Boris Johnson affaibli par l'affaire Cummings

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Tous droits rĂ©servĂ©s Jonathan Brady/AP
Par Euronews avec AFP
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🇬🇧 Le conseiller spĂ©cial du gouvernement britannique Dominic Cummings n'a ni "proposĂ©" ni "envisagĂ©" de dĂ©missionner malgrĂ© l'indignation gĂ©nĂ©rale.

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Boris Johnson, qui a choisi de garder son conseiller spécial Dominic Cummings accusé d'avoir enfreint le confinement contre le coronavirus, n'est pas parvenu à éteindre la polémique et apparaßt affaibli avant l'annonce prochaine d'assouplissements des restrictions. Lors d'une conférence de presse ce lundi soir, le chef du gouvernement conservateur a dit regretter la "confusion" et la "colÚre" qui agitent le Royaume-Uni depuis trois jours.

AprÚs la longue explication de son conseiller Dominic Cummings face à la presse un peu plus tÎt dans la journée, "les gens se feront leur opinion", a-t-il ajouté.

Pas de démission envisagée

Face à des journalistes réunis dans les jardins de Downing street, le cerveau de la campagne du référendum de 2016 qui a abouti au Brexit, a expliqué qu'il n'avait ni "proposé" si "envisagé" de démissionner, en dépit de la foule d'appels en ce sens, y compris au sein de la majorité conservatrice.

Chronologie précise à l'appui, il a expliqué avoir choisi de se rendre avec sa femme et leur fils de quatre ans chez ses parents à Durham, à 400 km au nord-est de Londres, alors qu'il craignait avoir contracté le Covid-19, pour des raisons de garde d'enfant. La famille a séjourné dans un bùtiment de la propriété familiale.

Il a cependant reconnu qu'il n'avait pas discutĂ© de ce dĂ©placement avec le Premier ministre, qui venait d'ĂȘtre testĂ© positif au Covid-19, une "erreur", a-t-il dit, la seule qu'il ait concĂ©dĂ©e. "Je ne pense pas qu'il y ait une rĂšgle pour moi et une rĂšgle pour la population", a-t-il affirmĂ©, prenant Ă  rebours une formule martelĂ©e par l'opposition travailliste.

L'Eglise s'en mĂȘle

Boris Johnson avait volĂ© Ă  son secours la veille, affirmant que Dominic Cummings avait agi de "façon responsable, lĂ©gale et avec honnĂȘtetĂ©". Mais malgrĂ© son intervention, nombre de dĂ©putĂ©s conservateurs ont continuĂ© Ă  demander le dĂ©part du conseiller.

"C'est un cas classique du 'faites ce que je dis, pas ce que je fais'", a ainsi estimé l'ancien ministre conservateur Paul Maynard, "ça semble complÚtement indéfendable, sa position est intenable".

Le député de la majorité Simon Hoare juge quant à lui dans le Daily Mail que "tout reste d'espoir que toute cela s'estompe en 24 heures est perdu".

"C'était un test pour le Premier ministre et il a échoué", a réagi le chef de l'opposition travailliste Keir Starmer, dénonçant "une insulte aux sacrifices faits par le peuple britannique".

Les critiques dépassent largement le spectre politique. Selon l'un des scientifiques chargés de conseiller le gouvernement, le Pr Stephen Reicher, Boris Johnson a "laminé tous les conseils que nous lui avons donnés sur la maniÚre d'assurer la confiance et l'adhésion" des Britanniques aux consignes nécessaires pour lutter contre la propagation du virus.

Des responsables de l'Eglise ont abondĂ© dans le mĂȘme sens : "la question Ă  prĂ©sent est celle-ci : est-ce que l'on accepte que l'on nous mente et que le Premier ministre nous prenne pour des poires ?", a tweetĂ© l'Ă©vĂȘque de Leeds, Nick Baines.

Avant cette affaire, la cheffe des services sanitaires écossais puis un conseiller scientifique britannique avaient été épinglés pour n'avoir pas respecté les rÚgles du confinement. L'un et l'autre avaient immédiatement démissionné.

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