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Facebook s'en prend à l'armée birmane avec retard

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Facebook s'en prend à l'armée birmane avec retard

Facebook s'en prend à l'armée birmane avec retard
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REUTERS/Ann Wang
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Facebook a pris lundi la décision tout à fait inhabituelle de bloquer des membres de la junte birmane après des mois de pression pour que le premier réseau social prenne des mesures contre l'armée accusée par l'ONU de "nettoyage ethnique" contre les musulmans rohingyas.

C'est la première fois que Facebook met au ban des militaires ou des représentants gouvernementaux.

Le réseau social a souligné qu'en Birmanie les circonstances sont exceptionnelles parce que Facebook y joue un rôle crucial dans l'accès à l'information pour une population qui n'a pu se brancher sur la toile que très récemment, après un demi-siècle sous régime militaire.

En raison de la prévalence du réseau -la Birmanie compte 18 millions de comptes Facebook pour une population de 51 millions d'habitants-, l'armée et des moines bouddhistes extrémistes birmans se servent abondamment de la plateforme pour diffuser leur propagande.

Parmi les pages bannies, figure notamment celle du général Min Aung Hlaing, le chef de l'armée. La Birmanie a fait savoir qu'elle avait pris contact avec Facebook afin d'en savoir plus sur cette décision.

L'annonce du réseau social coïncide avec la demande d'enquêteurs de l'ONU que la justice internationale poursuive le chef de l'armée birmane et cinq autres hauts gradés pour "génocide", "crimes contre l'humanité" et "crimes de guerre" à l'encontre des musulmans rohingyas.

Au total, ce sont 52 pages, suivies par 12 millions de personnes, qui ont été fermées, mais Facebook a indiqué que les données qu'elles contenaient ont été préservées.

Si c'est la première fois que Facebook s'en prend ainsi à l'armée birmane, la plateforme a été accusée depuis des mois de ne pas réagir assez vite.

Les enquêteurs de l'ONU avaient jugé que Facebook était devenu "un monstre" en Birmanie et des groupes de défense de droits de l'homme reprochaient au réseau de mettre plusieurs jours à fermer un compte, laissant au contenu le temps d'être diffusé très largement et de devenir viral. Le rapport de l'ONU dénonce lui aussi une réponse "lente et inefficace" de Facebook.

De manière générale les grands réseaux sociaux, Twitter, Facebook, Youtube, etc sont accusés de ne pas faire assez pour empêcher la propagation de fausses informations ou d'incitations à la haine et la violence.

Avec agence