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Les ambitions de Dubaï dans l'économie islamique

Par Natalie Lindo
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Devancés par la Malaisie et l'Arabie saoudite, les Émirats arabes unis occupent le troisième rang mondial des pays où l'économie islamique est la plus développée selon la dernière étude annuelle "The State of the Global Islamic Economy". Ce pan de l'économie implique que les pratiques des entreprises et des systèmes de financement et d'investissement qui en font partie soient conformes aux textes sacrés et aux préceptes de l'Islam.

Dans la zone économique du Dubai International Financial Centre, hub pour les affaires dans la région, deux formes d'économie cohabitent : sa version conventionnelle et sa déclinaison islamique qui comporte trois domaines-clés : la finance, les produits halal et les activités liées à l'art, au tourisme et à la mode.

À l'échelle mondiale, l'économie islamique inclut la finance où 2400 milliards d'euros ont été investis l'an dernier, mais aussi d'autres secteurs dans lesquels 1,9 milliards de musulmans ont dépensé en 2019, un peu plus de 1700 milliards d'euros, l'alimentation halal, la mode pudique et enfin, les médias et divertissements étant les types de produits qui génèrent le plus de recettes.

Créé en 2013, le Centre de développement de l'économie islamique de Dubaï (Dubai Islamic Economy Development Centre - DIEDC) a pour ambition de faire de l'émirat, la capitale régionale de cette forme d'économie.

"La dernière étude annuelle dont nous disposons est une source d'information : elle précise les investissements clés réalisés dans les différents secteurs de l'économie islamique et le montant des dépenses des consommateurs dans les produits et services de l'économie islamique," souligne Abdulla Mohammed Al Awar, PDG du DIEDC, avant d'ajouter : "Donc c'est une mine d'informations très intéressante pour les entreprises, mais aussi pour les gouvernements en vue de connaître les tendances."

De nouveaux comportements d'achat

Selon un rapport de TechSci Research de 2018, le marché de l'alimentation et des boissons halal aux Émirats devrait dépasser 4,63 milliards d'euros en 2022. Une population musulmane plus nombreuse, une hausse des revenus par personne et un e-commerce en plein essor figurent parmi les facteurs qui font croître la demande. Autre élément qui y participe : l'acceptation de plus en plus grande de la nourriture halal parmi les non-musulmans.

Nous nous rendons dans une entreprise de Dubaï qui respecte les normes encadrant la fabrication de cette gamme d'aliments et de boissons. "Nous livrons nos produits dans toutes sortes de restaurants et évidemment dans les plus hauts de gamme," explique Wahid Kandil, directeur général de Prairie Halal Foods. "Dans ces établissements, la plupart des clients ou une partie d'entre eux ne sont pas musulmans," poursuit-il, "ce n'est donc pas une nécessité pour eux, mais nous pouvons leur fournir ces produits."

À Dubaï, une population musulmane relativement jeune et de plus en plus nombreuse affirme sa sensibilité islamique dans ses comportements d'achat de nourriture, services bancaires et financiers, vêtements, cosmétiques, voyages et soins. La mode pudique est de plus en plus populaire dans la région et au-delà.

"J'ai de nombreuses demandes qui émanent de régions différentes et même de musulmanes en Europe," fait remarquer Amal Murad, styliste spécialisée dans la mode pudique. "Et j'ai même des amies non musulmanes qui aiment porter mes vêtements, pas seulement quand elles viennent ici, mais aussi dans leur pays," assure-t-elle.

"Les obligations islamiques soutiennent la reprise"

Quant aux perspectives économiques pour l'an prochain, la dernière étude "The State of the Global Islamic Economy" a mesuré l'impact de la pandémie sur le PIB et l'emploi dans différentes catégories de pays à travers le monde. La tendance générale est à la reprise et à un retour à des niveaux équivalents, voire supérieurs à ceux d'avant la crise.

Les économies avancées enregistreraient la relance la plus spectaculaire. Un contexte jugé favorable à l'économie islamique.

"Aujourd'hui, Dubaï est à la première place mondiale en termes de valeur totale des obligations islamiques cotées sur le marché," précise Abdulla Mohammed Al Awar, PDG du DIEDC. "On constate que des sukuk sont émis pour financer de nombreuses initiatives qui contribueront à la reprise," dit-il.

Malgré la tourmente de la pandémie, Dubaï réaffirme sa volonté d'accélérer le développement de l'ensemble des secteurs de l'économie islamique.