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La sonde Hope fait décoller les espoirs spatiaux des Émirats arabes unis

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Un journaliste travaille au centre spatial Mohammed Bin Rashid de Dubaï le 19 juillet 2020
Un journaliste travaille au centre spatial Mohammed Bin Rashid de Dubaï le 19 juillet 2020   -   Tous droits réservés  Jon Gambrell, AP   -   Credit: Dubai Tourism
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Après six ans de travail intense et de planification rigoureuse, les jeunes scientifiques et ingénieurs émiratis du Centre spatial Mohammed Bin Rashid de Dubaï ont atteint l'étape tant attendue du décollage de la sonde Hope à destination de Mars. Cette première mission interplanétaire entreprise par une nation arabe est un moment historique et intense pour toutes les personnes impliquées. Nous avons assisté au décollage à leur côté le 20 juillet dernier.

"On passe par toutes les émotions : on est enthousiaste, heureux et reconnaissant d'avoir cette opportunité et en même temps, très stressé et terrifié," indique Ayesha Al Sharafi, ingénieure senior sur la mission."Mais il y a un sentiment qui domine : c'est l'espoir," souligne-t-elle.

Ahmad Belhoul al-Falasi, président de l'Agence spatiale des Émirats arabes unis, renchérit : "On ne veut pas se réjouir trop vite, mais c'est difficile pour nous de cacher notre satisfaction. Cela fait six ans que l'on travaille sur cette mission : on vient de réussir le lancement, on attend la deuxième étape qui s'annonce cruciale," dit-il.

Premières étapes franchies

Après le soulagement suscité par ce décollage réussi, l'équipe se confronte à une série de moments décisifs en commençant par la séparation de la sonde et de la fusée lancée à 34.000 km/h.

"Cinq minutes après la séparation, nous allons déployer les panneaux solaires," décrit Ayesha Al Sharafi qui ajoute : "De 15 à 30 minutes après la séparation, nous capterons le premier signal et ensuite, nous enverrons des commandes à nos propulseurs de bord pour stabiliser la sonde et capter le rayonnement solaire."

Au final, les premières heures de vol se sont déroulées sans encombres. "Nous avons procédé au décollage et à la séparation de la sonde et du lanceur qui a eu lieu environ une heure après le lancement," précise Omran Sharaf, responsable de projet sur la mission. "Et juste après cela, environ 20 minutes plus tard," poursuit-il, "nous avons reçu le premier signal en provenance de la sonde."

Collaboration internationale

Même si elle a été développée à Dubaï, cette mission émiratie vers Mars n'aurait pas été possible sans une collaboration internationale.

"Au lieu de construire tout de A à Z, nous avons utilisé et loué des équipements disponibles à travers le monde," précise Omran Sharaf, responsable de projet. "Au lieu de créer notre propre réseau de communications avec l'espace lointain, nous utilisons celui de la NASA : nous l'avons connecté à notre salle des opérations à Dubaï," indique-t-il.

"Nous avons acheté des services auprès de Mitsubishi Heavy Industries, un groupe japonais qui lance des fusées : donc c'est très international et c'est la raison de notre succès," estime-t-il.

Reste que cette mission a eu bon nombre de défis à relever.

"On anticipe les choses auxquelles on peut être amené à faire face en termes de risques et de calendrier, etc. Mais le coronavirus n'en faisait pas partie, c'est clair," concède Mohsen Al Awadhi, ingénieur systèmes senior sur la mission.

"Dans ce contexte, on a dû transporter la sonde jusqu'au Japon plus tôt, environ un mois plus tôt que ce qui était prévu et rien que ça, c'était un grand obstacle que l'équipe a été capable de franchir," se félicite-t-il.

Des données pour tous, une découverte pour les Émirats ?

Quant au défi scientifique, la mission collectera des données qui seront mises gratuitement à la disposition de tous.

"La science, ce n'est pas une chose qu'une nation peut détenir : ce qui en fait toute la beauté, c'est que nous en bénéficions tous," assure Sarah Al Amiri, ministre des sciences avancées des Émirats.

"Le côté passionnant de la mission passe en premier lieu par la science et par la collecte de données scientifiques et la vérification et la validation des données que nous aurons traitées pour pouvoir les fournir au public et aux scientifiques du monde entier qui pourront ensuite les étudier et les utiliser dans leur domaine," déclare-t-elle. "Cela permettra aussi de lancer les recherches de notre équipe : on espère faire une découverte scientifique fin 2021 avec toutes les données que nous aurons rassemblées," fait-elle remarquer.

En attendant, cette mission a offert à l'équipe émiratie d'immenses connaissances pratiques, mais aussi l'espoir d'apporter sa pierre à une future exploration humaine de la planète rouge.