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Orphée aux Enfers de Kosky : «pyrotechnie visuelle et vocale» au Festival de Salzbourg

Orphée aux Enfers de Kosky : «pyrotechnie visuelle et vocale» au Festival de Salzbourg
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Quand la mythologie grecque rencontre le cancan ! Le réalisateur australien Barrie Kosky réinvente la célèbre opérette "Orphée aux Enfers" au Festival de Salzbourg, dans une production culottée et audacieuse qui fait parler d'elle, autant que la version originale des années 1850.

Cette année marque le 200ème anniversaire de la naissance de Jacques Offenbach, compositeur de la célèbre opérette. L'oeuvre se moque ouvertement des membres de la haute société parisienne en les présentant comme des dieux et des déesses - mais ces divinités passent leurs soirées à mentir, à tricher, à gémir.

Créé en 1850, "Orphée aux Enfers" est rapidement devenue un succès. Barrie Kosky, directeur artistique du Komische Oper de Berlin met en scène l'opérette à l'occasion du Festival de Salzbourg, un rendez-vous incontournable de la musique classique, créé en 1920.

Le célèbre orchestre Philharmonique de Vienne accompagne le ténor espagnol Joel Prieto et la soprano américaine coloratura Kathryn Lewek, qui interprètent respectivement les rôles d'Orphée et d'Eurydice. Ils sont tous deux lauréats du prix de chant Operalia (Joel : meilleure voix masculine en 2008 et prix Zarzuela et CulturArte-Prize / Kathryn: lauréate du troisième prix et du prix du public en 2013).

Une oeuvre "en avance sur son temps"

"C'est tellement en avance sur son temps" s'amuse Joel Prieto. "C'est la libération sexuelle, le caractère sacré du mariage. C'est presque comme se moquer de ça" poursuit-il. "Par exemple, la première scène entre Eurydice et Orphée est une bagarre dans un mariage ruiné. Ils se détestent".

"Cela me fait penser au féminisme en 2019" indique Kathryn Lewek, qui incarne le personnage d'Eurydice, une jeune femme qui souhaite se libérer, choisir son propre destin et ses amants. "En 1858, c'était un concept complètement nouveau [...] il y a, avec elle, un sentiment de libération irrésistible" décrit la soprano.

Tandis que la musique est jouée dans la langue originelle, le français, tous les sons (onomatopées) et les voix des personnages sont fournis par un narrateur. "Ce genre de comédie est à la fois un peu inconfortable, et tendre" analyse le ténor. «Parfois, vous regardez des scènes et vous dites : « Je ne devrais pas aimer ça, mais ça me plaît » décrit-il. "Du début à la fin, on ne veut pas cligner des yeux. On ne veut pas en perdre une miette".

Un défi athlétique et artistique

"Musicalement, la fin est mon moment préféré" confie l'interprète d'Eurydice. À ce moment là, la jeune femme "joue avec ses garçons danseurs et il existe des pyrotechnies vocales et des pyrotechnies visuelles. Et puis, bien sûr, il y a le cancan, qui est si emblématique. C'est vraiment incroyable de l'entendre réellement sur scène et d'en découvrir ses origines dans la pièce".

Le théâtre et la musique sont étroitement liés dans cette production, le tout à un rythme très élevé.

«Le plus gros défi est l'athlétisme sur scène associé au son. La plupart du temps, je sors de la scène et je suis essoufflée, j'ai besoin d'eau, et je transpire. Et ensuite, le plus grand défi consiste à revenir sur scène et à conserver cette énergie tout au long du spectacle" dit Kathryn Lewek.

"Orphée aux Enfers est au programme du Festival de Salzbourg jusqu'au 30 août 2019.

_Avec l'aimable participation de l'Arcotel Castellani de Salzbourg.
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Pour en savoir plus :

Festival de Salzbourg

Kathryn Lewek

Joel Prieto

Barrie Kosky