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Aux Emirats Arabes Unis, certains trouvent leur "bonheur"

Aux Emirats Arabes Unis, certains trouvent leur "bonheur"
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Les Emirats arabes unis sont classés à la 21ème place des pays les plus heureux en 2019, dans le rapport sur le bonheur dans le monde. Et Dubaï aspire à placer la barre encore plus haut. Est-il vraiment possible de mesurer ce bonheur ? Et en quoi joue-t-il un rôle dans l'économie de ce pays ? Ce sont les questions que nous nous sommes posées, dans ce nouveau numéro de Target.

Aux Emirats arabes unis, depuis quelques années, le bonheur a désormais ses politiques publiques, son propre ministre, en la personne d'Ohoud Al Roumi, et donc ses programmes, en matière de bien-être, qui ont été déployés, sous le contrôle du département électronique du Gouvernement de Dubaï.

"Le paramètre de la réussite du gouvernement est d'introduire des changements réels qui participent au bonheur de l'homme", avait expliqué le Premier ministre des Émirats, Cheikh Mohammed ben Rached Al-Maktoum, lors de la création du ministère du Bonheur en 2016.

Le bonheur reste une vitrine pour cet Etat critiqué pour la gestion des droits humains et qui pollue deux fois plus que l'Argentine, pays pourtant trente fois plus grand.

"Aujourd'hui, afin de transformer Dubaï en une ville heureuse, nous avons besoin d'une collaboration entre tous les secteurs", explique Hamad Al-Awadhi, en charge de l'agenda du bonheur à Dubaï.

"Nous avons plus de 47 artisans du bonheur et ils viennent de plus de 40 différents services du gouvernement. Leur rôle est de mettre en place notre programme", ajoute-t-il. "Nous les entraînons, de manière directe ou indirecte, pour qu'ils adaptent leur schémas de pensée et les terminologies relatives au bonheur".

"Les gens heureux travaillent deux fois mieux que les autres"
Corrie Block
spécialiste du bonheur

Le bonheur permet-il de mieux travailler ?

Les avancées dans les analyses de données socio-économiques auraient permis de rendre le bonheur "quantifiable", ce qui a poussé le gouvernement à prendre en compte sa valeur.

"Les gens heureux travaillent deux fois mieux que les autres", assure Corrie Block, "business strategist" et expert du bonheur.

"Ils sont 50% plus productif quand ils trouvent que leur travail a du sens. Ils sont aussi 88% plus loyaux, parce que justement, ils trouvent que leur travail, qui représente la moitié de leur vie, a du sens", ajoute-t-elle.

Récemment classés parmi les meilleurs endroits du monde où il fait bon travailler, les Emirats Arabes Unis arrivent même en 3ème position sur le critère des revenus, dans une étude de HSBC's Expat Explorer.

Plusieurs raisons peuvent l'expliquer : une "hausse des revenus" par rapport à d'autres économies développées, une possibilité de "progression dans les carrières" et une meilleure "qualité de vie".

"Je dirais que l'environnement permet d'être plus heureux"
Keron
Habitant "heureux" de Dubaï et originaire du Royaume-Uni

"Rue du Bonheur"

A Dubaï, il existe même une "rue du bonheur", où nous nous sommes rendus, pour constater si oui ou non les habitants sont vraiment plus heureux.

Malgré l'air toxique qu'ils respirent, ces trois personnes interviewées parlent d'un endroit agréable."Dubai permet vraiment d'adopter une attitude volontaire, au milieu de tous ces Emiratis et de tous ces habitants qui ont choisi de vivre ici", explique Keron, qui vient du Royaume-Uni.

Pour d'autres, la météo joue même un rôle déterminant dans le bien-être ressenti. "Je dirais que l'environnement permet d'être plus heureux", explique Jared, originaire d'Ecosse. "D'où je viens, il pleut beaucoup, c'est gris et très triste. Ici, il y a du soleil en permanence, cela vous fait sentir bien."

"Je me sens en sécurité, ce qui est déjà bien. Et c'est propre partout, c'est un changement", ajoute Carl, qui vient des Etats-Unis.

Mais tout n'est pas rose au pays du bonheur : en matière de liberté de la presse, le pays est classé 132ème sur 180 en 2019 par Reporters sans frontières. Et selon Human Rights Watch, en 2014 le pays continuait à "emprisonner arbitrairement des personnes considérées comme représentant une menace pour la sécurité nationale".

Le bonheur "quantifiable" grâce à l'intelligence artificielle ?

Malgré tout, certains semblent trouver leur bonheur aux Emirats. Un état d'esprit de plus en plus mesuré, quantifié, étudié. Mais peut-on aller jusqu'à parler de "science du bonheur" ?

_"Voici comment cela fonctionne pour tout le monde", _explique Corrie Block. "__Le bonheur, c'est la combinaison de trois neurochimiques : dopamine, sérotonine et ocytocine".

"Ladopamine, c'est l'exploit, c'est ce qui est le plus addictif, ce que chacun d'entre nous produit. Le deuxième le plus important, c'est la sérotonine, qui apporte de la reconnaissance, ce que vous développez quand vous avez le sentiment de jouer un rôle important dans la société. Et le troisième neurochimique, c'est l'ocytocine, qui vous donne un sentiment d'appartenance."

Il y aurait même un moyen de mesurer ce bonheur, grâce à l'intelligence artificielle...

Notre journaliste Jane Witherspoon a testé cette technologie. "Elle utilise une caméra, en l’occurrence, ici, celle de cet ordinateur", explique-t-elle. "Le logiciel identifie les muscles du visage. Il les analyse à la vitesse de 64 images par seconde et retranscrit tous les petits mouvements... Donc voyons voir... Eh bien moi, je suis heureuse apparemment."

Des résultats qui seraient probants

La mesure du bonheur est l'une des premières initiatives de Dubaï en matière de "ville intelligente".

Cet outil de mesure du bien-être a été déployé dans plus de 40 départements du gouvernement et a collecté plus de 2 millions de votes depuis son lancement.

Pour quels résultats ? Aujourd'hui, les résultats montrent une moyenne de 89% de personnes heureuses. La cible a été fixée à 95% d'ici à 2021, avec l'objectif que le bien-être continue d'avoir des conséquences positives sur l'économie.