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Vols d'éditions rares de Pouchkine en France : jusqu'à 7 ans de prison pour les auteurs

L'emblématique salle Ovale de la Bibliothèque nationale de France (BnF) Richelieu, à Paris.
L'emblématique salle Ovale de la Bibliothèque nationale de France (BnF) Richelieu, à Paris. Tous droits réservés  AP Photo/Francois Mori
Tous droits réservés AP Photo/Francois Mori
Par Alexander Kazakevich avec AFP
Publié le Mis à jour
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Pour les magistrats français, ces vols pourraient viser à rapatrier du patrimoine culturel russe, dans un contexte de tensions accrues entre Moscou et l'Occident depuis l'invasion à grande échelle de l'Ukraine.

Qu'ont en commun le braquage des bijoux du Louvre et le vol d'exemplaires patrimoniaux d'auteurs russes du XIXe siècle dans plusieurs prestigieuses bibliothèques de Paris et de Lyon ? Dans les deux affaires, le butin reste introuvable. Mais pour les livres, la justice vient tout juste de rendre son verdict.

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Six Géorgiens ont été condamnés à Paris à des peines allant de 18 mois de prison avec sursis à sept ans de prison ferme pour le vol de classiques de la littérature russe. Parmi les pièces subtilisées figuraient des œuvres d'Alexandre Pouchkine, dont une première édition de "Boris Godounov" (1825), mais aussi des textes de Mikhaïl Lermontov et Nicolas Gogol – un "véritable vol de trésor", selon le procureur, qui a évoqué dans ses réquisitions une opération "massive, organisée, planifiée et exécutée avec minutie et cynisme".

Cette affaire s'inscrit dans une vague de vols visant des bibliothèques à travers l'Europe depuis le déclenchement de l'invasion à grande échelle de l'Ukraine en 2022, attribuée à un réseau organisé potentiellement lié à Moscou.

Les six accusés – cinq hommes et une femme – ont tous été reconnus coupables dans la nuit de vendredi à samedi d'association de malfaiteurs en vue de commettre une infraction, certains ayant également été condamnés pour le vol de biens culturels exposés.

Selon l'enquête, les voleurs se rendaient dans les bibliothèques pour consulter des ouvrages rares, qu'ils photographiaient et mesuraient avant de revenir les remplacer par des fac-similés quasi indétectables. À la seule Bibliothèque nationale de France (BnF), le préjudice est estimé à 770 000 euros.

Deux d'entre eux ont été jugés par contumace, déjà arrêtés en Géorgie, leur pays d'origine qui n'extrade pas ses ressortissants.

Un duo identifié comme Mikheil Z. et Beqa T. avait déjà été condamné et incarcéré dans les pays baltes pour des faits similaires et a été temporairement remis à la France pour être jugé.

Mikheil Z., 50 ans, a écopé de la peine la plus lourde : sept ans de prison, assortis d'une interdiction définitive de territoire français une fois sa peine purgée. Il avait déjà été condamné l'an dernier en Lituanie à trois ans et quatre mois de prison pour le vol organisé de publications du XIXe siècle évaluées à plus de 600 000 euros.

Beqa T., 49 ans, a été condamné à quatre ans de prison, en plus d'une peine précédente de trois ans et six mois prononcée en Estonie.

Une volonté de rapatriement du patrimoine russe ?

Ces vols, qui ont également touché l'Allemagne, la Suisse et la République tchèque, ont conduit à la mise en place d'une équipe commune d'enquête sous l'égide d'Europol et d'Eurojust, aboutissant à plusieurs arrestations en 2024.

En juin 2024, la maison de ventes russe Litfond, spécialisée dans les livres anciens rares, a inclus dans son catalogue une seconde édition du poème "Le Prisonnier du Caucase" d'Alexandre Pouchkine, correspondant à un exemplaire dérobé à la Bibliothèque nationale de France (BnF).

La maison de ventes a indiqué aux autorités françaises disposer de documents attestant l'acquisition du livre auprès de son propriétaire en Russie entre 2014 et 2015.

Pour les magistrats français, ces vols pourraient s'inscrire dans une logique de rapatriement du patrimoine culturel russe, dans un contexte de tensions accrues entre Moscou et l'Europe depuis l'invasion de l'Ukraine.

Aucun des ouvrages volés n'a été retrouvé, mais l'avocat de la Bibliothèque nationale de France (BnF) Alexandre de Konn, cité par l'AFP, a déclaré que l'institution "n'a pas perdu espoir" de retrouver ces œuvres.

Euronews a sollicité la BnF afin d'obtenir des précisions sur les mesures de sécurité mises en place ou renforcées dans ses différents espaces depuis ces faits, sans réponse au moment de la publication.

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