Loader
Suivez-nous
Publicité

Le Qatar écarte un contournement d'Hormuz par pipeline et revoit sa stratégie de fonds souverain

Une vedette passe devant des navires commerciaux au mouillage dans la brume, dans le détroit d'Ormuz au large de Bandar Abbas, en Iran, lundi 7 septembre 2026.
Une vedette passe devant des navires commerciaux au mouillage, dans la brume, dans le détroit d'Ormuz, au large de Bandar Abbas, Iran, lundi 7 septembre 2026. Tous droits réservés  AP Photo/Vahid Salemi
Tous droits réservés AP Photo/Vahid Salemi
Par Mohamed Elashi
Publié le
Partager Discussion Suivez Euronews sur Google
Partager Close Button

Le Qatar estime qu'un gazoduc contournant le détroit d'Ormuz n'aurait pas de sens économique. Il lance une plateforme pour gérer les actifs nationaux de la QIA et présente plus de 60 milliards de dollars d'opportunités d'investissement.

Le Qatar a exclu l'utilisation de gazoducs pour contourner le détroit d'Ormuz, estimant qu'une telle option nécessiterait de nouvelles installations de gaz naturel liquéfié (GNL) hors du pays, ce qui n'est pas économiquement viable.

PUBLICITÉ
PUBLICITÉ

Saad Sherida Al-Kaabi, ministre d'État aux Affaires énergétiques du Qatar et directeur général de QatarEnergy, a indiqué que des pays voisins avaient proposé de laisser le Qatar utiliser un itinéraire alternatif traversant leur territoire.

Mais le GNL ne peut pas être transporté simplement via un gazoduc classique. Le Qatar devrait acheminer du gaz naturel dans le gazoduc et construire de nouvelles installations à l'autre extrémité pour le transformer en GNL.

Selon Al-Kaabi, cela reviendrait à dupliquer les vastes installations déjà en construction au Qatar dans le cadre de l'extension du champ North Field. Il a précisé que la décision reposait sur des considérations commerciales et techniques.

Il a également rejeté la prévision du secrétaire américain au Trésor, Scott Bessent, selon laquelle le détroit d'Ormuz pourrait devenir "worthless" dans les deux ans, à mesure que les pays du Golfe développeront des voies alternatives.

Al-Kaabi a qualifié cette analyse de "completely wrong", en soulignant que le détroit voit transiter de nombreuses marchandises, et pas seulement du pétrole et du gaz.

L'extension globale de North Field doit porter la capacité de production de GNL du Qatar de 77 millions de tonnes par an à 142 millions de tonnes d'ici 2030.

Le premier train de production du projet North Field East devrait désormais entrer en service au premier semestre 2027. Il devait auparavant commencer à produire en 2026.

Al-Kaabi a indiqué que les trains suivants pourraient aussi être retardés si les perturbations empêchent l'arrivée des équipements au Qatar. Le projet North Field South doit commencer sa production en 2028.

Le Qatar n'exporte actuellement qu'un faible volume de GNL via le détroit. Al-Kaabi a précisé que les unités non endommagées de Ras Laffan pourraient revenir à un fonctionnement normal quelques semaines après la réouverture d'Ormuz.

Les attaques contre Ras Laffan en mars ont endommagé deux unités de production de GNL et réduit la capacité d'exportation du Qatar d'environ 17 %. Al-Kaabi a indiqué que les réparations sur ces deux unités prendraient trois ans.

La remise en état d'une unité de conversion gaz-liquides endommagée devrait être achevée au premier trimestre 2027.

Hors du Golfe, le premier train de production du projet Golden Pass LNG, aux États-Unis, a commencé à expédier des cargaisons. Al-Kaabi a indiqué que les deuxième et troisième trains devraient être pleinement opérationnels l'an prochain.

Il a également affirmé que QatarEnergy s'attend à devenir le premier négociant mondial de GNL "in the very near future".

Les perturbations ont aussi touché l'ensemble de l'économie. Selon les chiffres officiels, le produit intérieur brut du Qatar a reculé de 7 % sur un an au premier trimestre 2026.

Qatar lance de nouveaux plans d'investissement

Lors d'une édition spéciale du Qatar Economic Forum à New York, le Premier ministre et ministre des Affaires étrangères du Qatar, cheikh Mohammed bin Abdulrahman Al Thani, a lancé une nouvelle plateforme de gestion des investissements et de la croissance économique baptisée Doha Investment, et annoncé plus de 60 milliards de dollars (environ 52 milliards d'euros) de projets et d'opportunités d'investissement pour les cinq prochaines années.

Cheikh Mohammed a indiqué que le Qatar prévoit d'attribuer environ 38,5 milliards de dollars (33,5 milliards d'euros) de nouveaux projets d'infrastructures au cours des cinq prochaines années, y compris des partenariats public-privé. Les premiers appels d'offres doivent débuter immédiatement.

Un autre ensemble de projets immobiliers et hôteliers devrait attirer 22,5 milliards de dollars (19,6 milliards d'euros) d'investissements privés.

À eux deux, ces programmes représentent plus de 60 milliards de dollars (52,25 milliards d'euros) de projets et d'opportunités d'investissement.

Ces plans sont distincts de Doha Investment, créée pour gérer et développer le portefeuille domestique existant de la Qatar Investment Authority (QIA).

Doha Investment est une nouvelle plateforme lancée pour gérer et développer le portefeuille domestique de la Qatar Investment Authority.
Doha Investment est une nouvelle plateforme lancée pour gérer et développer le portefeuille domestique de la Qatar Investment Authority. Doha Investment

Ce portefeuille comprend Qatar Airways Group, QNB Group, Ooredoo Group, Qatari Diar, Katara Hospitality et Hassad Food.

Le ministre qatari du Commerce et de l'Industrie, cheikh Faisal bin Thani Al Thani, sera directeur général et vice-président de Doha Investment.

Il a indiqué que la plateforme superviserait dans un premier temps 45 entreprises représentant environ un tiers des actifs de la QIA. Ces sociétés opèrent sur plus de 80 marchés, et plus de 20 ont dégagé en 2025 un chiffre d'affaires annuel supérieur à 1 milliard de riyals (232 millions d'euros).

Le portefeuille couvre les services financiers, le transport et la logistique, les télécommunications, la technologie, l'immobilier, l'hôtellerie, l'alimentation et l'agriculture.

Cheikh Faisal a indiqué que Doha Investment travaillerait avec les entreprises existantes et aiderait à créer de nouvelles activités dans des domaines comme les technologies avancées, l'industrie manufacturière, les chaînes d'approvisionnement et la santé.

Des responsables ont ajouté que la plateforme collaborerait aussi avec des investisseurs locaux et internationaux et renforcerait la participation du secteur privé dans l'économie qatarie.

Accéder aux raccourcis d'accessibilité
Partager Discussion Suivez Euronews sur Google

À découvrir également

Le Qatar avertit: Perdre le Bab el-Mandeb serait "catastrophique pour le monde"

Déficit budgétaire du Qatar plus que doublé à 5 mds € au 2e trimestre, perturbation du GNL

Le Qatar écarte un contournement d'Hormuz par pipeline et revoit sa stratégie de fonds souverain