Le Premier ministre dénonce "une violence extrême" et promet de ne pas se laisser "intimider". Des mairies prises d'assaut, des commerces pillés et saccagés, un manifestant à la main arrachée par l'explosion d'une grenade qu'il avait ramassé : le premier bilan des manifestations est très lourd.
Le premier ministre français dénonce "une violence extrême" alors que les désordres se poursuivent à Paris et dans plusieurs villes de France.
Partout, les forces de l'ordre font face à des groupes de jeunes et tente sans y parvenir à les disperser. En fin d'après-midi, le bilan des désordres était déjà très lourd.
À Marseille, deuxième ville de France, des manifestants ont fait irruption dans l'hôtel de ville. Des individus masqués ont enfoncé la porte à l'aide de barrières de sécurité.
Plusieurs d'entre eux ont pénétré dans le bâtiment ; l'un d'eux a peint à la bombe un « A » anarchiste sur un mur, avant l'intervention de la police. « On prend la Bastille ! » a crié un manifestant, en référence à la prise de la forteresse lors de la Révolution française de 1789. Le maire de la ville, Benoît Payan, a obtenu l'envoi de renforts de police.
Plusieurs dizaines de commerces ont néanmoins été pillés et dégradés dans le quartier entre la préfecture et le Vieux-Port.
À Saint-Etienne, des sources policières indiquent à l’AFP qu’un manifestant a eu la main arrachée par une grenade.
À Lille, des manifestants ont pénétré dans le bâtiment de la mairie et commis des dégradations avant de prendre rapidement la fuite. Le maire de Lille, Arnaud Deslandes dénonce l'intrusion et le pillage de plusieurs commerces.
À Paris, l’unité CRS spécialisée dans la lutte contre les violences urbaines, la CRS 8, est déclenchée en soutien aux forces de l’ordre qui font face à de petits groupes mobiles et violents. Des violences, des dégradations et des échauffourées avec la police ont lieu dans plusieurs quartiers, notamment à la Madeleine, à proximité de l’Élysée et de l’Assemblée nationale.
En fin d'après-midi, quelque 300 manifestants étaient rassemblés en bas de Champs-Elysées. La plupart d'entre eux étaient masqués et les forces de l'ordre tiraient des gaz lacrymogènes pour tenter de disperser la foule.
Le maire de Paris Emmanuel Grégoire dit "fermement" condamner les scènes de pillage, les "dégradations" et les "actes de casse" qui ont lieu dans la capitale.
À Lyon, une antenne de l'office de tourisme de Lyon place Bellecour a été saccagée et incendiée, des commerces pillés, du mobilier urbain détruit.
La manifestation a dégénéré à Bordeaux où des casseurs sont entré les bâtiments de la chambre de commerce et d'industrie. Des vitres y ont été brisées et des poubelles incendiées à l'arrière du bâtiment. Selon les autorités, la résidence préfectorale a été "saccagée"
À Rennes, des affrontements opposent des groupes de jeunes et les forces de l'ordre qui essuient des jets de projectiles.
Le premier ministre promet de ne pas se laisser intimider
"À ceux qui clairement veulent faire de ces violences "un tour de chauffe" avant l’élection présidentielle, je le dis clairement : nous ne nous laisserons pas intimider. Personne n’imposera son agenda politique par la violence" dit Sébastien Lecornu dans une allusion au parti d'extrême gauche La France Insoumise.
Le président du Rassemblement national, Jordan Bardella, dénonce la présence dans les rues de « professionnels du chaos » et l’absence de « la France du travail. » La candidate du RN à l’élection présidentielle fustige des « émeutiers » qui ont « pourri » les manifestations.
Le leader de La France Insoumise, Jean-Luc Mélenchon estime de son côté que les chaînes d’information continue diffuse des « images de violence » qui occultent alors que « dans des dizaines de villes, tous se déroule dans le calme. »
La leader des Écologistes Marine Tondelier estime pour sa part qu’il est temps de revoir la doctrine du maintien de l’ordre parce que, selon elle, « ça finit d’être une atteinte aux libertés politiques.