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France : les premières mesures du Conseil de défense écologique

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Barbara Pompili, ministre française de la Transition écologique
Barbara Pompili, ministre française de la Transition écologique   -   Tous droits réservés  euronews
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Le Conseil de défense écologique s'est réuni lundi matin à l'Elysée pour aborder "les premières mesures issues de la Convention Citoyenne pour le Climat, la lutte contre l'artificialisation des sols et la création de nouvelles aires protégées".

Rénovation thermique des bâtiments

Concernant la rénovation thermique des bâtiments, qui représente 20% des gaz à effet de serre, le gouvernement va introduire, par décret, la performance énergétique parmi les critères de la "décence" d'un logement dès le 1er janvier 2023", a indiqué indique Emmanuelle Wargon, la ministre française déléguée au Logement

"Cela permettra aux personnes qui vivent dans ces passoires thermiques - des logements qui consomment plus de 500 kW/h au m2 par an - d'exiger du propriétaire qu'il fasse des travaux, au risque que le juge interdise à ce dernier de percevoir un loyer, voire interdise la location d'un tel logement", poursuit-elle. Ce projet est actuellement soumis à consultation publique.

Il sera par ailleurs interdit d'installer des chaudières au fuel et au charbon dans des logements neufs et "nous obligerons aussi, à partir de janvier 2022, à remplacer les chaudières au fuel ou au charbon qui sont en panne par une chaudière plus vertueuse", poursuit la ministre.

"Nous allons interdire le chauffage extérieur sur l'espace public, les terrasses" et obliger à "fermer les portes pour tous les bâtiments chauffés ou climatisés ouverts au public". Ces mesures ne seront toutefois pas mises en oeuvre avant le printemps 2021, précise Barbara Pompili, la ministre française de la Transition écologique, justifiant ce délai par la crise du Covid-19.

« Nous allons interdire le chauffage extérieur sur l’espace public »

"Alors que le secteur des cafés restaurants est dans un état catastrophique, est-ce le moment de venir agiter ce chiffon rouge ?" s'est indigné auprès de l'AFP Didier Chenet, président du Groupement patronal des indépendants de l'hôtellerie-restauration (GNI).

"Nous sommes profondément choqués de la façon dont tout cela s'est décidé: où est la concertation promise par le gouvernement ? C'est insupportable et intolérable", a-t-il ajouté, assurant que "la profession n'est pas contre le développement durable: mais est-ce vraiment le moment ?".

Par ailleurs, la France s'est engagée à avoir 30% de sa surface terrestre protégée. Pour y parvenir, elle va créer "deux parcs naturels régionaux, au mont Ventoux [Vaucluse] et dans la baie de Somme-Picardie maritime" et "une réserve naturelle nationale, la forêt de la Robertsau, en Alsace", concrétisant des projets déjà dans les tuyaux.

Zones commerciales

Les 150 membres de la Convention citoyenne ont demandé un moratoire sur les nouvelles zones commerciales en périphérie des villes, qui grignotent des terres agricoles. Cette demande "a été reprise par le président et le premier ministre", rappelle Barbara Pompili.

"Avant la coupure estivale, nous enverrons une circulaire aux préfets pour leur demander de veiller scrupuleusement à cette question d'artificialisation dans les dossiers d'autorisation commerciale. Sur tous les nouveaux projets susceptibles de détruire des terres agricoles ou des espaces naturels, ils saisiront la commission nationale d'aménagement commercial", fait savoir la ministre.

"On a besoin de mesures d'ordre législatif", a précisé le ministère. Un projet de loi est prévu à l'automne pour qu'il puisse être examiné début 2021.