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Le commandant de l'OTAN en Afghanistan quitte définitivement le pays

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Par euronews avec AFP
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Cérémonie de départ du commandant des forces américaines et de l'OTAN en Afghanistan, le général Austin Scott Miller, Kaboul, Irak, 12 juillet 2021.
Cérémonie de départ du commandant des forces américaines et de l'OTAN en Afghanistan, le général Austin Scott Miller, Kaboul, Irak, 12 juillet 2021.   -   Tous droits réservés  Ahmad Seir/Copyright 2021 The Associated Press. All rights reserved.
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Le commandant des forces américaines et de l'OTAN en Afghanistan, le général Austin Scott Miller, a cédé son poste ce lundi lors d'une cérémonie à Kaboul. Un nouveau symbole du retrait définitif des troupes étrangères, alors que les talibans continuent de gagner du terrain dans le pays.

Près de vingt ans après les attentats du 11 septembre et l'invasion éclair lancée suite au refus du régime taliban de livrer le chef d'Al-Qaïda, Oussama ben Laden, les Etats-Unis tournent une page de plus dans la guerre d'Afghanistan.

Les opérations de soutien menées par les Etats-Unis en Afghanistan seront à présent supervisées depuis le sol américain, par le biais du Commandement central de l'armée américaine (Centcom), basé en Floride et dirigé par le général Kenneth McKenzie.

Ce transfert traduit "un changement de posture, mais pas un changement dans notre résolution à soutenir nos partenaires", a déclaré le général.

Les Etats-Unis et leurs alliés vont se retirer complètement d'Afghanistan d'ici fin août. Environ 2 500 soldats américains et 7 000 militaires de différents pays alliés étaient présents dans le pays lorsqu'ils ont entamé début mai leur retrait.

Ce retrait est achevé à plus de 90%, selon l'armée américaine, qui aurait dépensé quelque 2 000 milliards de dollars en vingt ans d'une campagne dont la fin a un goût amer.

David Goldman/AP2009
Evacuation d'un soldat américain blessé au combat en 2009, pendant la guerre d'AfghanistanDavid Goldman/AP2009

Les contingents allemand (environ 1 100 hommes) et italien (environ 900 hommes) ont déjà quitté l'Afghanistan, et la plupart des 750 soldats britanniques ont regagné leur pays, selon le Premier ministre Boris Johnson.

Risque d'une vague migratoire

Depuis l'annonce du retrait américain, les talibans multiplient les offensives dans les régions rurales du pays. Ils se sont emparés de larges zones, alors que l'armée afghane désormais privée du crucial soutien aérien américain.

Le 10 juillet, les talibans ont affirmé contrôler 85 % du territoire, chiffre fermement démenti par les autorités afghanes. Plusieurs zones voisines de Kaboul sont récemment tombés aux mains des talibans, faisant craindre qu'ils n'attaquent prochainement la capitale.

La pays est menacé par "l’avènement d’un régime qui, sous couvert d’une application rigoriste de règles religieuses, serait un régime dictatorial, refusant des élections libres, réalisant la suprématie d’un groupe sur les autres, ne permettant pas aux femmes de vivre librement et dignement", selon une tribune d'intellectuels publiée dans Le Monde.

Ces événements pourraient pousser de nombreux Afghans à l’exil et l'Europe s'inquiète d'une prochaine vague de réfugiés. En France, les Afghans sont la première nationalité de demandeurs d’asile. Selon une information obtenue par Le Figaro, le ministère français des Affaires étrangères a donné pour consigne au consulat de France à Islamabad de ne plus octroyer de visa aux Afghans.