Au cœur de la forêt protégée de Batu Nyambu, dans la province du Kalimantan occidental, les équipes de protection animale ont ouvert leurs cages, laissant les primates grimper aussitôt dans les arbres et disparaître dans la végétation. Parmi eux figurent quatre mères accompagnées de leurs petits, dont trois sont à nouveau gestantes, une découverte faite lors des derniers examens vétérinaires.
Les animaux avaient été secourus en août et septembre dans une plantation de palmiers à huile de la région de Ketapang, touchée par les flammes. Certains souffraient de brûlures aux mains et aux pieds, tandis que d'autres étaient amaigris et dénutris, explique Karmele Llano Sanchez, responsable de la fondation de réhabilitation animale YIARI.
Après quatre à huit semaines de convalescence dans un centre de Ketapang, leur retour à la nature a nécessité une véritable expédition. Les soigneurs ont transporté les orangs-outans en voiture, en bateau, puis à pied pendant plusieurs heures, portant leurs lourdes cages à travers une forêt dense, sur des terrains escarpés et glissants. Leur nouveau refuge s'étend sur 23 000 hectares de forêt protégée, où ils pourront trouver nourriture et abri.
Cette remise en liberté intervient alors que les incendies continuent de menacer les orangs-outans de Bornéo, une espèce en danger critique d'extinction. Selon le ministère indonésien des Forêts, au moins 51 individus ont été secourus dans le Kalimantan occidental depuis début août. D'après l'organisme de surveillance Nusantara Atlas, les incendies ont ravagé plus de 1,9 million d'hectares en Indonésie durant les neuf premiers mois de 2026.