Les autorités locales de Crans-Montana ont admis ne pas avoir effectué d'inspections de sécurité et d'incendie au bar Le Constellation, où un incendie a fait 40 morts et 116 blessés lors des célébrations du Nouvel An.
Les autorités locales de la ville de Crans-Montana, ont déclaré mardi qu'elles n'avaient pas effectué d'inspections périodiques en matière d'incendie et de sécurité au cours des cinq dernières années dans un bar où un brasier a tué 40 personnes et en a blessé 116 autres la nuit du Nouvel an.
"Les inspections périodiques n'ont pas été effectuées entre 2020 et 2025. Nous le regrettons amèrement", a déclaré le maire de Crans-Montana, Nicolas Féraud, lors d'une conférence de presse dans la station de ski alpine, cinq jours après la catastrophe.
L'édile, selon ses propres dires, ne pouvait pas expliquer immédiatement pourquoi les inspections de sécurité n'avaient pas été effectuées depuis si longtemps. Il a ajouté que le conseil "n'avait pas d'indication que les contrôles n'avaient pas été effectués".
Les enquêteurs ont déclaré qu'ils pensaient que les bougies festives placées sur des bouteilles de champagne avaient déclenché l'incendie parce qu'elles s'étaient approchées trop près du plafond, dont une partie était composé d'une mousse très inflammable.
Les autorités cherchent à savoir si l'insonorisation de ce plafond était conforme à la réglementation et si l'utilisation de bougies était autorisée dans le bar.
Lors de la conférence de presse, Nicolas Féraud a déclaré qu'un expert externe avait été chargé d'effectuer une analyse de l'insonorisation en septembre dernier et qu'il avait conclu que le bar était conforme aux règles anti-bruit.
Cependant, l'expert n'a pas examiné l'état des panneaux de mousse insonorisante du bar et "s'ils étaient ignifugés", selon le le président du Conseil communal de Crans-Montana.
Le maire a également annoncé l'interdiction de tous les types de bougies festives ou magiques dans les établissements locaux, qualifiant cette décision d'"évidente".
Il a aussi affirmé qu'il ne démissionnerait pas, laissant aux juges le soin de déterminer si le conseil communal serait impliqué dans une enquête pénale sur l’incendie.
Les autorités suisses ont ouvert une enquête criminelle sur les gérants du bar, un couple de français âgés de 40 et 49 ans. Ils sont soupçonnés d'homicide involontaire, de lésions corporelles involontaires et d'avoir involontairement provoqué un incendie, selon le procureur général du Valais. Ils ont pour l'heure été laissés en liberté.
La gravité des brûlures a rendu difficile l'identification de certaines victimes de l'incendie qui s'est déclaré aux premières heures du jour de l'An, obligeant les familles à fournir aux autorités des échantillons d'ADN.
Les enquêteurs ont achevé le travail d'identification des 40 victimes dimanche, dont neuf Français, et ont déclaré lundi qu'ils avaient les noms des 116 personnes blessées.
On sait désormais que la moitié des victimes décédées étaient mineurs.
Une cérémonie d’hommage est prévue ce vendredi dans l'après midi à Crans-Montana. Le président Emmanuel macron s'y rendra, ainsi que son homologue italien Sergio Mattarella. Des représentants de la Belgique, du Portugal, de la Turquie et de la Roumanie, 4 pays qui ont perdu des ressortissants dans l'incendie**,** seront aussi présents.