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"L’OTAN n’était pas là quand nous avions besoin d’eux" : Donald Trump critique à nouveau l'Alliance

Le secrétaire d'État américain Marco Rubio aux côtés du secrétaire général de l'OTAN Mark Rutte, au Département d'État, mercredi 8 avril 2026, à Washington.
Le secrétaire d'État américain Marco Rubio aux côtés du secrétaire général de l'OTAN Mark Rutte, au Département d'État, mercredi 8 avril 2026, à Washington. Tous droits réservés  (AP Photo/Rod Lamkey, Jr.)
Tous droits réservés (AP Photo/Rod Lamkey, Jr.)
Par Etienne Paponaud avec AFP, AP
Publié le
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Le secrétaire général de l'Otan a été reçu à la Maison Blanche, mercredi. Mark Rutte tente depuis des mois de maintenir un équilibre précaire entre invectives du président américain contre ses alliés européens et souci de les défendre sans fâcher Donald Trump.

Le président américain Donald Trump a critiqué l'OTAN et a semblé réitérer ses menaces concernant le Groenland après une réunion à huis clos avec le chef de l'alliance, Mark Rutte, au cours de laquelle il devait aborder la possibilité d'un retrait de ce bloc de sécurité essentiel.

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La colère de M. Trump à l'égard des alliés de l'OTAN, qui n'ont pas rejoint sa guerre contre l'Iran, alimente les craintes de tentative de retrait des États-Unis de cette alliance vieille de près de huit décennies.

Cependant, dans ses premières déclarations après la réunion, il s'est contenté de réitérer sa frustration. "L'OTAN N'ÉTAIT PAS LÀ LORSQUE NOUS AVIONS BESOIN D'ELLE, ET ELLE NE SERA PAS LÀ SI NOUS AVONS À NOUVEAU BESOIN D'ELLE", a-t-il posté sur Truth Social.

"SOUVENEZ-VOUS DU GROENLAND, CETTE GRANDE MASSIVE DE GLACE MAL GÉRÉE !!!", a-t-il ajouté, sans autre explication.

Avant que M. Trump ne lance sa guerre contre l’Iran, sa menace de s’emparer de cette vaste île arctique appartenant au Danemark, allié de l’OTAN, était un sujet clé qui agitait l’alliance.

L’ancien Premier ministre néerlandais Mark Rutte, surnommé l'"homme qui murmure à l'oreille de Trump", du fait de sa capacité à flatter l'erratique président américain, est entré dans l’Aile Ouest par une porte latérale et leur rencontre s’est tenue à huis clos.

"Ce fut une discussion très franche, très ouverte", a déclaré M. Rutte plus tard à la chaîne américaine CNN lors d’une interview télévisée.

Interrogé à plusieurs reprises pour savoir si M. Trump avait dit qu’il quitterait l’alliance, M. Rutte n’a pas répondu directement.

La porte-parole de la Maison Blanche, Karoline Leavitt, a déclaré aux journalistes avant la réunion qu'un éventuel retrait était "une question dont le président a déjà discuté, et je pense que c'est un sujet dont il abordera avec le secrétaire général M. Rutte dans quelques heures".

Le Wall Street Journal rapporte lui que M. Trump envisage de punir certains membres de l'OTAN qu'il jugea peu coopératifs pendant le conflit en retirant les troupes américaines de leurs pays.

Cette réunion a eu lieu au lendemain de l'accord conclu entre les États-Unis et l'Iran sur un fragile cessez-le-feu de deux semaines.

Le président américain a qualifié l'OTAN de "tigre de papier" pour avoir refusé de mener les efforts visant à ouvrir le détroit stratégique d'Ormuz et pour avoir empêché les forces américaines d'utiliser des bases sur leurs territoires.

Le plan rapporté par le Wall Street Journal serait en deçà des menaces souvent évoquées par M. Trump de retirer complètement les États-Unis de l'OTAN — une décision pour laquelle il aurait besoin de l'approbation du Congrès.

La Maison Blanche à l'origine d'une série de crises avec l'OTAN

M. Trump s'en est récemement pris personnellement à plusieurs dirigeants, fustigeant le Premier ministre britannique Keir Starmer - "pas Winston Churchill" - et ridiculisant les porte-avions britanniques en les qualifiant de "jouets".

Le secrétaire général de l'OTAN peut toutefois se targuer d'avoir réussi à ramener M. Trump dans son camp. Avant sa visite à la Maison Blanche, M. Rutte a rencontré le secrétaire d'État américain Marco Rubio pour discuter de l'Iran, de la guerre menée par la Russie contre l'Ukraine et des responsabilités de l'OTAN.

"Les deux dirigeants ont discuté de l’opération "Fureur épique", des efforts menés actuellement par les États-Unis pour mettre fin à la guerre entre la Russie et l’Ukraine par la voie de la négociation, ainsi que du renforcement de la coordination et du partage des charges avec les alliés de l’OTAN", a déclaré Tommy Pigott, porte-parole adjoint principal du département d’État.

M. Rutte devrait également rencontrer le chef du Pentagone, Pete Hegseth, pendant son séjour à Washington.

L'OTAN a été secouée par une succession de crises depuis le retour au pouvoir de M. Trump l'année dernière — notamment par sa menace de s'emparer du Groenland.

Ces derniers mois, il a également coupé l'herbe sous le pied de l'Ukraine dans sa guerre contre la Russie et menacé de ne pas protéger les alliés à moins qu'ils n'augmentent leurs dépenses de défense.

M. Rutte a joué un rôle central dans les efforts des alliés pour flatter et apaiser le dirigeant américain, qu’il a surnommé "papa" lors d’un sommet l’année dernière.

Concernant l’Iran, il a cherché à trouver un juste milieu en qualifiant d’"applaudissables" les efforts américains visant à affaiblir les capacités militaires de Téhéran.

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