Malgré son allocution téléviseé dimanche soir, Emmanuel Macron ne parvient pas à apaiser la situation. Les violences se sont poursuivies après sa prise de parole, tandis que les critiques au sein de la classe politique se multiplient.
L’allocution présidentielle de dimanche soir n’aura pas suffi à calmer les esprits. Au lendemain d’un week-end marqué par des manifestations et des violences dans plusieurs villes françaises, Emmanuel Macron est vivement critiqué. Une partie de la classe politique dénonce un discours sans réponses concrètes face à la crise.
Au cœur de la tempête, le ministre de l’Intérieur Laurent Nuñez, qui a reconnu, lundi, sa responsabilité dans les événements. Emmanuel Macron a toutefois refusé sa démission, au nom de la "nécessité d’un commandement continu des forces de l’ordre dans le contexte actuel". Une décision qui relance les interrogations sur les failles du dispositif de sécurité.
Le constat est également sévère du côté du gouvernement. Dans une interview télévisée lundi matin, le ministre de la Justice Gérald Darmanin a reconnu que les autorités avaient "failli incontestablement". Des propos qui accentuent la pression sur l’exécutif.
Candidat à l'élection présidentielle, Jean-Luc Mélenchon accuse le gouvernement d’être responsable de l’aggravation de la crise et critique fermement sa stratégie de maintien de l’ordre. Le leader du parti d'extrême gauche La France insoumise (LFI) appelle Emmanuel Macron à répondre à la colère sociale et aux revendications de la jeunesse, tout en demandant notamment le blocage des prix des carburants et l’indemnisation des commerçants victimes des pillages.
De son côté, le chef du parti Horizons et candidat à la présidentielle Édouard Philippe réclame une réponse ferme de l’État face aux casseurs et critique également la gestion de la crise par l’exécutif. Il estime que la responsabilité politique de LFI dans les violences doit être examinée.
Marine Le Pen a, quant à elle, vivement critiqué Emmanuel Macron après son allocution télévisée. La dirigeante du Rassemblement national (RN) d'extrême droite, également candidate à la présidentielle, fustige un pouvoir "à bout de souffle, épuisé, désorienté", qu’elle juge incapable de répondre à la situation.
Autre candidat à la présidentielle, le social-démocrate Raphaël Glucksmann a appelé lundi à une réponse "extrêmement ferme" des autorités face aux violences. Sinon "la bénéficiaire du chaos sera Marine Le Pen" à laquelle Jean-Luc Mélenchon "aura servi de marchepied", a-t-il déclaré sur RTL.
Sur le terrain, la contestation se poursuit. À Paris, l’accès au Louvre est bloqué, lundi, par des étudiants en art, qui dénoncent notamment la répression policière; tandis que des appels à manifester le 24 octobre circulent sur les réseaux sociaux.