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Volkswagen bloqué sur un plan de restructuration menaçant jusqu'à 100 000 emplois

Allemagne : des salariés manifestent devant l'usine Volkswagen de Zwickau, jeudi 9 juillet 2026
Des salariés manifestent devant l'usine Volkswagen de Zwickau, en Allemagne, jeudi 9 juillet 2026. Tous droits réservés  Jan Woitas/dpa via AP
Tous droits réservés Jan Woitas/dpa via AP
Par Doloresz Katanich
Publié le Mis à jour
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Le plan de restructuration de Volkswagen rejeté par les représentants des salariés au conseil de surveillance, laissant en suspens de possibles suppressions d’emplois et fermetures d’usines. Le groupe a toutefois dévoilé des mesures pour réduire sa production et simplifier sa gamme.

Les représentants du personnel de Volkswagen au conseil de surveillance ont rejeté, lors d'une réunion jeudi, un vaste plan de restructuration, a rapporté Reuters vendredi, citant des sources internes. Cette décision intervient alors que le premier constructeur automobile européen fait face à une baisse de ses bénéfices, à la hausse de ses coûts et à une concurrence accrue.

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Volkswagen est notamment pénalisé par les droits de douane américains, l’érosion des marges sur les véhicules électriques et la pression croissante de ses concurrents en Chine, premier marché automobile mondial.

Alors que le conseil se réunissait jeudi au siège du groupe, à Wolfsburg, IG Metall, l’un des principaux syndicats allemands, a organisé des actions coordonnées dans tout le pays pour s’opposer à un plan prévoyant jusqu’à 100 000 suppressions d’emplois dans le monde, soit plus de 15 % des effectifs, ainsi que la fermeture de quatre sites en Allemagne : les usines Volkswagen de Hanovre, Emden et Zwickau, et l’usine Audi de Neckarsulm.

Selon Reuters, qui s’appuie sur des sources internes anonymes, le conseil de surveillance a rejeté jeudi le projet de restructuration présenté par la direction. L’instance, où siègent notamment des représentants des salariés et du Land de Basse-Saxe, a voté contre le plan par 12 voix contre 7.

Volkswagen n’a évoqué aucune suppression d’emplois ni fermeture d’usines jeudi soir. À l’issue de la réunion, le groupe a présenté sa stratégie à l’horizon 2030, qui prévoit notamment de réduire de moitié le nombre de modèles proposés et de diminuer jusqu’à 75 % le nombre de variantes de véhicules afin de limiter les coûts et la complexité. Ces mesures ne nécessitaient pas l’approbation du conseil de surveillance.

Volkswagen a indiqué vouloir ramener sa capacité annuelle de production à environ 9 millions de véhicules, contre près de 12 millions avant la pandémie de Covid-19 et environ 10 millions aujourd’hui, face à une "concurrence fortement intensifiée".

Parmi les autres mesures annoncées figurent une adaptation plus précise des produits et des technologies aux marchés régionaux, un ajustement des capacités de production à la demande, ainsi qu’une simplification de la structure du groupe et de son portefeuille d’investissements.

Dans une allocution vidéo, le directeur général de Volkswagen, Oliver Blume, a estimé que "la situation mondiale s’est détériorée au cours des 12 derniers mois", citant les tensions géopolitiques, les droits de douane, la hausse des coûts, le renforcement des réglementations et l’intensification de la concurrence mondiale.

Il a également jugé nécessaire de "se débarrasser des capacités excédentaires", une formulation qui laisse ouverte la possibilité de fermetures d’usines à plus long terme. Blume a ajouté que "la numérisation, l’intelligence artificielle et les services mutualisés contribueront à accroître la productivité et la rapidité".

Le directeur financier du groupe, Arno Antlitz, a estimé que les réductions de coûts déjà engagées "ne suffisent pas dans l’environnement économique et géopolitique actuel".

Selon lui, Volkswagen prévoit d’améliorer la structure des coûts de ses véhicules, de "réduire significativement les frais généraux", d’accroître l’efficacité de ses usines et d’accélérer le développement technologique ainsi que la prise de décision.

Volkswagen emploie environ 657 000 personnes dans le monde, mais le groupe n’a pas précisé l’impact de la réduction annoncée de ses capacités de production sur ses effectifs. Selon Reuters, le comité d’entreprise a demandé des précisions sur les projets de réduction des coûts de la direction d’ici vendredi soir.

Le groupe affirme depuis plusieurs mois qu’une restructuration plus profonde est nécessaire, après une baisse de 28 % de son bénéfice net, à 1,56 milliard d’euros, et un recul de 2,5 % de son chiffre d’affaires, à 75,7 milliards d’euros, au trimestre clos fin mars 2026.

"Les prochaines années détermineront qui jouera un rôle décisif dans l’industrie automobile à l’avenir", a déclaré Blume.

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