"Je suggère qu'ils se choisissent un nouveau dirigeant capable de conclure un accord, car il aurait pu conclure de nombreux accords et, pour une raison ou une autre, il ne le fait jamais", a déclaré Trump aux journalistes à la Maison-Blanche, samedi, avant de s'envoler pour le Tennessee.

Cette déclaration, qui fait écho aux discours russes contestant la légitimité du pouvoir ukrainien, a été accueillie favorablement par le principal négociateur de Vladimir Poutine, qui a qualifié les propos de Trump d'"iconiques et historiques".

"Le président Trump rejoint les nombreux responsables qui estiment que l'Ukraine a besoin d'un leadership réellement tourné vers la paix, et non du bellicisme de Zelensky", a écrit Kirill Dmitriev, envoyé spécial du Kremlin pour la coopération économique, dans un message publié sur X.

"Volodymyr Zelensky bénéficie du soutien du peuple ukrainien, et c'est à lui qu'il revient de décider", a déclaré Andriï Sybiha, le ministre ukrainien des Affaires étrangères.

"Les déclarations venues de l'étranger ne font que confirmer qu'il fait bien son travail. Il mérite du soutien", a-t-il ajouté dans un message publié sur les réseaux sociaux samedi.

La sortie de Trump intervient après que Zelensky a dénoncé l'accord conclu par Washington avec Moscou pour acheter du gazole russe, censé répondre à la flambée des prix du carburant à l'approche des élections de mi-mandat aux États-Unis.

Des responsables européens ont exprimé leur consternation face à cet accord surprise, en avertissant qu'il contribuerait à financer l'effort de guerre de la Russie.

"La Russie va immédiatement fournir plus de 300 000 tonnes de gazole au marché américain et mondial, puis 500 000 tonnes supplémentaires au cours du mois de novembre", a déclaré Trump après ses entretiens avec Poutine.

Zelensky a qualifié cette décision de "cadeau fait à Poutine" qui "n'apportera ni la paix ni aucun bénéfice au monde civilisé".

"Autoriser la Russie à vendre des produits pétroliers revient à investir dans une guerre qui doit cesser, pas se prolonger. Ce qu'il faut, c'est une véritable désescalade avec la Russie, sur une base réciproque", a-t-il souligné.

Aux États-Unis, le prix du gazole s'est envolé depuis l'attaque conjointe menée par les États-Unis et Israël contre l'Iran le 28 février. Alors que les guerres en Iran et en Ukraine contribuent toutes deux à la crise énergétique mondiale, Donald Trump impute la flambée des prix du carburant aux États-Unis à la seule responsabilité de Volodymyr Zelensky.

Le président américain avait déjà exhorté le dirigeant ukrainien à cesser les frappes de riposte visant les raffineries de pétrole russes et d'autres infrastructures critiques, estimant que ces attaques contribuaient à la pénurie mondiale.

"Il veut créer des problèmes pour le monde. Il veut créer des problèmes pour nos agriculteurs, nos éleveurs, avec le gazole", a insisté Trump samedi.

"Et nous lui avons dit : ''Fais ce que tu veux, mais ne touche pas au gazole, parce que c'est un gros problème'. Et qu'est-ce qu'il fait ? Il s'en prend au gazole", a-t-il ajouté.

La popularité de Donald Trump a fortement reculé depuis le début de son second mandat. Selon un sondage réalisé le mois dernier par l'Associated Press et le Centre de recherche sur les affaires publiques NORC (AP-NORC), 71 % des adultes américains désapprouvent sa gestion du dossier iranien.

L'Europe soutient Kyiv

Au même moment, la cheffe de la diplomatie européenne, Kaja Kallas, a déclaré samedi que suspendre les sanctions visant le gazole russe ne ferait que fournir à Moscou des recettes supplémentaires pour alimenter sa guerre.

"Ce n'est pas le moment de relâcher la pression sur la Russie, et l'Europe ne le fera pas", a-t-elle écrit sur X.

"Lundi, les ministres des Affaires étrangères de l'UE entendent approuver le plus vaste train de sanctions visant la machine de guerre russe depuis le début du conflit", a-t-elle ajouté.

Samedi, Zelensky a également mis en avant une série d'échanges avec ses alliés européens, notamment le Premier ministre britannique Andy Burnham et le président français Emmanuel Macron.

Zelensky a indiqué avoir eu une "conversation très bonne et très opportune" avec Burnham, qu'il a remercié pour son soutien continu.

Selon Downing Street, Burnham a profité de cet entretien pour réaffirmer sa "solidarité totale" avec l'Ukraine et s'est engagé à continuer de renforcer les sanctions britanniques contre la Russie.

Zelensky a indiqué s'être aussi entretenu avec Macron des "défis posés par l'assouplissement des sanctions sur les produits pétroliers" et a précisé que Kyiv et Paris préparaient de nouvelles rencontres.

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