Le coach vedette de la Rafa Nadal Academy supervise les entraînements en Grèce et parle à Euronews de sa vision du tennis dans le futur.
Dans une interview accordée à Euronews, Toni Nadal, l’une des personnalités les plus respectées du tennis et ambassadeur de la Rafa Nadal Academy, propose de modifier pour la première fois les règles du jeu.
Cet été, il était de retour en Grèce et a offert aux visiteurs des huit courts en terre battue du Rafa Nadal Tennis Center à Sani, en Chalcidique la rare opportunité de s’entraîner aux côtés de l’un des entraîneurs les plus reconnus au monde. Toni Nadal y a partagé son expérience, ses conseils et la philosophie d’entraînement développée par la Rafa Nadal Academy à Majorque . Mais, dans son entretien avec Euronews, il a également avancé des propositions novatrices pour améliorer le tennis lui-même.
«Le tennis est peut-être le seul sport qui n’a pas modifié ses règles depuis son invention. Rien n’a changé. Ce n’est pas possible, tous les sports évoluent. En football, par exemple, certaines règles ont été adaptées. Autrefois, on pouvait faire une passe au gardien et il avait le droit de la saisir à la main, aujourd’hui ce n’est plus autorisé. Les règles concernant les cartons jaune et rouge ont aussi été modifiées. Il y avait auparavant deux points pour une victoire, il y en a désormais trois, afin de rendre le football plus offensif. En basket, le temps d’attaque a été réduit à 24 secondes et la ligne à trois points a été reculée. En tennis, rien de tout cela : nous avons toujours les mêmes règles qu’à l’origine du sport», explique Toni Nadal.
"Le monde change, le tennis doit changer aussi, il faut raccourcir les raquettes"
Le coach de renom pousse plus loin sa réflexion : «Quand le tennis a commencé, je ne sais pas exactement quand, vers 1900, les gens mesuraient en moyenne 1,70 m. Aujourd’hui, ils font deux mètres, mais la hauteur du filet est restée la même. La balle va donc beaucoup plus vite. La vie change et nous devrions rendre ce sport plus accessible, c’est pour cela que des disciplines comme le padel apparaissent. Il faut modifier quelque chose, nous adapter au nouveau monde. Le tennis est aussi le seul sport qui commence par un penalty. Je me souviens que lorsque j’étais avec Rafael, je lui disais d’anticiper à droite ou à gauche, car au tennis tout commence par le service : la balle va tellement vite que tu n’as pas le temps de réagir pour choisir la droite ou la gauche, tu es comme un gardien de but face à un penalty.»
À la question évidente de savoir quel serait, selon lui, le premier changement à introduire dans le règlement, Toni Nadal répond : «Pour moi, il y a une chose simple à modifier au tennis : réduire un peu la taille des raquettes. Si l’on fait cela, le tennis deviendra, à mon sens, plus facile pour les amateurs et plus difficile pour les professionnels. Parce qu’il faudra à nouveau "construire" le point pour le gagner. Aujourd’hui, tu peux réussir un coup gagnant depuis n’importe où sur le court, ce qui n’était pas le cas auparavant : il fallait préparer le point, créer les conditions pour le conclure, réfléchir à l’endroit où envoyer la balle, monter un moment au filet. Maintenant, tu peux être deux mètres derrière la ligne de fond, simplement balancer le bras, l’étendre et marquer le point. Si les raquettes deviennent un peu plus petites, tu n’auras peut-être plus la même puissance et tu devras courir davantage, avec un meilleur contrôle de la balle.»
"Le tennis va continuer d’exister mais il manque de motivation chez les jeunes"
Toni Nadal, qui a remporté 16 titres du Grand Chelem en tant qu’entraîneur de son neveu Rafa Nadal, évoque aussi dans son entretien à Euronews l’avenir du tennis, qu’il continue de servir à travers la Rafa Nadal Academy. Selon lui, la fin de l’ère des "Big 3" (Nadal, Federer, Djokovic) ne signera pas la fin du tennis. Il pointe toutefois un problème qu’il observe chez la nouvelle génération de joueurs.
