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Steinmeier et Tsipras affichent leur entente

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Steinmeier et Tsipras affichent leur entente

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Le président allemand Frank-Walter Steinmeier et le Premier ministre grec Alexis Tsipras ont convenu jeudi de la nécessité d'une relance de l'intégration européenne face à la montée des populismes.

Le chef d'État allemand, en visite officielle en Grèce, et son hôte, ont aussi manifesté leur volonté d'ouvrir un "nouveau chapitre" dans les relations gréco-allemandes, pour tourner la page des tensions provoquées par l'exigence allemande d'une rigoureuse austérité en échange du sauvetage financier grec.

"Nous devons faire des pas pour convaincre les citoyens européens qu'il est possible de sortir des crises, et de le faire ensemble, nous devons écarter les voix extrêmes et populistes", a affirmé Steinmeier.

Dans un pays placé par sa géographie aux avant-postes des flux migratoires vers l'UE, il a appelé à un "consensus" sur la politique migratoire "qui n'est pas possible sans solidarité".

"Je ne peux pas être optimiste pour l'Europe, notre maison commune est menacée par la montée de l'extrême droite", avait auparavant relevé M. Tsipras en l'accueillant dans son bureau.

Un nouvel élan

"Votre visite peut donner l'élan pour un nouveau début des relations gréco-allemandes", a également souligné M. Tsipras. Il a mis en avant la volonté de la Grèce d'en finir avec "les difficiles moments entre nos deux pays pendant la crise (...) et les clichés qui empoisonnent nos relations".

"Nous sommes au moment où nous pouvons ouvrir une nouvelle page dans nos relations", lui a fait écho M. Steinmeier. Il a exprimé son "respect" tant envers M. Tsipras qu'envers les Grecs pour l'effort livré par le pays afin d'émerger de huit ans de crise de la dette.

Si l'Allemagne a pu être ressentie par de nombreux Grecs durant la crise comme une puissance quasi coloniale, d'autant plus honnie que le souvenir de l'occupation nazie reste vif dans le pays, les relations entre Athènes et Berlin se sont progressivement rétablies depuis l'été 2015 et l'acceptation par Alexis Tsipras des politiques de redressement prônées par les créanciers du pays.

Le Premier ministre grec et son homologue allemande Angela Merkel ont notamment depuis étroitement collaboré en matière de politique migratoire.

270 millions d'euros de réparations de guerre

M. Tsipras n'a pas évoqué la question des réparations de guerre qu'Athènes affirme se réserver le droit de réclamer à Berlin, même si ce dossier devrait prochainement ressurgir.

Le Parlement grec doit se saisir, en principe en novembre, d'un rapport commandé par le parti de gauche radicale Syriza de M. Tsipras, chiffrant à près de 270 millions d'euros le montant dû à la Grèce par l'Allemagne pour l'occupation nazie.

"Indépendamment des positions juridiques" de l'Allemagne, "nous demandons pardon pour les atrocités" commises, "nous ne voulons pas oublier le passé", a affirmé M. Steinmeier, dont la visite intervient à la veille de l'anniversaire de la libération d'Athènes, le 12 octobre 1944.

Son prédécesseur avait déjà demandé pardon à la Grèce pour l'occupation nazie du pays.

Berlin a toujours opposé une fin de non recevoir à la volonté grecque de rouvrir le dossier, estimant qu'il a été réglé dans le sillage de la réunification allemande.

Le président allemand a également été reçu par son homologue grec Prokopis Pavlopoulos. Les deux hommes ont cosigné une tribune dans le quotidien Kathimerini au sujet de l'Europe, s'inquiétant du retour de "la pensée autoritaire", de l'augmentation du nombre de personnes "se tournant vers le nationalisme et l'euroscepticisme".