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Les Joyeuses Commères de Windsor : "de l'humour 100% allemand" à la Staatsoper de Berlin

Les Joyeuses Commères de Windsor : "de l'humour 100% allemand" à la Staatsoper de Berlin
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La Staatsoper de Berlin fête sa première production de la saison avec "Les Joyeuses Commères de Windsor" d'Otto Nicolai, une comédie pleine d'esprit sur l'infidélité et la suspicion inspirée d'une célèbre pièce de Shakespeare, mais dotée d'une saveur allemande.

Dans le rôle-titre du bon vivant Falstaff, la basse allemande René Pape. Le maestro Daniel Barenboim dirige cette partition pleine de jovialité. "Cette œuvre est dans l'ADN de ce pays : c'est de l'humour allemand à 100%," souligne le directeur général musical de la Staatsoper.

René Pape renchérit : "Oui, l'humour allemand existe même si [dans cet opéra] on __peut le qualifier de shakespearien ; mais il est clair que nous sommes des gens drôles."

"De nombreux clins d'œil"

"C'est ce qu'on remarque aussi dans la composition d'Otto Nicolai," poursuit la basse. "De nombreuses références à d'autres œuvres y sont imbriquées, elles sont présentes sous forme de clins d'œil," fait-il remarquer.

Le compositeur allemand avait lui-même assuré la direction musicale lors de la première de cette œuvre il y a 170 ans dans ce même opéra, avant de décéder peu de temps après à seulement 38 ans.

"Nicolai était évidemment, une personnalité très importante," explique Daniel Barenboim, "il est né en Allemagne, mais il a beaucoup travaillé à Vienne où il a fondé l'orchestre philharmonique."

Comme dans "Falstaff" de Verdi, cet opéra est centré sur ce "gras chevalier" qui a connu des jours meilleurs. Cet anti-héros tente de séduire deux femmes qui montent un complot contre lui et devient finalement, le cocu du village de Windsor.

"D'un côté," décrit le metteur en scène David Bösch, "il y a ces femmes de Windsor avec leur vie tranquille : elles tuent le temps et commencent à jouer avec quelqu'un qui est totalement différent d'elles et de l'autre, il y a ce monde de Falstaff qui a décidé de vivre sa vie différemment, en dehors des codes petits-bourgeois."

Un Falstaff "maladroit et attachant"

René Pape décrit son personnage : "Ce que j'aime chez ce type, c'est qu'il est maladroit et en même temps, attachant - c'est un pauvre bougre. J'essaie de le présenter d'une manière où parfois, il se remet en question," précise-t-il.

Otto Nicolai a qualifié son œuvre d'opéra-comique et fantastique. "Le passage fantastique, c'est ce Chœur à la Lune à la fin du troisième acte avec les elfes, les moustiques, les mouches et les moucherons : cela fait penser à un conte de fées," estime la basse allemande.

"Il y a cette tentative dans le troisième acte de montrer que soudain, ces mondes différents se désagrègent," ajoute le metteur en scène David Bösch. "La piscine reste en place, mais elle se retrouve entourée d'un paysage vide et ces mondes finissent par n'en former plus qu'un : on bascule dans un univers fantastique," conclut-il.

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