«Les journalistes me demandent souvent ce qu’il va se passer après Rafael, Federer et Djokovic, et je leur réponds que rien de particulier n’arrivera. Après Björn Borg, Jimmy Connors et McEnroe, rien de dramatique ne s’est produit : sont arrivés Boris Becker, Pete Sampras, Andre Agassi. Chaque année, il y aura un vainqueur à Wimbledon et à Roland-Garros. Le seul problème, à mes yeux, c’est que nous avons besoin de 10 à 15 joueurs prêts à se battre à chaque match, et ce n’est pas ce que l’on voit en ce moment.»
«Alcaraz et Sinner sont des joueurs au talent exceptionnel, Zverev est également très bon même s’il a un peu reculé récemment. Le problème, c’est qu’autrefois ceux qui étaient derrière le trio Rafa, Federer, Djokovic étaient eux aussi des joueurs de très haut niveau. Murray était impressionnant, Del Potro était excellent malgré ses problèmes au poignet, David Ferrer était toujours là, tout comme Wawrinka. Aujourd’hui, ils restent deux ans au sommet du classement puis déclinent : à mon avis, ils perdent la motivation pour se battre à chaque match.»
"Tsitsipas était au plus haut niveau mais il a perdu sa motivation et sa confiance"
«Beaucoup peuvent bien jouer, mais la réalité, c’est qu’aujourd’hui beaucoup perdent énormément de matches. Autrefois, David Ferrer, par exemple, ne s’inclinait que contre les tout meilleurs, comme Federer, Djokovic ou Murray, mais pas face au 100e joueur mondial. Aujourd’hui, cela arrive souvent.»
«Il y a quelques années, je regardais Tsitsipas : il était magnifique. Quand il a remporté le Masters, quand il a atteint la finale de Roland-Garros, il jouait à un niveau très élevé. Mais ensuite, je pense qu’il a perdu sa motivation et sa confiance, et aujourd’hui Tsitsipas est bien en-deçà du niveau qui était le sien. Rublev est loin de son meilleur tennis, Zverev aussi.»
Les trois conseils de Toni Nadal aux jeunes joueurs et aux parents
Il allait de soi de demander à Toni Nadal, qui, en tant qu’ambassadeur de la Rafa Nadal Academy, possède une expérience particulière avec les jeunes joueurs, quels conseils il leur donne pour progresser dans le sport mais aussi dans la vie.
«Mon premier conseil est d’essayer de jouer chaque simple séance d’entraînement comme s’il s’agissait d’un match très important. L’un des plus grands problèmes aujourd’hui, c’est que les jeunes joueurs ont tendance à accorder beaucoup d’importance aux tournois, mais pas suffisamment à la pratique, à l’entraînement. Or la partie la plus importante pour progresser, c’est justement la pratique. C’est l’un de mes conseils.»
«Ensuite, essayez de faire les choses simplement. Ne les rendez pas compliquées. Nous vivons aujourd’hui dans une société où l’on cherche à tout complexifier, alors qu’au fond la vie est simple. Je disais à Rafael de frapper la balle aussi fort que possible, mais en essayant de l’envoyer là où ne se trouve pas l’adversaire, et surtout de la garder dans le court.»
«Enfin, il faut savoir quelles sont ses capacités. Un autre défaut fréquent chez les jeunes joueurs est qu’ils veulent frapper la balle très vite. Ce n’est pas nécessaire : vous n’êtes pas en train de jouer contre Federer ou Alcaraz. Il faut toujours laisser à notre adversaire la possibilité de commettre une erreur. Et je pense que lorsque nous faisons les choses simplement, sans les rendre trop difficiles, il est plus facile de s’améliorer.»
Partant de l’idée que, pour jouer un bon tennis, il faut d’abord décider de jouer au tennis, nous avons demandé à Toni Nadal quel conseil il donnerait aux parents qui envisagent d’inscrire leur fils ou leur fille à la Rafa Nadal Academy.
«Je pense qu’il est d’abord bon de pratiquer un sport, pas forcément le tennis. Ce peut être le football, le golf ou le padel. Je dis toujours aux parents de pousser leurs enfants vers le sport. Ensuite, une fois qu’on pratique une discipline, mon conseil est d’essayer de bien la pratiquer, de progresser. Car si nous, les humains, nous distinguons des autres animaux, c’est par notre capacité à évoluer et à nous améliorer. Et le tennis est un bon sport pour s’entraîner : tout ce dont vous avez besoin, c’est d’un partenaire, et à partir de là, c’est entre vos mains de chercher à vous améliorer chaque jour.»
