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Les violences dans la région éthiopienne du Tigré inquiètent l’UE

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Par Efi Koutsokosta
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Les violences dans la région éthiopienne du Tigré inquiètent l’UE
Tous droits réservés  EDUARDO SOTERAS/AFP
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Depuis plusieurs mois l'Ethiopie est déchirée par un conflit armé. Les violences entre le gouvernement et le Front de libération du peuple du Tigré ont fait plusieurs milliers de victimes et ont entrainé le déplacement de plus de 2 millions de personnes.

La région du Tigré est située au nord du pays, à 700 km de la capitale Addis-Abeba, et compte 6 millions d'habitants. L'envoyé spécial de l'Union européenne, le ministre finlandais des Affaires étrangères Pekka Haavisto s'est rendu sur place. Ses constations sont alarmantes. "Nous avons vu des femmes, des filles victimes de violences sexuelles. Et il semblerait que dans ce conflit les violences sexuelles, les viols et des gangs de violeurs soient employés comme une arme contre la population civile", explique le diplomate. Face à l’ampleur des combats Pekka Haavisto craint aussi une crise des réfugiés.

L'instabilité dépasse les frontières éthiopiennes et s'étend en Erythrée et au Soudan ce qui pourrait déstabiliser l'ensemble de la Corne de l'Afrique. "Nous ne voyons pas le signe d'une diminution des tensions. L'Erythrée s'est engagée à quitter la région mais nous n'avons pas observé les signaux d'un retrait des troupes. Les forces érythréennes sont toujours sur le terrain", souligne le ministre finlandais. Il ajoute que les personnes qui vivent dans certaines régions montagneuses du Tigré n’ont pas encore eu accès à l’aide humanitaire.

Délicate influence extérieure

L'UE a imposé des sanctions contre l'Erythrée pour violations de droits de l'homme et son engagement dans le conflit éthiopien. Le chef de la diplomatie européenne, Josep Borrell, a assuré que les 27 enverraient des observateurs pour les suivre les élections législatives prévues en juin en Ethiopie, sauf si la situation venait à se détériorer.

Le responsable du programme Afrique auprès du European Council on Foreign Relations évoque le cas particulier de l’Ethiopie. Addis-Abeba "n'est pas très ouvert à l'assistance extérieure dans ce genre de situation, lorsqu'il faut trouver une solution politique, une solution et mettre en place des négociations", précise Theodore Murphy qui dessine aussi le risque d’une dynamique politique négative. "Plus la pression internationale progresse pour pousser l'Ethiopie à changer, plus le gouvernement éthiopien a tendance à se refermer sur lui-même. On voit une sorte de mentalité de forteresse qui se développe", précise le chercheur.

La Commission européenne a annoncé la semaine dernière le déblocage d’une enveloppe de plus de 53 millions d'euros d'aide humanitaire pour l'Ethiopie, une enveloppe suspendue en décembre en raison des difficultés à acheminer ce soutien dans la région du Tigré et ses alentours.

Journaliste • Grégoire Lory