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Élargissement de l'UE : la Macédoine du Nord rejette les exigences bulgares

La présidente de la Macédoine du Nord, Gordana Siljanovska-Davkova, arrive à la réunion des dirigeants du processus de Brdo-Brijuni à Golem, en Albanie, le 6 octobre 2025.
La présidente de la Macédoine du Nord, Gordana Siljanovska-Davkova, arrive à la réunion des dirigeants du processus de Brdo-Brijuni à Golem, en Albanie, le 6 octobre 2025. -  Tous droits réservés  AP Photo / Vlasov Sulaj
Tous droits réservés AP Photo / Vlasov Sulaj
Par Marta Pacheco
Publié le
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La Macédoine du Nord affirme que sa candidature à l'UE, entamée il y a vingt ans, est menacée par l'exigence de Sofia que Skopje reconnaisse la minorité bulgare vivant dans le pays.

La présidente de la Macédoine du Nord, Gordana Siljanovska-Davkova, estime que les espoirs d’adhésion de son pays à l’UE sont pris en otage par la Bulgarie, qui réclame des modifications constitutionnelles pour reconnaître la minorité bulgare.

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Au pouvoir depuis 2024, Siljanovska-Davkova a affirmé, en marge du Euronews Enlargement Summit, mardi, que de nouvelles concessions ne peuvent pas être imposées sans soutien populaire.

"Ma légitimité provient des citoyens et leur appartient. Alors comment puis-je vous promettre que nous allons modifier la Constitution ?", a déclaré la dirigeante.

Reconnaissance de la communauté bulgare

La Macédoine du Nord s’est vu demander de modifier sa constitution afin d’y inclure explicitement les Bulgares parmi les communautés reconnues du pays. Ce changement a été accepté dans le cadre d’un compromis visant à débloquer le processus d’adhésion, mais il rencontre des résistances à Skopje.

En 2022, l’UE a adopté un compromis négocié par la France. La Macédoine du Nord a accepté de modifier sa constitution pour reconnaître explicitement les Bulgares comme communauté minoritaire, mais de tels amendements nécessitent une majorité des deux tiers au Parlement, que le gouvernement n’a pas obtenue.

Gordana Siljanovska-Davkova souligne que 80 % des citoyens sont opposés aux changements constitutionnels, tandis que les amendements proposés n’ont même pas franchi la première étape au sein de la commission parlementaire chargée de la constitution.

Selon la présidente, le principal obstacle à l’intégration européenne de son pays n'est pas un manque de réformes ou de respect des exigences de l’UE, mais ce qu’elle décrit comme un manque de volonté politique parmi les pays voisins.

La Macédoine du Nord, un petit pays des Balkans d’environ 1,8 million d’habitants, est gouvernée par une coalition dirigée par des conservateurs, au pouvoir depuis 2024 avec une solide majorité parlementaire. Son chemin vers l’adhésion à l’UE reste toutefois bloqué par un différend de longue date avec la Bulgarie voisine.

Le pays a déposé sa candidature d’adhésion à l’UE en 2004 et est devenu officiellement candidat en 2005, mais sa progression a été entravée par des revers politiques.

De multiples concessions

Siljanovska-Davkova estime que le différend sur l’adhésion à l’UE s'inscrit dans une histoire plus longue de concessions faites par la Macédoine du Nord dans sa quête d’adhésion.

Elle a cité l’accord de 2018 avec la Grèce, en vertu duquel le pays a changé de nom, passant de République de Macédoine à Macédoine du Nord, mettant fin à un différend remontant à plusieurs décennies qui bloquait ses ambitions au sein de l’OTAN et de l’UE.

La dernière demande de modification constitutionnelle soulève des questions sur l’ampleur des compromis qu’un pays candidat devrait accepter pour régler des différends bilatéraux avant de rejoindre le bloc, a déclaré Siljanovska-Davkova.

Gordana Siljanovska-Davkova est accueillie par le président turc Recep Tayyip Erdoganet le secrétaire général de l'OTAN, Mark Rutte, au sommet de l'OTAN à Ankara, 08.07.2026
Gordana Siljanovska-Davkova est accueillie par le président turc Recep Tayyip Erdoganet le secrétaire général de l'OTAN, Mark Rutte, au sommet de l'OTAN à Ankara, 08.07.2026 Photo AP/Alastair Grant, Pool

Espérant surmonter les divergences politiques avec ses voisins, la dirigeante macédonienne entend poursuivre la recherche d’une solution par le dialogue.

"J’ai rencontré plusieurs fois les anciens présidents et le Premier ministre actuel [...]. J’ai exprimé les mêmes sentiments et la même tension, et je continuerai à le faire uniquement par le dialogue", a-t-elle déclaré.

Cependant, Siljanovska-Davkova s’est gardée d’accuser directement la Bulgarie de bloquer délibérément l’adhésion, appelant plutôt à davantage de "pragmatisme" et à "une volonté politique plus forte" parmi les pays voisins.

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