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Les cheveux humains, nouvelle barrière de protection des océans

Plages polluées
Plages polluées Tous droits réservés  AP Photo
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Par Ana Filipa Palma avec AP
Publié le
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Au Brésil, un nouveau projet environnemental utilise des cheveux humains pour fabriquer des barrières protégeant le littoral contre la pollution pétrolière.

Comme le dit le dicton portugais: "D'abord on trouve ça bizarre, puis on s'y fait." Il en va de même lorsqu'on découvre le projet qui transforme des cheveux humains en barrière pour filtrer le pétrole et les plastiques présents dans l'océan.

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La technologie, déjà utilisée dans d'autres pays comme le Chili et les États-Unis, a inspiré Mariana Robrahn, fondatrice de l'organisation non gouvernementale (ONG) Fiotrar, qui a décidé de lancer et de développer ce projet au Brésil.

Les premiers essais ont été menés dans l'anse de Bom Jesus, baignée par la baie de Guanabara, dans l'État de Rio de Janeiro, où une barrière de rétention des déchets existait déjà.

"Ces filtres sont fixés à la barrière orange qui retient les déchets, elle flotte, et nous l'utilisons comme support pour la barrière de Fiotrar", explique Ana Beatriz Gonçalves, ingénieure en environnement chargée de l'entretien hebdomadaire des nouvelles barrières.

Ainsi, dans la baie de Guanabara, au lieu de petites embarcations dont les équipages jettent des filets pour attraper des poissons, on voit souvent lancer une sorte de cylindre rempli de cheveux, un "boudin" qui sert à former une barrière retenant le pétrole, le biodiesel et d'autres substances polluantes.

Ces barrières peuvent rester en mer jusqu'à quatre mois, retenant la pollution "provenant des embarcations, des rejets illégaux et d'autres sources de contamination", explique la chimiste Caroline Carvalho.

Ce projet est né dans un pays qui compte un très grand nombre de salons de coiffure, ce qui lui donne un fort potentiel, puisque sa principale matière première est presque inépuisable.

Une dizaine de salons de coiffure font don des cheveux coupés qui ne seront pas utilisés pour fabriquer des perruques, afin de produire ces "boudins écologiques".

Les poils d'animaux peuvent également être utilisés pour filtrer et absorber le pétrole.

Mariana Robrahn, fondatrice de l'ONG, n'en est pas à sa première initiative utilisant les cheveux pour de bonnes causes: en 2013, elle a lancé le projet solidaire "Cabelegria", qui visait à fabriquer des perruques avec des cheveux donnés pour des patients atteints de cancer.

Le pétrole nuit à la pêche

En raison d'un trafic maritime intense, avec des navires qui entrent et sortent en permanence, la baie de Guanabara subit depuis des décennies différents types de pollution et c'est l'une des zones choisies pour tester le projet.

Dans un entretien accordé à l'AP, Sérgio Carvalho, pêcheur de la région, a décrit la gravité des problèmes de pollution auxquels les habitants sont confrontés.

"Quand nous sortons pêcher au filet, nous tombons sur de nombreux déversements de pétrole qui nuisent à notre activité. Le pétrole reste en surface, mais il affecte tout jusqu'à environ un mètre et demi de profondeur. Les poissons disparaissent", raconte-t-il.

La communauté de pêcheurs, comme l'ensemble des associations environnementales impliquées dans le projet, espère que ces barrières de cheveux contribueront à la restauration des écosystèmes et aideront à réduire la pollution de la baie.

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