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Les syndicats réclament une loi européenne sur la ménopause au travail

Environ 85 % des femmes présentent au moins un symptôme ; pour 25 à 30 %, les symptômes sont modérés à sévères.
Environ 85 % des femmes présentent au moins un symptôme ; pour 25 à 30 %, les symptômes sont modérés à sévères. -  Tous droits réservés  Canva
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Par Giedre Peseckyte
Publié le
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La Confédération européenne des syndicats veut que la ménopause soit intégrée au droit du travail de l’UE, alors que le Parlement examine le sujet et que la Commission renonce à une stratégie dédiée.

La Confédération européenne des syndicats (CES), qui représente 45 millions de membres dans 41 pays européens, demande que la ménopause soit reconnue dans le droit du travail de l'Union européenne, en estimant que l'absence de soutien coûte aux femmes des revenus, des perspectives de carrière et des droits à la retraite.

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"Les risques pour la santé des femmes liés au travail restent largement ignorés par la loi, qui continue de se concentrer sur les emplois dominés par les hommes", a déclaré la secrétaire générale adjointe de la CES, Isabelle Schömann. "Il est grand temps que le droit rattrape la réalité de l'ensemble de la main-d'œuvre d'aujourd'hui et les risques auxquels elle est confrontée".

Cette campagne intervient alors que le Parlement européen examine un rapport qui demande que la ménopause soit traitée comme une question économique, d'emploi et sociale, tandis que la Commission européenne n'est pas allée jusqu'à proposer une stratégie européenne spécifique sur la ménopause.

La ménopause, qui survient généralement entre 45 et 55 ans, touche une part importante de la population active. Environ 30 % (source en anglais)des femmes présentent des symptômes qui affectent leur capacité à travailler, comme la fatigue, les troubles du sommeil, les bouffées de chaleur, les douleurs articulaires, l'anxiété et des difficultés de concentration. Environ 85 % des femmes souffrent d'au moins un de ces symptômes.

Des recherches citées par la confédération montrent qu'en Norvège, les revenus des femmes diminuent de 7,4 % au cours de la quatrième année suivant un diagnostic de ménopause, la réduction du temps de travail, les arrêts maladie et les promotions manquées contribuant à cette baisse.

"La perte de salaire, les promotions ratées et des pensions plus faibles sont le prix payé par des millions de femmes pour l'absence d'adaptation du travail à la ménopause", a déclaré Schömann.

La pression monte pour une action de l'UE

Cette campagne s'inscrit dans une prise de conscience croissante de la ménopause dans l'agenda de l'égalité entre les femmes et les hommes de l'UE, même si les protections concrètes sur le lieu de travail restent largement du ressort des législations nationales et des employeurs.

En novembre 2025, la commissaire à l'Égalité, Hadja Lahbib, a indiqué (source en anglais) que la Commission ne prévoyait pas de stratégie européenne dédiée à la ménopause, tout en soulignant des projets de recherche financés par Horizon 2020 et Horizon Europe qui en étudient les conséquences médicales et sociales.

Depuis, la Commission a intégré la ménopause dans sa Stratégie pour l'égalité de genre 2026-2030 (source en anglais), publiée en mars. Cette stratégie prévoit un échange des meilleures pratiques nationales pour lutter contre la précarité menstruelle et liée à la ménopause, ainsi qu'une étude, programmée pour 2028, sur les bénéfices économiques et sociétaux d'un comblement des inégalités de santé dont les femmes sont victimes, y compris en matière de ménopause.

Ces engagements marquent une évolution vers une reconnaissance de la ménopause dans le cadre plus large de l'agenda de l'égalité de l'UE, mais ils ne vont pas jusqu'à proposer une législation spécifique définissant des droits au travail pour les salariées concernées par la ménopause.

Le Parlement européen cherche à aller plus loin. L'eurodéputée socialiste espagnole Lina Gálvez pilote un projet de rapport (source en anglais) intitulé La ménopause au-delà d'une question de santé : en faire une priorité économique, professionnelle et sociale.

Ce projet, qui ne sera à nouveau débattu en séance plénière que l'année prochaine, réclame une stratégie européenne spécifique, des recherches plus larges, des campagnes publiques pour lutter contre la stigmatisation, un meilleur soutien sur le lieu de travail et un accès amélioré aux soins de santé.

"Il est donc essentiel de disposer d'une stratégie européenne qui inclue des recherches plus larges et plus inclusives au niveau de l'UE, des campagnes publiques fondées sur des données probantes pour changer les perceptions sociales, un soutien renforcé sur le lieu de travail et un meilleur accès aux soins de santé", écrit Gálvez dans le projet de rapport. "Il est temps que l'UE s'attaque à la ménopause".

Ce rapport reste une initiative parlementaire et ne constitue pas encore une politique adoptée par l'UE.

Les syndicats réclament des changements au travail

Pour la CES, la priorité est de faire en sorte que la ménopause soit prise en compte dans la façon dont les lieux de travail sont organisés et encadrés.

Ses revendications portent notamment sur des évaluations des risques qui prennent en compte la température, la ventilation et les installations sur le lieu de travail, des horaires flexibles et le télétravail, des formations pour les responsables et les services des ressources humaines, ainsi que des aménagements matériels comme des systèmes de régulation de la température et des équipements ergonomiques.

La confédération souhaite aussi que des politiques sur la ménopause soient négociées avec les syndicats, puis mises en œuvre et suivies, avec la mise à disposition gratuite de produits menstruels et liés à la ménopause sur le lieu de travail.

"La façon dont le travail est organisé peut faire une différence cruciale dans l'impact de la ménopause", a déclaré Schömann, en ajoutant que les syndicats négocient déjà des conventions collectives prévoyant des aménagements du lieu de travail et des modalités flexibles.

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