Suivez-nous
Publicité

Ukraine : Starlink restreint dans la nuit, selon un conseiller de Zelensky

Des satellites Starlink passent au-dessus de la forêt nationale de Carson, au Nouveau-Mexique, le 3 février 2022
Des satellites Starlink passent au-dessus de la Carson National Forest, au Nouveau-Mexique, le 3 février 2022. -  Tous droits réservés  M. Lewinsky/Creative Commons Attribution 4.0
Tous droits réservés M. Lewinsky/Creative Commons Attribution 4.0
Par Sasha Vakulina
Publié le
Partager Discussion Suivez Euronews sur Google
Partager Close Button

Cette évolution fait craindre que l'accès à ces communications satellitaires américaines essentielles ne devienne un moyen de pression supplémentaire sur Kyiv.

Les forces ukrainiennes ont fait état mercredi de restrictions concernant l'utilisation militaire du système de communication par satellite Starlink, développé par SpaceX. Selon l'armée, un changement intervenu dans la nuit a perturbé plusieurs missions de drones, sur fond de tensions croissantes entre Kyiv et Washington.

PUBLICITÉ
PUBLICITÉ

Ces restrictions concerneraient StarShield, la version du service satellitaire destinée aux usages militaires. La connexion serait notamment interrompue lorsque les terminaux se déplacent à plus de 160 km/h.

Serhii Beskrestnov, conseiller du président ukrainien Volodymyr Zelenskyy pour les technologies militaires, surnommé "Flash", a affirmé que SpaceX avait instauré cette limite de vitesse dans la nuit, sans en informer au préalable les forces ukrainiennes.

"Nos forces de défense n'ont pas été averties de cette limitation et cela a entraîné la perturbation de plusieurs missions", a écrit Beskrestnov sur Telegram.

Le volontaire ukrainien Serhii Sternenko a également signalé ces perturbations, suggérant que SpaceX aurait imposé ces restrictions à la demande de l'administration du président américain Donald Trump.

Aucune preuve indépendante ne permet toutefois d'affirmer que la Maison-Blanche a ordonné ce changement, dont les raisons restent inconnues.

Un nouveau moyen de pression américain ?

Cette évolution fait craindre que l'accès aux communications satellitaires américaines, essentielles aux opérations ukrainiennes, ne devienne un levier de pression supplémentaire sur Kyiv. Ces inquiétudes s'ajoutent aux informations faisant état de menaces américaines de réduire le partage de renseignements si l'Ukraine ne met pas fin à ses frappes contre les raffineries de pétrole russes.

Selon plusieurs médias, l'administration Trump aurait ainsi évoqué une possible réduction de la coopération en matière de renseignement. Washington dément toutefois avoir suspendu ce partage, tandis que les responsables ukrainiens assurent que la coopération se poursuit.

Le calendrier de ces événements interroge également, après les critiques publiques adressées à Zelensky par Elon Musk, le milliardaire à la tête de SpaceX, qui exploite Starlink.

Samedi, Musk a réagi à une vidéo de la Maison-Blanche dans laquelle Donald Trump critiquait les frappes ukrainiennes contre des installations pétrolières russes. "Zelensky a dépassé les bornes", a-t-il écrit sur X.

Ce commentaire intervient dans un contexte de nette dégradation des relations entre Washington et Kyiv, après l'accord conclu par Trump avec Moscou visant à alléger les restrictions sur les exportations de diesel russe et ses exigences pour que l'Ukraine suspende ses attaques contre les infrastructures énergétiques russes.

Aucun lien n'a toutefois été établi entre les restrictions visant Starlink rapportées et ce différend diplomatique.

Russie : des frappes qui continuent malgré la "trêve énergétique" de Trump

Ces informations surviennent alors que de nouvelles questions se posent sur la fiabilité du partage anticipé de renseignements, Zelensky ayant affirmé que l'Ukraine n'avait reçu aucun avertissement de ses partenaires avant des frappes de missiles balistiques russes sur Kyiv pour la deuxième nuit consécutive.

Les attaques se poursuivent malgré la déclaration par Trump d'un cessez-le-feu énergétique, que, selon Kyiv, Moscou ne respecte pas.

Selon Zelensky, la Russie a lancé 39 missiles balistiques et plus de 120 drones d'attaque et munitions rôdeuses contre Kyiv, la région environnante et Kharkiv dans la nuit, endommageant 26 installations électriques et quatre sites pétroliers et gaziers, et privant au moins 600 000 personnes d'électricité.

Des secouristes éteignent l'incendie d'un immeuble résidentiel de plusieurs étages endommagé lors d'une frappe de missile russe sur Kyiv, 13 octobre 2026
Des secouristes éteignent l'incendie d'un immeuble résidentiel de plusieurs étages endommagé lors d'une frappe de missile russe sur Kyiv, 13 octobre 2026 AP Photo

"Jamais auparavant la Russie n'a montré un tel mépris ostentatoire envers les États-Unis", a écrit Zelensky sur X, accusant Moscou de viser délibérément des infrastructures couvertes par le cessez-le-feu annoncé par Trump.

Malgré les tensions croissantes avec Washington, Zelensky a lancé un appel direct au président américain pour qu'il impose des sanctions plus sévères à la Russie et fournisse des intercepteurs supplémentaires de missiles Patriot.

"Nous demandons à l'Amérique et à TOUT LE MONDE dans le monde qui ne ferme pas les yeux sur la réalité de répondre, et de répondre avec force", a-t-il écrit.

Ces derniers développements soulignent la dépendance persistante de l'Ukraine à l'égard des renseignements américains, des technologies militaires et du soutien en matière de défense aérienne, alors que les relations avec Washington apparaissent de plus en plus incertaines.

Accéder aux raccourcis d'accessibilité
Partager Discussion Suivez Euronews sur Google

À découvrir également

Zelensky : l'Ukraine n'a reçu aucun renseignement sur les missiles visant Kyiv

Mobilisation lycéenne : nouvel appel à manifester samedi 17 octobre

Allemagne : la Deutsche Bahn instaure l'interdiction d'alcool dans toutes les gares