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Népal-Tibet : un millier de disparus après des inondations liées à l’effondrement d’un glacier

Des secouristes utilisent un engin de chantier pour évacuer une victime de crues près de la rivière Trishuli, à Nuwakot, au Népal, 26 août 2026. (Photo AP/Niranjan Shr)
Des secouristes utilisent un engin pour mettre à l'abri une victime de crues soudaines sur la rivière Trishuli, à Nuwakot, le 26 août 2026. (AP Photo/Niranjan Shr Tous droits réservés  AP Photo
Tous droits réservés AP Photo
Par Jeremiah Fisayo-Bambi
Publié le Mis à jour
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Les autorités au Népal indiquent que 823 personnes, dont plus de 500 étrangers, sont portées disparues. Quatre Français sont portés disparus, selon un décompte du bureau népalais du tourisme, un bilan non confirmé à ce stade par le Quai d'Orsay.

Au lendemain des crues dévastatrices qui ont fait au moins 177 morts au Népal, les autorités népalaises sont sans nouvelles de 823 personnes, selon un décompte de l'agence de gestion des situations d'urgence.

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Ce nouveau bilan inclut 644 touristes, dont 517 ressortissants étrangers. Quatre touristes français étaient portés disparus jeudi, selon un décompte du bureau népalais du tourisme. Le Quai d'Orsay avait indiqué mercredi soir que 80 Français avaient signalé leur présence au Népal au moment de la catastrophe sans que l'on sache s'ils se trouvaient dans la zone touchées.

Les autorités chinoises ont pour leur part fait état de 558 personnes portées disparues sur leur territoire.

Au moins 162 personnes ont perdu la vie au Népal et trois autres au Tibet. Les médias d’État chinois rapportent que les autorités redoutent que jusqu’à 1 000 personnes soient toujours portées disparues au Népal et au Tibet à la suite de cette catastrophe.

L’agence de presse officielle chinoise Xinhua a indiqué jeudi que des coulées de boue au Tibet, provoquées par l’effondrement d’un glacier, avaient fait trois morts et 558 disparus. De son côté, la chaîne publique CCTV a précisé qu’environ 260 des 558 personnes portées disparues au Tibet étaient des ressortissants étrangers, tandis que deux villageois avaient été secourus.

Au Népal, des images tournées par des drones ont montré des routes détruites et des bâtiments ensevelis sous des torrents d’eau boueuse.

Des ressortissants étrangers figurent parmi les disparus

"Quand je suis arrivé au bazar de Dhunge, en une demi-heure la crue est arrivée et a ravagé tout le marché. Les gens se préparaient à partir au travail", a raconté Shoyam Rajbhandari, un témoin. "Combien de personnes sont portées disparues ou sont mortes, nous n'en savons rien."

Sunil Sharma, porte-parole de l’office du tourisme, a précisé que 133 des personnes portées disparues, qui effectuaient un pèlerinage au mont Kailash, au Tibet, un site sacré pour les hindous, étaient de nationalité indienne. Parmi les disparus figurent également 47 ressortissants américains, 34 Australiens, 33 Britanniques et 24 Canadiens, a-t-il indiqué. Le département d’État américain a pour sa part déclaré avoir été informé que des citoyens américains étaient touchés par la catastrophe.

Selon le Quai d'Orsay, au moins 80 ressortissants français ont signalé leur présence au Népal via le service Fil d'Ariane, sans que l'on sache s'ils se trouvaient dans la zone touchée.

La ministre australienne des Affaires étrangères, Penny Wong, a déclaré jeudi devant la presse qu'au moins 34 Australiens en pèlerinage ou en randonnée étaient portés disparus.

"Nous avons appris que ces Australiens faisaient partie de différents groupes de pèlerins et de circuits touristiques", a déclaré Penny Wong à des journalistes à Adélaïde, en Australie.

Elle a ajouté que le gouvernement népalais n'avait pas encore demandé d'aide, mais que l'Australie coordonnait une réponse humanitaire avec le Népal, les Nations unies, la Croix-Rouge et d'autres organisations.

Selon le ministère malaisien des Affaires étrangères, 55 ressortissants malaisiens présents à Katmandou sont désormais injoignables en raison de graves perturbations des infrastructures. Le ministère, qui a revu jeudi à la hausse le nombre de personnes portées disparues, a précisé qu’il travaillait en étroite collaboration avec les autorités locales afin de vérifier leur situation et de localiser les ressortissants malaisiens. Il a toutefois souligné qu’aucune confirmation officielle de leur présence parmi les disparus n’avait été établie.

L’Institut géologique américain (US Geological Survey, USGS) a d’abord signalé, tôt mercredi, un séisme de magnitude 4,4 survenu à environ 66 kilomètres au nord de Katmandou, près de la frontière. L’USGS a ensuite révisé son analyse, précisant que l’événement enregistré correspondait en réalité à l’effondrement d’un glacier, évalué à une magnitude de 5,2, qui a entraîné d’importants débris en aval, provoquant des conséquences catastrophiques pour les populations locales.

L’organisme a expliqué que cette conclusion reposait notamment sur les données recueillies par des stations sismiques situées à proximité, l’analyse d’ondes sismiques de longue période ainsi que des images satellites. Il a finalement confirmé qu’aucun séisme ne s’était produit.

L’effondrement d’un glacier à l’origine de la catastrophe

Des experts du climat du Centre international pour le développement intégré de la montagne, basé à Katmandou, estiment qu’une avalanche glaciaire serait probablement à l’origine de la crue soudaine survenue mercredi.

"Les observations hydrologiques témoignent de la vitesse et de l’ampleur exceptionnelles de la vague de crue", ont-ils indiqué dans un communiqué transmis par mail. Ils soulignent notamment qu’à un point de mesure situé sur la rivière Trishuli, le niveau de l’eau a augmenté de neuf mètres en seulement une demi-heure.

Selon les experts, la Lhende Khola, une rivière qui se jette dans la Bhotekoshi, a été la plus touchée par les fortes crues.

"La Lhende Khola a débordé à deux reprises en quatorze mois. Cette fois, la crue aurait été provoquée par une avalanche de glace et de rochers provenant d’un glacier situé du côté népalais, qui a bloqué le cours d’eau avant de libérer brutalement une importante vague en aval", a expliqué Saswata Sanyal, spécialiste de la réduction des risques de catastrophe au sein du groupe de recherche sur le climat.

La catastrophe qui frappe le Tibet et le Népal n'est pas un cas isolé. En seulement quatorze mois, le système fluvial de la Lhende Khola a connu deux épisodes de crue, et dans l'une des zones les plus densément peuplées du monde, les populations, les infrastructures et les ressources en eau sont menacées par l'instabilité croissante du système glaciaire de l'Himalaya.

Les vallées escarpées de la région sont des artères économiques et des couloirs de circulation, mais elles se révèlent extrêmement vulnérables en cas de catastrophe. Des images montrent les étages supérieurs de plusieurs bâtiments du district népalais de Nuwakot, durement touché, entièrement recouverts de boue après le passage du torrent. Des débris étaient suspendus aux branches des arbres et aux câbles, des véhicules étaient ensevelis et certains rescapés, hagards, étaient recouverts de boue. Les inondations ont paralysé les déplacements dans certaines zones.

La région a déjà connu des crues soudaines similaires en août dernier, lorsqu'un lac glaciaire au Tibet a débordé sous l'effet de températures élevées.

Neuf personnes avaient alors perdu la vie et des infrastructures essentielles, dont un pont reliant le Népal et la Chine, avaient été endommagées.

Sources additionnelles • AP

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