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Mode des cassettes audio : on en fabrique encore aux Pays-Bas !

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Mode des cassettes audio : on en fabrique encore aux Pays-Bas !

Mode des cassettes audio : on en fabrique encore aux Pays-Bas !
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Nostalgie quand tu nous tiens ! Après la renaissance du disque vinyle, la cassette audio trouve aujourd’hui un nouvel écho parmi les fans de son rétro. Ses ventes augmentent à travers le monde et certains saisissent cette opportunité pour en reprendre la fabrication. C’est le cas d’un site de production aux Pays-Bas, l’un des derniers en activité en Europe, que nous découvrons dans une vidéo à 360°.

Entrons dans l’un des derniers sites de fabrication de cassettes audio en Europe. Dans cet atelier de la région de Wierden aux Pays-Bas, la production atteignait au moment de leur âge d’or à la fin des années 80, 400.000 unités par an pour finir à seulement 2000 en 2014.

La cassette mêle la musique à l'émotion et à la nostalgie.

Thomas Baur Fabricant de cassettes audio aux Pays-Bas

Mais aujourd’hui, cet objet rétro connaît un nouvel engouement. Ses ventes augmentent à travers le monde, particulièrement aux États-Unis. Selon une étude, 129.000 cassettes ont été vendues en 2016 au niveau mondial, un chiffre en augmentation de 74% sur un an.

L’an dernier, ce site en a produit 15.000. Nous rencontrons Thomas Baur, son propriétaire qui nous montre une machine pour fabriquer les cassettes.

Quand ce trentenaire a vu que cet atelier était en vente, il a contacté son propriétaire juste pour visiter les lieux. Une découverte impressionnante pour cet amateur de son analogique et ancien technicien chez Philips. Il a aussitôt décidé de l’acquérir et de s’y consacrer à plein temps. “Il y a huit ou dix ans, je me suis donc lancé dans la production de cassettes et dans la réparation d‘équipements audio vintage, raconte-t-il. C’est une profession qui est en train de disparaître à notre époque et c’est l’une des raisons pour lesquelles cela marche plutôt bien pour moi," fait-il remarquer.

Émotion et nostalgie

Comme le disque vinyle, la cassette fait son comeback même si elle n’avait pas été totalement délaissée… Certains passionnés trouvaient encore le moyen de s’en procurer, en particulier le noyau dur de la clientèle de Thomas : des fans de metal et de hard rock.

Mais aujourd’hui, d’autres publics s’y intéressent. “C’est un objet nostalgique, assure Thomas Baur. On n’achète plus une cassette parce que c’est le seul moyen à disposition pour écouter de la musique : aujourd’hui, on peut télécharger, acheter, un CD, un album… La cassette mêle la musique à l‘émotion et à la nostalgie,” s’enthousiasme-t-il.

Actuellement, des groupes offrent un format cassette en cas de téléchargement de leur album. Un gadget qui selon eux, permettrait au public d’apprécier encore plus leur musique.

MacGyver

La qualité n’est pas nécessairement moyenne avec une cassette, l’essentiel étant d’après Thomas, de prendre soin de ces équipements d’un grand âge comme de cette machine de 25 ans. “Quand la machine est vraiment, vraiment en forme, elle peut produire 400 cassettes en une heure ; mais hier, cela m’a pris toute la journée pour en faire 800, indique-t-il. Il y avait des problèmes que je n’arrivais pas à régler dans un délai très court : j’ai abîmé plusieurs cassettes, donc j’ai dû en faire des nouvelles, j’ai dû arrêter la production, voir ce qui n’allait pas, résoudre le problème, réessayer,” énumère-t-il.

“Il y a des pièces qui ne sont plus disponibles, alors je dois trouver des alternatives, renchérit le jeune entrepreneur. Parfois, quand je répare la machine, j’utilise de la corde et du plastique et c’est comme si j‘étais MacGyver : je dois la faire fonctionner même si le matériel n’est plus disponible,” souligne-t-il.

Thomas s’est payé son usine pour le prix d’une voiture neuve. Il a conclu des modalités de remboursement souples avec l’ancien propriétaire qui était ravi de trouver quelqu’un qui mette tout son cœur dans cette affaire.

À l’image du vinyle qui a pris de la valeur ces dernières années sur un marché de niche, les cassettes pourraient connaître le même sort. Thomas espère en écouler 100.000 par an dans les prochaines années.