Avec EU-Inc, l'UE voulait aider les entreprises et startups européennes à grandir sur tout le marché unique, mais des failles et des inquiétudes sur les droits des travailleurs bloquent l'initiative.
EU-Inc veut créer un cadre entièrement numérique unique permettant aux start-up de contourner la paperasserie liée à 27 systèmes juridiques différents et d'opérer sans friction sur l'ensemble du marché unique. En lançant ce "28e régime" unifié, l'UE espérait enrayer la fuite des meilleurs talents de la tech et des fonds de capital-risque vers des marchés plus intégrés comme les États-Unis.
Mais l'initiative se heurte à plusieurs obstacles. Les États membres défendent leurs lois fiscales souveraines et leurs systèmes d'immatriculation des sociétés, tandis que les syndicats manifestent pour avertir qu'un cadre unique pour les entreprises pourrait permettre de contourner les protections nationales du travail et d'affaiblir les droits à la négociation collective.
En raison de ces blocages, l'initiative s'essouffle et subit un vif retour de bâton de la part même des fondateurs et investisseurs de la tech qu'elle devait aider.
En octobre 2026, la campagne citoyenne EU-Inc (soutenue par plus de 26 000 dirigeants de start-up de sociétés comme Stripe et Klarna) a averti que des mois de négociations à huis clos avaient fortement édulcoré la proposition. La communauté tech met en garde : des dispositifs clés, comme un cadre unique pour les stock-options des salariés et un régime fiscal commun, sont en train d'être retirés. Elle alerte sur le risque de voir l'Europe accoucher d'un compromis creux, "inutile", qui offrirait une création en ligne rapide mais laisserait les entreprises fragmentées.
Pour sortir de l'impasse et éviter que la loi ne soit durablement vidée de sa substance, le président du Conseil européen, António Costa, a annoncé un sommet extraordinaire des dirigeants de l'UE en février 2027, consacré spécifiquement à la compétitivité européenne et à la relance de cette législation.
EU-Inc peut-il combler ses failles ? Ce dispositif suffirait-il à réparer l'écosystème européen des start-up, aujourd'hui fragmenté ? Notre sondage est anonyme et ne prend que quelques secondes à remplir. Ses résultats seront mis en avant dans la couverture d'XL à l'échelle de l'UE, dans les vidéos, articles et newsletters, et aideront à orienter notre travail éditorial sur la manière dont l'Europe peut consolider sa position à l'ère de l'intelligence artificielle.