Dans la nuit de lundi à mardi, les habitants de Kyiv ont entendu des explosions provoquées par des frappes russes avant même le déclenchement des sirènes d'alerte aérienne, un fait rare jusqu'ici.
Un missile balistique russe a frappé une centrale électrique à Kyiv mardi soir, a déclaré le président Volodymyr Zelensky. L'atatque est survenue alors que l'Ukraine n'avait reçu aucun avertissement préalable de ses alliés occidentaux et ce, malgré l'affirmation de Trump selon laquelle un "cessez-le-feu énergétique" était en vigueur.
L'Ukraine dépend fortement des renseignements fournis par les pays occidentaux, en particulier par les États-Unis, pour détecter les attaques russes imminentes et identifier ses propres cibles.
Kyiv, qui compte environ trois millions d'habitants, fait face à des frappes de plus en plus intenses de drones et de missiles russes. Les infrastructures énergétiques figurent parmi les principales cibles de ces frappes.
"Une attaque de missile balistique russe sur Kyiv. Une fois de plus, aucun avertissement anticipé de la part de nos partenaires", a écrit Zelensky sur Facebook.
"La principale cible était l'infrastructure énergétique, en particulier la centrale CHP-4. Elle a malheureusement été touchée".
Des journalistes de l'AFP ont également indiqué avoir entendu plusieurs explosions dans la capitale ukrainienne.
Zelensky a expliqué que les systèmes ukrainiens n'avaient détecté les missiles qu'à leur approche de Kyiv.
"C'est absolument injuste : alors qu'ils détruisent nos infrastructures, l'Ukraine ne reçoit même pas d'alerte précoce sur les tirs de missiles balistiques", a-t-il ajouté.
Au moins deux personnes ont été tuées dans cette même attaque, qui a également touché un immeuble résidentiel dans le district de Desnianskyi, a indiqué le maire de Kyiv, Vitali Klitschko. Une vingtaine d'autres personnes ont été blessées, a-t-il précisé.
Dans la nuit de lundi à mardi, des explosions provoquées par des frappes russes ont retenti à Kyiv avant le déclenchement des sirènes d'alerte aérienne. Un tel décalage entre les explosions et l'alerte ne s'était produit que rarement par le passé.
Mardi, des responsables ukrainiens ont expliqué cette anomalie par l'utilisation de missiles difficiles à détecter par l'armée russe, ou par d'éventuels problèmes techniques.
Le président américain Donald Trump a semé la confusion dimanche en annonçant à la surprise générale, sur son réseau Truth Social, un "cessez-le-feu énergétique". Il a affirmé que la Russie et l'Ukraine étaient convenues de suspendre leurs frappes à longue portée contre les centrales électriques et les raffineries de pétrole.
Trump s'en est à plusieurs reprises pris à Zelensky au sujet des frappes contre les raffineries de pétrole russes et, samedi, il est même allé jusqu'à suggérer qu'il était "temps pour l'Ukraine d'avoir un nouveau président".