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La France transfère les données de santé publique de Microsoft vers un cloud français

La plateforme française de données de santé quitte le cloud de Microsoft pour le français Scaleway.
La plateforme française de données de santé quitte le cloud de Microsoft pour l’entreprise nationale Scaleway Tous droits réservés  Scaleway
Tous droits réservés Scaleway
Par Alexandra Leistner
Publié le
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La plateforme française des données de santé quitte le cloud de Microsoft pour le fournisseur national Scaleway

Dans le cadre d'une vaste initiative européenne visant à réduire la dépendance stratégique vis-à-vis des fournisseurs américains de services cloud et de logiciels, la France a choisi Scaleway pour héberger le Health Data Hub national, en remplacement de Microsoft Azure. Scaleway est une filiale d'Iliad, un groupe français de télécommunications.

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La base de données de cet établissement public regroupe les informations de santé de millions de Français. Elle avait vocation à reproduire l'ensemble du système national des données de santé (SNDS), géré par l'Assurance maladie, et à servir de ressource numérique pour les chercheurs ayant besoin de données à grande échelle et sur le long terme.

En 2019, Microsoft avait été retenu pour fournir l'infrastructure cloud et héberger les données de la plateforme.

Des inquiétudes sur la confidentialité, la sécurité et le contrôle juridique des données

Le projet n'a toutefois pas avancé comme prévu, l'autorité française de protection des données, la Commission nationale de l'informatique et des libertés (CNIL) a rendu un avis critique (source en anglais) soulignant des inquiétudes en matière de confidentialité et de sécurité des données.

Depuis, les autorités françaises de régulation ont souligné que, même lorsque les données sont stockées en France, elles peuvent toujours être consultées ou réclamées par les autorités américaines en vertu du droit américain si le prestataire est une entreprise des États-Unis.

La France s'inquiétait aussi du contrôle juridique sur l'accès, la protection ou la divulgation de données médicales hautement sensibles.

En février, le gouvernement français a annoncé son intention de retirer à Microsoft l'hébergement de cette plateforme particulièrement sensible d'ici la fin de l'année. En 2024, il a adopté une loi qui impose désormais un hébergement « garanti souverain » pour les données sensibles.

Une vaste base de données de santé pour les chercheurs

Cette migration s'inscrit dans « un effort de longue date pour maintenir un haut niveau de sécurité et de confiance pour l'ensemble des utilisateurs de la plateforme », a déclaré Hela Ghariani, la directrice de la Plateforme des données de santé, dans un communiqué de presse (source en anglais).

Elle a ajouté qu'il s'agit d'une étape importante pour accélérer l'utilisation des données du SNDS et, plus largement, la recherche et l'innovation fondées sur les données de santé en France et dans toute l'Europe.

Le système doit rassembler les dossiers de santé de plusieurs dizaines de millions de citoyens et devrait être pleinement opérationnel entre la fin de 2026 et le début de 2027.

S'éloigner des géants américains du numérique

Partout en Europe, les gouvernements réduisent leur dépendance aux grands fournisseurs technologiques américains dans les systèmes d'administration publique.

Le Land allemand du Schleswig-Holstein est en train de migrer 30 000 postes de travail de l'administration vers d'autres solutions que les outils Microsoft. Au Danemark, une partie de l'administration publique bascule vers la suite open source LibreOffice.

Dans le même temps, la Commission européenne a conforté ce mouvement en attribuant un contrat cloud de 180 millions d'euros à un consortium réunissant Scaleway, OVHcloud, STACKIT et Post Telecom.

Sources additionnelles • CNIL, PDS

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