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Le président de la Guinée-Bissau indemne, après une tentative de coup d'État

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Par Euronews  avec AFP
Le président de la Guinée-Bissau indemne, après une tentative de coup d'État
Tous droits réservés  SCHALK VAN ZUYDAM/AP2005

Le président de la Guinée-Bissau, Umaro Sissoco Embalo, a échappé mardi à une tentative de coup d'Etat qui a fait plusieurs blessés graves et des morts selon lui, dernier en date d'une série de coups de force à travers l'Afrique de l'Ouest.

"Les assaillants auraient pu me parler avant ces événements sanglants ayant fait plusieurs blessés graves et des morts", a-t-il dit mardi soir devant la presse indemne et serein, après être resté coincé avec les ministres dans le palais du gouvernement, théâtre pendant plusieurs heures l'après-midi d'échanges de tirs nourris.

"Un acte isolé"

Il s'est retrouvé "sous des tirs d'armes lourdes pendant cinq heures", aux côtés de son aide de camp, de deux gardes du corps et d'une ministre, tandis que les combats faisaient rage, a-t-il raconté.

Il n'a pas désigné clairement les auteurs du coup de force, mais l'a attribué aux "décisions (qu'il a) prises, notamment la lutte contre le narcotrafic et la corruption". Il a parlé d' "acte très bien préparé et organisé", mais aussi d'acte "isolé".

"La situation est sous contrôle"

Un peu plus tôt, il avait écrit "Je vais bien Alhamdoulillah" (Dieu merci), sur son compte Twitter. "La situation est sous contrôle gouvernemental".

Selon différents témoignages, des hommes en armes sont entrés en début d'après-midi dans le complexe du palais du gouvernement, qui abrite les différents ministères en périphérie de la capitale, près de l'aéroport, et où devait se tenir un conseil des ministres extraordinaire en présence du président et du Premier ministre Nuno Gomes Nabiam. Des témoignages ont présenté ces hommes comme des militaires, d'autres comme des civils.

Des tirs nourris ont ensuite été entendus une bonne partie de l'après-midi. Les alentours du palais ont été en proie à des mouvements d'habitants fuyant les lieux.

Des hommes lourdement armés ont encerclé le complexe, où le président et les ministres étaient présumés bloqués, sans qu'on sache si ces hommes étaient des mutins ou des forces loyales au pouvoir.

LUDOVIC MARIN/AFP or licensors
Le président de la Guinée-Bissau, Umaro Sissoco Embalo au Palais de l'Elysée à Paris, le 11/11/2021LUDOVIC MARIN/AFP or licensors

Putschs et corruption

Un large cordon sécuritaire a été mis en place autour du palais, tenant les journalistes et les curieux à distance.

Avant le message du président, la Communauté économique des Etats de l'Afrique de l'Ouest (Cédéao) avait condamné "cette tentative de coup d'Etat et (tenir) les militaires responsables de l'intégrité physique du président Umaro Sissoco Embalo et des membres de son gouvernement".

Même son de cloche à l'Union africaine, dont le président de la Commission, Moussa Faki Mahamat, a dit suivre "avec grande inquiétude la situation en Guinée-Bissau, marquée par une tentative de coup d'Etat", selon un communiqué.

Des coups de force à répétition

La Guinée-Bissau, petit pays d'environ deux millions d'habitants frontalier du Sénégal et de la Guinée, est abonnée aux coups de force politique. Depuis son indépendance du Portugal en 1974 après une longue guerre de libération, elle a connu quatre putschs (le dernier en 2012), une kyrielle de tentatives de coup d'Etat et une valse des gouvernements.

Depuis 2014, elle s'est engagée vers un retour à l'ordre constitutionnel, ce qui ne l'a pas préservée de turbulences à répétition, mais sans violence.

Le pays pâtit d'une corruption endémique. Il passe aussi pour une plaque tournante du trafic de cocaïne entre l'Amérique latine et l'Europe. Les forces armées jouent un rôle prééminent.