Le président français dévoilera le nom de la première promotion du nouveau service national. Dix mois de service, une rémunération d'environ 800 euros par mois et des missions exclusivement en France : ce que l'on sait du fonctionnement de ce nouveau dispositif militaire.
Première promotion et premières armes pour le nouveau service national. Emmanuel Macron est attendu mardi dans le Vaucluse, sur la base aérienne 115 d'Orange, pour rencontrer les premiers volontaires du dispositif. Le président doit dévoiler le nom de ce premier contingent lors d'un discours dans la matinée sur la place d'armes de la caserne de Geille.
Il assistera ensuite à des ateliers de formation au combat au corps à corps, au tir au fusil d'assaut Famas et à la marche au pas en chantant, avant de déjeuner avec les volontaires.
Annoncé en novembre 2025 par le chef de l'État après l'abandon du service national universel (SNU), le service national doit permettre de "consolider le lien entre les armées et la Nation", de "renforcer la capacité de résistance de la Nation" et de "consolider la formation des jeunes Français" dans un contexte de tensions géopolitiques accrues.
Le dispositif constitue l'un des derniers grands chantiers du second quinquennat d'Emmanuel Macron avant son départ de l'Élysée au printemps prochain.
Qui peut participer ?
Contrairement à l'ancien service militaire, qui était obligatoire, le nouveau service national est ouvert aux jeunes Françaises et Français âgés de 18 à 25 ans qui souhaitent s'engager volontairement. Les candidats sont sélectionnés par les armées en fonction de leurs besoins, après l'étude de leur dossier, un entretien, une visite médicale et un contrôle de sécurité.
Environ 80 % des sélectionnés auront entre 18 et 19 ans. Leurs dix mois de service peuvent être considérés comme une année de césure dans leurs études.
Les 20 % restants correspondront à des profils plus spécialisés, notamment des ingénieurs, des analystes de données ou des infirmiers. Ceux-ci pourront effectuer leur service jusqu'à 25 ans et accéder au grade d'aspirant, le premier grade d'officier.
Selon l'Élysée, les jeunes ont "répondu en masse" dès cette première année, ce qui a permis d'atteindre un niveau de sélection jugé "satisfaisant". Environ 30 % des volontaires sont des femmes, une proportion légèrement supérieure à celle observée en moyenne dans les armées.
Un objectif de 42 500 volontaires en 2035
3 000 volontaires doivent rejoindre le dispositif d'ici novembre. Leur nombre doit ensuite augmenter progressivement : 4 000 en 2027, 5 000 en 2028, 7 500 en 2029 et 10 000 en 2030.
À plus long terme, l'objectif est d'atteindre 42 500 volontaires en 2035. En y ajoutant le service militaire volontaire (SMV) et son équivalent ultramarin, le service militaire adapté (SMA), le gouvernement vise au total 50 000 jeunes par an.
Cette montée en puissance progressive s'explique notamment par le manque de places disponibles pour accueillir les jeunes. De nombreuses casernes ont en effet été vendues après la fin de la conscription.
Pour la période 2026-2030, 2,3 milliards d'euros seront consacrés au dispositif, dans le cadre de la loi de programmation militaire adoptée cet été, dont 1,4 milliard pour les infrastructures. Ce budget doit également couvrir la rémunération des volontaires, leur équipement, leur habillement et leur hébergement. Cent millions d'euros sont prévus pour 2026.
Comment se déroule le service ?
Le service national dure dix mois. Le premier est consacré à la formation militaire initiale : discipline, maniement des armes, marche au pas, chants militaires ou encore formation au combat. Celle-ci est dispensée sur 70 sites à travers la France.
Les neuf mois suivants, les volontaires rejoignent leur lieu d'affectation au sein de l'une des trois armées - l'armée de Terre, la Marine nationale, ou l'armée de l'Air et de l'Espace - ou dans les services de soutien.
Les premiers volontaires ont commencé leur formation en septembre. La première promotion doit atteindre 3 000 jeunes d'ici novembre : 1 800 dans l'armée de Terre, 600 dans la Marine nationale et 600 dans l'armée de l'Air et de l'Espace.
Dans l'armée de Terre et la Marine nationale, la formation initiale est directement organisée dans les unités, régiments et bases navales où les volontaires poursuivront ensuite leur service. Dans l'armée de l'Air et de l'Espace, les recrues sont d'abord formées sur deux sites, à Orange, dans le Vaucluse, et à Évreux, dans l'Eure, avant de rejoindre leur affectation pour les neuf mois restants.
Quelles missions pour les volontaires ?
Les volontaires ne seront pas envoyés sur des théâtres d'opérations à l'étranger : leur service se déroulera exclusivement sur le territoire national.
Les jeunes pourront notamment participer à l'opération Sentinelle, assurer la protection de sites militaires ou surveiller les approches maritimes depuis les sémaphores installés le long du littoral.
Les missions dépendront également de leurs qualifications. Logisticiens, cuisiniers, ingénieurs ou traducteurs pourront ainsi participer au soutien des unités et des services.
Une rémunération d'environ 800 euros par mois
Pendant leurs dix mois de service, les volontaires perçoivent une rémunération d'environ 800 euros par mois. Ils sont également nourris et hébergés et bénéficient d'une réduction de 75 % sur leurs déplacements en train.
Pour les étudiants, cette période peut être effectuée dans le cadre d'une année de césure. Ils peuvent reporter leurs vœux sur Parcoursup et les jurys de l'enseignement supérieur sont incités à valoriser cette expérience.
Le service peut également permettre de valider certains acquis, à hauteur d'environ 15 crédits européens ECTS. La rémunération perçue n'est pas prise en compte dans le calcul des ressources pour l'attribution des bourses étudiantes.
Que se passe-t-il après le service national ?
À l'issue de leurs dix mois de service, les volontaires intègrent automatiquement la réserve opérationnelle de second niveau. Ils peuvent alors être mobilisés cinq jours par an pendant cinq ans en cas de besoin.
Ceux qui souhaitent poursuivre leur engagement peuvent rejoindre la réserve opérationnelle de premier niveau, que les autorités veulent porter à 80 000 personnes en 2030, contre environ 47 000 actuellement.
Il reste également possible de s'engager directement dans l'armée d'active sans être passé par le service national ou la réserve.