Loader
Suivez-nous
Publicité

Un autre pétrolier touché par un drone alors que la tension monte dans le détroit d'Ormuz

DOSSIER. Des pêcheurs travaillent devant des pétroliers au sud du détroit d'Ormuz, janvier 2012.
DOSSIER. Des pêcheurs travaillent devant des pétroliers au sud du détroit d'Ormuz, janvier 2012. Tous droits réservés  AP Photo/Kamran Jebreili
Tous droits réservés AP Photo/Kamran Jebreili
Par Quirino Mealha
Publié le Mis à jour
Partager Discussion Suivez Euronews sur Google
Partager Close Button

Un pétrolier a été heurté près du détroit d'Ormuz, marquant une nouvelle attaque dans la zone qui a déclenché une explosion et causé la mort d'un membre d'équipage.

Un pétrolier battant pavillon de la République des Îles Marshall a été attaqué par un drone à 52 milles nautiques (96,3 km) au large de Mascate, selon le Centre de sécurité maritime d'Oman (MSC).

PUBLICITÉ
PUBLICITÉ

Le navire, nommé MKD VYOM, transportait environ 59 463 tonnes métriques de marchandises et l'attaque a déclenché une explosion dans la salle des machines principale, ce qui a provoqué un incendie. Un membre d'équipage indien a été tué.

Il y avait 21 personnes de différentes nationalités à bord, dont 16 Indiens, quatre Bangladais et un Ukrainien. Le MSC d'Oman a évacué l'équipage à l'aide du navire commercial MV SAND, qui bat pavillon de la République du Panama.

Les auteurs de l'attaque n'ont pas été précisés.

Déclaration du MSC d'Oman sur l'attaque

Les autorités d'Oman ont déclaré qu'elles surveillaient l'état du pétrolier endommagé et qu'elles émettaient les avertissements nécessaires aux navires traversant la même zone maritime dans le golfe d'Oman, près du détroit d'Ormuz.

L'incident révèle l'escalade du danger dans la région maritime, alors que les prix du pétrole brut ont grimpé en flèche lundi matin. Les négociants parient sur l'arrêt des livraisons de pétrole en provenance d'Iran et d'autres pays du Moyen-Orient.

Le prix du baril de pétrole brut de référence américain est en hausse de 7 % et se négocie à 72 dollars, tandis que le prix du baril de Brent a également grimpé de 7 % pour atteindre 78,4 dollars au moment de la rédaction du présent rapport.

Dimanche, le MSC d'Oman avait déjà signalé une première attaque contre un pétrolier battant pavillon des Palaos au large des côtes de Musandam. La déclaration sur l'incident n'a pas précisé qui ou quoi avait attaqué le navire qui aurait fait l'objet de sanctions de la part des États-Unis.

Les géants du transport maritime suspendent leurs activités

Au cours du week-end, les frappes américaines et israéliennes sur l'Iran ont incité la marine iranienne à interdire le passage commercial par le détroit d'Ormuz.

Bien qu'aucune fermeture internationale officielle n'ait été émise par les autorités maritimes reconnues, les menaces et les attaques directes contre les navires ont fait grimper en flèche l'assurance contre les risques de guerre, et les risques de sécurité extrêmes ont entraîné un arrêt presque total des opérations de transport maritime.

Les principales compagnies de transport maritime par conteneurs ont réagi rapidement pour protéger leurs équipages et leurs biens.

Maersk, Hapag-Lloyd et CMA CGM ont annoncé la suspension de tous les transits de navires par le détroit d'Ormuz jusqu'à nouvel ordre, en dirigeant les navires se trouvant dans le golfe Persique ou s'y rendant vers des mouillages sûrs et en réorientant de nombreux services autour du cap de Bonne-Espérance, tout en interrompant les passages par le canal de Suez.

MSC a demandé à tous ses navires de la région du Golfe, ainsi qu'à ceux qui sont en transit, de se rendre dans des abris sûrs désignés et a temporairement suspendu les réservations de fret mondial à destination du Moyen-Orient.

DOSSIER. Le porte-conteneurs Maersk Emerald en cours de déchargement, juil. 2018
DOSSIER. Le porte-conteneurs Maersk Emerald en train d'être déchargé, juil. 2018 AP Photo/Ben Margot

Les compagnies japonaises NYK, Mitsui O.S.K. Lines et Kawasaki Kisen ont également interrompu toutes leurs opérations sur le détroit d'Ormuz, les navires étant en attente ou ancrés dans des eaux sûres à l'extérieur du détroit depuis samedi soir.

En ce qui concerne le pétrole et le gaz, plusieurs grandes compagnies pétrolières, propriétaires de pétroliers et maisons de commerce ont suspendu leurs expéditions de brut, de carburant et de GNL via le détroit.

Des données indépendantes de suivi des navires provenant de plusieurs sources, dont Reuters, confirment une baisse d'environ 70 % du trafic maritime global dans la voie d'eau à partir de la fin de la journée de samedi, et une baisse de 40 à 50 % de l'activité dans les principales voies de navigation à partir de dimanche.

Au moins 150 transporteurs de brut et de GNL ont jeté l'ancre dans les eaux libres du Golfe au-delà du détroit, au large des Émirats arabes unis, de l'Arabie saoudite, du Qatar et d'autres ports régionaux.

Le détroit lui-même ne fait pas l'objet d'un blocus permanent ou universellement reconnu, mais les opérations commerciales ont effectivement été interrompues pour le moment en raison de la combinaison des risques et des retraits des assureurs.

Cette situation a interrompu environ 20 à 30 % du commerce mondial de pétrole par voie maritime et une part substantielle des flux de GNL.

Accéder aux raccourcis d'accessibilité
Partager Discussion Suivez Euronews sur Google

À découvrir également

L'Iran intensifie ses frappes de représailles dans le Golfe, premier discours d'Emmanuel Macron

L'Ukraine cible un navire lié aux échanges militaires entre la Russie et l'Iran

Le cercueil d'Ali Khamenei est porté dans les rues de Téhéran