En parallèle d'un défilé organisé par le parti au pouvoir, des milliers de manifestants se sont rassemblés dans les rues de Tbilissi pour redire leur souhait d'intégrer l'Union européenne.
La Géorgie a célébré, ce mardi 27 juin, le 35e anniversaire de son indépendance avec un défilé auquel ont assisté plusieurs responsables politiques du Rêve géorgien, le parti actuellement au pouvoir.
L’événement, qui s’est déroulé sur la place de la Liberté à Tbilissi sous les yeux de quelques représentants du Patriarcat géorgien, a également mis en avant les nouvelles recrues de l’armée, qui ont alors prêté serment.
Plus tard dans la journée, des milliers de Géorgiens sont descendus dans les rues de la capitale à l'occasion d'un rassemblement pro-européen.
Cette journée intervient dans un contexte de forte polarisation de la société géorgienne et de ce que de nombreux critiques décrivent comme un recul démocratique du gouvernement et une inflexion anti-occidentale.
Brandissant des drapeaux géorgiens et européens, des milliers de manifestants ont défilé dans le centre de Tbilissi avant de se rassembler devant le Parlement, sous forte présence policière. Beaucoup arboraient des pancartes "Nous sommes l'Europe" et des portraits de l'ancien président Mikheïl Saakachvili, emprisonné, qui avait défendu un rapprochement avec l'Occident lorsqu'il était au pouvoir.
"Nous sommes dans la rue depuis plus de 500 jours, et nous continuerons à y revenir aussi longtemps qu'il le faudra pour défendre l'avenir européen de la Géorgie", a déclaré un manifestant.
"Le peuple finira par l'emporter. Aucun gouvernement autoritaire ne peut résister à un peuple uni, et nous sommes unis", a déclaré un autre manifestant, Irakli Nanadze, chimiste de 59 ans.
Le rassemblement était organisé par une alliance de partis d'opposition qui s'efforce depuis peu de surmonter ses divisions et de constituer un front uni contre le gouvernement. Les détracteurs accusent le parti au pouvoir de faire reculer la démocratie et de rapprocher le pays de Moscou, des accusations que le gouvernement rejette.
La Géorgie, "indépendante comme jamais", affirme le Premier ministre
Le Premier ministre Irakli Kobakhidze avait déclaré, l'an dernier, que le chemin de Tbilissi vers l'adhésion à l'Union européenne était "stable et irréversible", malgré le gel de facto par Bruxelles du processus d'adhésion de la Géorgie décidé après la suspension des négociations de la part de Tbilissi.
Mardi, dans son discours pour l'anniversaire de l'indépendance, Irakli Kobakhidze a appelé chaque Géorgien patriote à être fier du fait que la Géorgie est indépendante et souveraine comme jamais.
"C'est précisément le renforcement de notre indépendance et de notre souveraineté qui a permis à notre pays, malgré les défis les plus difficiles, de défendre fermement sa foi, de préserver la paix et de rester sur une trajectoire continue de progrès et de développement, un chemin qui nous conduira inévitablement vers la Terre promise, vers la réalisation de tous nos objectifs nationaux, vers une Géorgie unie et prospère", a déclaré Irakli Kobakhidze, à l'occasion du 35e anniversaire de l'indépendance.
L'adhésion à l'Union européenne est inscrite dans la Constitution géorgienne et, selon les sondages, bénéficie du soutien de plus de 80 % de la population.
L'an dernier, le parti au pouvoir Rêve géorgien a annoncé son intention d'interdire ses principaux rivaux de l'opposition, une proposition largement dénoncée par les critiques comme une étape supplémentaire vers un régime autoritaire.