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Zone euro : une réforme à minima

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Zone euro : une réforme à minima
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Après une nuit de discussions, les ministres des finances de la zone euro se sont accordés sur une réforme à minima de la monnaie unique. La proposition de créer un budget de la zone euro, chère à Emmanuel Macron, reste en suspens.

L'accord conclu entre les 27 ministres de l'Union européenne - sans le Royaume-Uni pour cause de Brexit - a pour objectif de doter les autorités européennes d'une boîte à outils plus efficace en cas de choc majeur pour l'économie européenne. En ce sens, le mécanisme européen de stabilité (MES), qui soutient les pays européens en difficulté financière, a vu son périmètre élargi. Il pourra désormais prêter en dernier ressort en cas de défaillance d'une grande banque jugée systémique pour l'ensemble de la zone euro. L'objectif est d'éviter la propagation d'une crise à l'ensemble de la zone. Pierre Moscovici, commissaire européen aux finances, voit dans cet accord une avancée significative. "Nous ne pouvons avancer qu'avec un approfondissement de l'union économique et monétaire, étape par étape, heure après heure. Nous n'avons pas fait de grands pas vers l'avant mais nous avons franchi des étapes importantes ou significatives sur une route longue et difficile. Il appartient maintenant au sommet de l'euro d'approuver cet accord et de clarifier la voie à suivre pour les points en suspens, parmi lesquels se trouve bien sûr le budget de la zone euro".

Le budget de la zone euro en suspens

L'idée de budget spécifique de la zone euro, chère à Emmanuel Macron, est restée en suspens, les discussions n'ayant pas autant progressé que l'aurait souhaité Paris. Les Pays-Bas se sont sans surprise montrés les plus réticents face à cette idée de budget, entraînant dans leur sillage un certain nombre de pays du nord de l'Europe, souvent qualifiés de "ligue hanséatique".

Bruno le Maire, ministre des finances français s'est néanmoins félicité de l'ouverture des discussions sur cette question. "Nous avons enfin une vraie perspective, pour la première fois, d'un budget de la zone euro avec des fonctions de convergence et de compétitivité et nous continuons à travailler à la fonction de stabilisation", a-t-il dit.

Les discussions n'ont toutefois pas inclus des propositions évoquées par le passé, notamment la création d'un ministre des Finances de la zone euro ou une sorte de FMI européen.

Berlin refuse l'union bancaire

L'achèvement de l'union bancaire a été un autre défi difficile, l'Allemagne restant fermement opposée au lancement d'un système européen de garantie des dépôts bancaires des épargnants, pourtant défendu par la Banque centrale européenne. Berlin craint en effet que ses épargnants et ses banques soient mis à contribution pour venir en aide à des établissements du sud de l'Europe mal gérés et imprudents. Les ministres se sont mis d'accord pour en discuter à nouveau en juin 2019.

Les réformes, décidées après 18 heures de négociations dans la capitale belge, doivent encore être approuvées par les chefs d'Etat et de gouvernement lors d'un sommet en fin de semaine prochaine à Bruxelles.