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Pesticides de synthèse, loi CO2, lutte contre le terrorisme : les résultats des votations en Suisse

Par Euronews
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Pesticides de synthèse, loi CO2, lutte contre le terrorisme : les résultats des votations en Suisse
Tous droits réservés  AP / Martial Trezzini
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Non à l'interdiction des pesticides de synthèse : c'est le choix exprimé dimanche par les Suisses, qui étaient appelés aux urnes ce dimanche pour une série de votations.

"C'est un choix de la raison et du pragmatisme, c'est un choix qui garantit l'avenir de notre agriculture et qui assure la sécurité alimentaire de notre pays. Ce double non donne la possibilité au monde agricole de poursuivre ses réformes de transition vers une production plus durable", a réagi le président suisse, Guy Parmelin, en conférence de presse.

  • Interdiction des pesticides de synthèse

Un premier texte, qui demandait l'interdiction des pesticides de synthèse dans un délai de 10 ans, ainsi que de toute importation de denrées alimentaires produites à l'étranger à l'aide de ces produits ou en contenant, a été rejeté à 60,56%, selon les résultats définitifs.

Une autre initiative - rejetée à 60,68% - prévoyait de conditionner les subventions publiques aux agriculteurs qui n'utilisent pas de pesticides ou d'antibiotiques.

Les deux initiatives étaient soutenues par les écologistes et la gauche, mais la Confédération les jugeaient dangereuses pour la souveraineté alimentaire du pays. Il faut dire aussi que la Suisse abrite un des plus grands fabricants de produits phytosanitaires.

  • Loi CO2

Les Suisses se sont également prononcé à 51,59% contre la loi sur le CO2 qui prévoyait d'introduire des taxes sur le mazout et le gaz naturel, ainsi que sur les billets d'avion au départ de la Suisse. La loi prévoyait aussi que les importateurs d'essence et de diesel paient une compensation aux émissions carbone, qui peuvent être en partie répercutés sur les prix à la pompe.

Ces mesures visaient à réduire d'ici à 2030 les émissions de CO2 de 50% par rapport à 1990. Mais elles ont été jugées par les détracteurs de loi CO2 comme trop négatives pour le pouvoir d'achat des Suisses.

"Le non sorti des urnes aujourd'hui n'est pas un non à la protection du climat. (...) De nombreuses personnes veulent renforcer la protection du climat mais pas de cette manière", a déclaré la ministre de l'Environnement et de l'Energie. "Le changement climatique reste urgent, c'est pourquoi il faut avancer et trouver un chemin très vite".

Pour le WWF, "les vainqueurs de la votation d'aujourd'hui auront à rendre des comptes demain. La Suisse provoque déjà des dégâts climatiques pour près de 20 milliards de francs par année".

  • Lutte contre le terrorisme

Les électeurs étaient en revanche plus de 56% à soutenir la loi sur les mesures de lutte contre le terrorisme qui donne à la police les moyens d'agir plus facilement à titre préventif face à un "terroriste potentiel". La police pourra ainsi mieux les surveiller, limiter leurs déplacements et les obliger à participer à des entretiens, et ce dès l'âge de 12 ans.

"La Suisse aura désormais la loi antiterroriste la moins professionnelle, la plus inefficace et la plus dangereuse du monde - un embarras majeur pour la Suisse en tant qu'État de droit", a déclaré à l'AFP le Rapporteur de l'ONU sur la torture Nils Melzer, après le vote.

"Avec cette loi, la Suisse se dote d'une définition du terrorisme imprécise qui ouvre la porte à l'arbitraire policier. Propager la crainte dans une intention politique sera déjà considéré comme du terrorisme, même si aucune menace d'acte violent n'est établie", a déploré Patrick Walder, directeur de campagne chez Amnesty International Suisse.

Même si la Suisse a été épargnée par les attentats djihadistes qui ont frappé l'Europe, la menace reste "élevée" selon les autorités, qui ont fait valoir qu'"en 2020 deux attaques au couteau, probablement à motivation terroriste, ont eu lieu", à Morges et Lugano.

  • Loi Covid

Les Suisses ont également dit oui à la loi Covid qui vise, entre autres, à soutenir financièrement des secteurs de l'économie de la culture et du sport touchés par la pandémie. Le texte a obtenu le soutien de 60,21% des électeurs.