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La Russie exige que l'Arménie choisisse entre l'UE et l'UEEA avant décembre

Le Premier ministre arménien Nikol Pachinian
Le Premier ministre arménien Nikol Pachinian Tous droits réservés  Alexander Miridonov, Sputnik, Government Pool Photo via AP
Tous droits réservés Alexander Miridonov, Sputnik, Government Pool Photo via AP
Par Alexandra Iagodkina
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La Russie exige un référendum en Arménie sur le choix stratégique entre l'Union eurasiatique et l'UE, menaçant de couper à Erevan ses livraisons de pétrole et de gaz.

Le ministère russe des Affaires étrangères a posé un ultimatum à l'Arménie, en lui demandant d'organiser d'ici décembre de cette année un référendum national au cours duquel les citoyens arméniens devront décider si leur pays doit rejoindre l'Union européenne (UE) ou rester membre de l'Union économique eurasiatique (UEEA, parfois aussi appelé Union économique eurasienne).

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Selon le vice-ministre russe des Affaires étrangères, Mikhaïl Galouzine, le choix de la date est lié à la réunion des membres de l'UEEA prévue en décembre. Les dirigeants de la Russie, du Bélarus, du Kazakhstan et du Kirghizistan y discuteront "des conséquences possibles de la suspension, pour l'Arménie, de l'application du traité sur l'UEEA", a ajouté Galouzine.

"Il est évident que si, d'ici là, l'appel à organiser un référendum n'est pas entendu, les dirigeants en tiendront compte lorsqu'ils définiront leurs prochaines actions conjointes", a déclaré le vice-ministre dans un entretien à l'agence de presse d'État.

Le même jour, Sargis Khandanyan, député du parti au pouvoir en Arménie, Contrat civil, a affirmé qu'un tel référendum ne pouvait pas être organisé "sur une question qui, tout simplement, ne se pose pas" . "L'appartenance de l'Arménie sert les intérêts de notre pays comme ceux des États membres de l'UEEA", et "l'Arménie continuera de contribuer politiquement et financièrement à son fonctionnement", a assuré le député.

Arménie veut "créer une alternative"

Au printemps dernier, le Parlement arménien a adopté un texte lançant le processus d'adhésion à l'Union européenne. Cela ne signifie toutefois pas que le pays a déjà déposé une demande officielle d'adhésion.

Pourtant, le slogan de l'intégration européenne a été l'un des thèmes centraux de la campagne du parti du Premier ministre Nikol Pachinian, Contrat civil, qui a remporté les élections législatives en juin de cette année, devançant l'opposition pro-russe.

"La République d'Arménie poursuivra les réformes nécessaires pour satisfaire aux critères d'adhésion à l'Union européenne aussi longtemps qu'il le faudra, jusqu'à leur mise en œuvre complète. Quand l'Arménie aura rempli ces critères, l'adhésion à l'UE deviendra une décision politique qui dépendra de la volonté de l'Union de l'accepter", déclarait Pachinian (source en russe), en présentant le programme de son parti.

Il soulignait toutefois que ces projets restent "théoriques" et que, tout en se rapprochant de l'UE, l'Arménie compte rester au sein de l'UEE aussi longtemps que possible.

Le 7 août, Pachinian a participé au sommet de la Communauté économique eurasiatique au Kirghizstan, où la question de la double appartenance de l'Arménie aux deux blocs a été abordée. Le chef du gouvernement arménien a expliqué que le pays cherche à "créer une alternative". "Nous comprenons qu'il est impossible d'appartenir simultanément à l'UEEA et à l'UE. Mais le simple fait d'avoir adopté une loi sur l'adhésion à l'UE ne signifie pas que l'Arménie a aujourd'hui la possibilité d'en devenir membre".

Il a également présenté le renforcement de la coopération avec les pays de l'UEEA comme l'une des priorités du nouveau gouvernement et promis qu'elle serait inscrite dans son programme.

Malgré le resserrement du partenariat avec l'Europe et le vaste paquet de mesures économiques et politiques de soutien, annoncé par la présidente de la Commission européenne Ursula von der Leyen lors de sa visite à Erevan en juillet, les perspectives d'adhésion de l'Arménie au bloc européen restent pour l'instant floues. L'économie de la république demeure en effet étroitement liée aux accords de l'UEE sur le commerce et l'accès aux marchés des pays membres du bloc.

C'est précisément sur ces leviers que s'appuie le Kremlin, qui tente de ramener son ancien allié stratégique dans sa sphère d'influence.

"Divorce civilisé" ou "scénario ukrainien"

En avril, Vladimir Poutine a reçu Nikol Pachinian au Kremlin, lui faisant clairement comprendre que Moscou ne tolérerait pas un rapprochement d'Erevan avec Bruxelles, et l'a menacé devant les caméras d'une révision des conditions des contrats gaziers.

Mais dès le mois de mai, l'Arménie a accueilli le sommet de la Communauté politique européenne, avec la participation de plusieurs dirigeants du continent, dont le président ukrainien Volodymyr Zelensky, ce qui a provoqué une irritation particulière au Kremlin.

C'est à ce moment-là que Vladimir Poutine a avancé l'idée d'un référendum en Arménie sur l'adhésion à l'UE.

"Ce serait tout à fait logique d'organiser un référendum et de demander aux citoyens arméniens quel serait leur choix. En fonction de cela, nous tirerions les conclusions qui s'imposent et nous engagerions sur la voie d'un divorce doux, civilisé et mutuellement bénéfique", a déclaré le président russe.

Le dirigeant russe a toutefois assorti sa recommandation d'une allusion à la guerre en Ukraine qui, selon lui, a commencé avec la volonté de ce pays de devenir membre de l'Union européenne. "Nous voyons tous ce qui se passe aujourd'hui avec l'Ukraine. Mais par quoi tout a commencé ? Par la tentative de l'Ukraine d'adhérer à l'UE", a déclaré Poutine.

"Nous n'entrerons pas dans une guerre de mots avec la Russie, nous défendrons calmement la position de l'Arménie", avait alors répondu le Premier ministre arménien, précisant qu'il ne voyait pas la nécessité d'un référendum.

Peu après les élections en Arménie, la Russie a commencé à introduire progressivement des "restrictions temporaires" sur les importations de produits arméniens. À Erevan, ces mesures ont été critiquées comme contraires au cadre juridique régissant les relations entre les deux pays. Nikol Pachinian a, lui, estimé qu'elles "alimentent une perception négative de l'UEE" dans son pays.

Selon les médias arméniens, les prochaines mesures de Moscou, en plus des restrictions sur le commerce, les exportations et les livraisons de gaz et de pétrole, pourraient viser les liaisons aériennes et les flux touristiques entre les deux pays, ainsi qu'un durcissement de la politique migratoire à l'égard des citoyens arméniens.

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