Quant à la question à un million : naît-on bon joueur de tennis ou le devient-on, le talent compte-t-il plus que le travail ?, Toni Nadal répond :
«Il faut d’abord définir ce qu’est le talent. Est-ce la capacité à frapper bien ou facilement la balle ? À avoir une bonne condition physique ? Pour moi, le talent le plus important, non seulement au tennis mais dans la vie en général, c’est la capacité à s’améliorer. Certains l’ont, d’autres non. C’est le talent le plus précieux à mes yeux, et c’est ce talent, cette philosophie, que nous essayons de transmettre à nos jeunes à la Rafa Nadal Academy.»
"Des installations impressionnantes au Rafa Nadal Tennis Center de Sani, en Chalcidique"
Toni Nadal n’a pas manqué de commenter aussi ses impressions sur le Rafa Nadal Tennis Center de Sani, en Chalcidique, où il a passé une semaine en août avec sa famille, supervisant les entraînements qui y sont dispensés, toujours selon la méthodologie et l’expertise de la Rafa Nadal Academy.
«C’est vraiment un endroit très spécial. Chaque année, je suis un peu plus impressionné à chaque fois que nous revenons à Sani. Toute la famille apprécie particulièrement cette semaine que nous avons désormais l’habitude de passer ici. Le Rafa Nadal Tennis Center est un lieu où tous les passionnés de tennis ont l’occasion de progresser tout en profitant de vacances magnifiques à Sani. Ici, nous entraînons les joueurs avec la même méthodologie que celle que nous appliquons à la Rafa Nadal Academy à Majorque. Je peux garantir que ce sera une expérience inoubliable.», déclare Toni Nadal, qui a associé sa présence sur les courts à la riche gamme d’activités proposée sur le site.
Sani, qui s’étend sur un domaine écologique de 1 000 hectares, comprend cinq hôtels, sept kilomètres de plages, la Sani Marina, plus de 25 restaurants, de larges infrastructures de bien-être et des activités en pleine nature, ainsi que des expériences spécialement conçues pour les familles et les enfants, faisant du sport et d’un mode de vie actif une composante essentielle d’une expérience de vacances méditerranéenne complète.
"La même méthodologie qu’à la Rafa Nadal Academy de Majorque"
Le Rafa Nadal Tennis Center de Chalcidique est le seul de ce type en Europe en dehors de l’Espagne, où se trouve le siège de l’académie de Nadal. Il attire ainsi chaque année des milliers de joueurs professionnels comme amateurs venus de tout le continent. On estime que plus de 10 000 personnes passent chaque année par ses installations.
Le Rafa Nadal Tennis Center en Grèce est situé au cœur du domaine écologique de 1 000 hectares de Sani, à Kassandra, en Chalcidique. Il dispose de huit courts en terre battue et propose des programmes d’entraînement professionnels pour enfants et adultes, des débutants aux joueurs confirmés. Des Tennis Centers similaires (source en grec) ont été ouverts au Mexique, au Brésil, en République dominicaine, à Hong Kong et en Indonésie, tandis que l’académie Nadal s’est également développée avec des programmes au Koweït et en Égypte.
Les programmes d’entraînement du Rafa Nadal Tennis Center en Grèce s’adressent aussi bien aux professionnels qu’aux amateurs, aux joueurs expérimentés qu’aux débutants, aux adultes comme aux enfants. Ils allient progression technique et valeurs telles que l’effort, la discipline et l’amélioration constante, en s’appuyant sur la méthodologie et l’expérience de la Rafa Nadal Academy.
La récente visite de Toni Nadal, qui a offert aux vacanciers de Sani la rare opportunité de s’entraîner aux côtés de l’un des entraîneurs de tennis les plus reconnus tout en profitant de leurs vacances d’été, souligne encore davantage la coopération entre Sani et la Rafa Nadal Academy, ainsi que leur ambition commune d’offrir des expériences de tennis d’exception à des joueurs et des familles venus du monde entier.