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La gauche argentine dénonce l'accord conclu avec le FMI

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Par Euronews  avec AFP, A¨P
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Des manifestants assis devant un graffiti où l'on peut lire en espagnol "Mort au FMI" après une manifestation à Buenos Aires (Argentine), mardi 8 février 2022.
Des manifestants assis devant un graffiti où l'on peut lire en espagnol "Mort au FMI" après une manifestation à Buenos Aires (Argentine), mardi 8 février 2022.   -   Tous droits réservés  Photo : Rodrigo Abd (Copyright 2022 The Associated Press. All rights reserved.)

Plusieurs milliers de partisans de la gauche en Argentine ont défilé mardi à Buenos Aires pour dénoncer l'accord conclu entre le gouvernement de centre-gauche du président Alberto Fernandez et le Fonds monétaire international (FMI) sur le remboursement d'un prêt de 38 milliards d'euros (44 milliards de dollars).

_ "Non à l'accord avec le FMI, non au paiement de la dette extérieure"_

Avec le mot d'ordre "Non à l'accord avec le FMI, non au paiement de la dette extérieure", les militants d'environ 200 mouvements et associations se sont rassemblés devant le palais du gouvernement, pour réclamer la rupture des négociations avec l'institution internationale, a constaté l'AFP.

Photo : Rodrigo Abd (Copyright 2022 The Associated Press. All rights reserved.)
Des groupes de gauche protestent à Buenos Aires, mardi 8 février 2022, contre la décision du gouvernement de conclure un accord avec le FMI.Photo : Rodrigo Abd (Copyright 2022 The Associated Press. All rights reserved.)

Le gouvernement du président Fernandez doit "se souvenir de l'histoire argentine : tous les accords avec le FMI depuis 1983 ont amené le chaos, se sont terminés en ajustements (structurels), en hyperinflation et en crises sociales énormes", a déclaré à l'AFP Myriam Bregman, députée du Front de gauche et des travailleurs (FIT).

Le gouvernement "doit prouver pourquoi cela serait différent" cette fois, a-t-elle ajouté.

Le 28 janvier, le président argentin a annoncé un accord de principe avec le FMI sur le rééchelonnement d'un prêt de 38 milliards d'euros (44 milliards de dollars) accordé en 2018 au gouvernement de son prédécesseur de centre droit, Mauricio Macri (2015-2019).

L'accord prévoit des échéances jusqu'à 2036 en contrepartie de réformes économiques, en particulier une réduction progressive du déficit budgétaire et un contrôle de l'inflation.

"Tous les accords avec le FMI depuis 1983 ont amené le chaos, se sont terminés en ajustements (structurels), en hyperinflation et en crises sociales énormes"
Myriam Bregman
Députée du Front de gauche et des travailleurs (FIT)

Selon le gouvernement, cet accord n'affectera pas les dépenses sociales ni la croissance économique.

L'accord "n'a rien à voir avec les besoins du peuple argentin, mais avec une dette illégitime et impayable", a dénoncé Vilma Ripoll, une autre responsable du FIT.

L'accord doit encore être ratifié par le Parlement où la coalition au pouvoir représente le plus grand groupe, mais ne détient pas la majorité.

Le gouvernement espère définir les termes du nouveau programme de financement avant l'échéance du 22 mars, où 2,49 milliards d'euros (2,85 milliards de dollars) doivent être remboursés par l'Argentine qui n'en a pas les moyens, selon le ministre de l'économie Martin Guzman.

Après trois ans de récession, dont les deux derniers liés à l'impact de la pandémie de Covid-19, l'économie argentine a connu un fort rebond en 2021, avec 10,3 % de croissance pour les onze premiers mois de l'année (4 % prévus pour 2022).

Mais l'inflation reste très élevée, à environ 50,9 % pour 2021 (33 % pour 2022), ainsi que la pauvreté qui touche 40 % de la population.