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Dans les coulisses de Dubaï, "ville de l'or"

Par Natalie Lindo
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Depuis plus d'un siècle, on vient chercher dans les souks de Dubaï, des épices, des perles et de l'or, un métal précieux qui lui vaut le surnom de "ville de l'or".

Sur les neuf premiers mois de l'année 2020, son commerce a été valorisé à 41 milliards d'euros selon le département des douanes de Dubai. C'est la source d'exportation la plus lucrative après le pétrole.

La ville dispose de réserves d'or, d'ateliers de fabrication de bijoux et de raffineries dédiées comme Al Etihad. Sur place, on procède au raffinage de l'or et on le transforme en lingots d'investissement pour les banques et courtiers spécialisés, mais aussi pour les grossistes en bijouterie. L'ensemble du processus se fait sur site. Al Etihad dispose aussi de l'accrédition "Dubai Good Delivery", un label international qui est gage de qualité et de spécifications techniques.

"J'encourage les gens à investir uniquement dans l'or," conseille Salah Khalaf, copropriétaire d'Al Etihad. "Et dans cette ville," poursuit-il, "nous avons toutes les activités dédiées, en particulier, l'infrastructure, la stabilité et la sécurité." Sur place, nous jetons un œil au produit final, un lingot d'or de 10 kilos. Comme toute matière première, son prix peut varier. Mais, au taux actuel du marché, il vaut près de 454 000 euros.

Un secteur très réglementé

Autre maillon dans la chaîne de l'or : les grossistes. La famille Abdullah a démarré son activité en 1955 en fondant Jawhara, une entreprise spécialisée dans la vente d'or, de joaillerie et de diamants.

"À tout moment, à Dubaï, il y a entre 40 et 50 tonnes d'or disponibles sur le marché, que ce soit chez les détaillants ou chez les grossistes," précise Tawhid Abdullah, PDG de Jawhara. "Et vu les grandes quantités que nous échangeons, nos prix sont les plus compétitifs au monde," assure-t-il.

Le secteur de l'or et de la joaillerie est très réglementé dans la ville. Le Dubai Gold and Jewellery Group, organisme à but non lucratif dédié, compte plus de 700 membres. "Nous sommes auto-disciplinés," indique Tawhid Abdullah qui ajoute : "Avec les nombreux contrôles et conformités gouvernementales en place, cela nous donne des produits parfaits."

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Tawhid Abdullaf, PDG de Jawhara, grossiste spécialisé dans l'or, la joaillerie et les diamantseuronews

Le Souk de l'Or

Entre 20 et 40% des stocks mondiaux d'or passent par Dubaï chaque année, la majeure partie faisant étape au Souk de l'Or. Sur place, on trouve 300 boutiques dédiées sur à peine un demi km².

Les courtiers spécialisés bénéficient du fuseau horaire de Dubaï. Avec des échanges possibles de 6h à 23h - heure locale -, ils couvrent tous les fuseaux horaires de l'Australie à la côte ouest des États-Unis.

Nous visitons le site en compagnie de Jeffrey Rhodes, fondateur de Rhodes Precious Metals Consultancy (RPMC). "Pour moi, le cœur de l'industrie de l'or aux Émirats arabes unis, c'est là où nous nous trouvons, au souk de l'or de Dubaï," fait-il remarquer. Nous lui demandons comment il explique que ce succès s'inscrive dans la durée. "Ce sont les personnes, l'infrastructure et les dirigeants qui permettent à ce secteur de prospérer," estime Jeffrey Rhodes.

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L'une des boutiques du Souk de l'Oreuronews

Pas de taxes pour les touristes

De nombreux touristes et résidents fréquentent le souk pour y acheter de l'or. Notre guide nous indique pourquoi selon lui : "C'est tout simplement là où vous trouverez pour des bijoux en or, les prix les plus compétitifs au monde. À l'étranger, les taxes sont en général, très élevées ; donc ici, c'est le meilleur endroit pour acheter, c'est là où vous en avez le plus pour votre argent," assure-t-il.

L'or de Dubaï est en effet détaxé pour les touristes. Ils sont nombreux à s'approvisionner au souk ou à l'autre bout de la ville, au Parc dédié à l'or et au diamant (Gold and Diamond Park). Sur place, nous visitons l'atelier de Cara Jewellers.

"On réalise les pièces de joaillerie ici : la fabrication et le montage de tous nos produits se fait ici, ce qui représente 85% de notre activité," précise Kiran Pithani, cofondateur et directeur de l'entreprise.

"L'or est toujours populaire, c'est l'un des métaux liés à la monnaie : les gens préfèrent investir dans l'or," souligne-t-il.

Pendant la pandémie, comme pour d'autres secteurs, la demande en bijoux a largement chuté. Mais au dernier trimestre 2020, cette activité est repartie à la hausse dans la "ville de l'or".